The Road Not Taken

The Road Not Taken (« Le Chemin qu'on ne prend pas ») est un poème narratif du poète américain Robert Frost, publié en 1915 et intégré dans son recueil Mountain Interval l'année suivante. Il s'agit d'un des poèmes de Frost les plus appréciés[réf. nécessaire].

Le premier vers du poème orne une façade de la faculté de lettres de l'université de Leyde, aux Pays-Bas.

HistoriqueModifier

The Road Not Taken est un poème narratif publié pour la première fois dans le numéro d' du magazine américain The Atlantic Monthly [1].

De 1912 à 1915, Frost se promène souvent avec son ami le poète britannique Edward Thomas[2]. Ce dernier regrette souvent leur choix lorsqu'ils arrivent à des croisements, se disant que l'autre chemin aurait pu être plus beau[3]. Après son retour aux États-Unis en 1915, Frost lui envoie une copie en avant-première de The Road Not Taken, que Thomas prend très sérieusement. Ce poème pourrait l'avoir convaincu de s'enrôler dans l'armée après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il trouve la mort en 1917 pendant la bataille d'Arras[4].

AnalyseModifier

StructureModifier

The Road Not Taken a un rythme variable, similaire à celui d'une conversation ou de pensées spontanées[5]. Un seul vers est strictement composé d'iambes, et symbolise le fait d'accepter une certaine réalité. Le vers final a un rythme très différent du reste du poème, prenant le lectorat par surprise[6].

SignificationModifier

Le poème est souvent mal interprété[7], vu comme un poème soutenant le fait de « choisir son propre chemin », alors qu'il a plutôt tendance à critiquer l'idée[8]. Frost lui-même écrit le poème comme une blague pour son ami Edward Thomas[3]. L'idée est plutôt que quel que soit le chemin emprunté, on manquera quelque chose de beau de l'autre côté[9]. Le soupir du derniers vers peut être un soupir de regret ou de satisfaction[10]. Lawrance Thompson (en), biographe de Frost, note que Frost lui-même prévient, avant la lecture du poème en public, qu'il « faut faire attention à celui-ci, il est trompeur, très trompeur », ce qui pourrait illustrer son ironie[11],[12]. Il affirme également que le poème est basé sur Edward Thomas et ajoute que ce dernier est « une personne qui pourrait prendre n'importe quel chemin et se désolerait toujours de ne pas avoir pris l'autre ».[2].

TexteModifier

The Road Not Taken

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both,
And be one traveller, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth.

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear,
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh,
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I,
I took the one less travelled by,

And that has made all the difference.[13]

« Le chemin qu’on ne prend pas

Deux chemins se séparaient dans un bois doré ;
Regrettant de ne pouvoir les suivre tous les deux,
Et d’être seul à voyager, je restais là
Et j’en suivis un du regard aussi loin que possible
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, juste comme ça,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qui demandait qu’on la foulât,
Et bien qu’en cet endroit, mon passage
Les eût vraiment laissés à leur semblable état,

Et les deux s’étiraient pareillement ce matin
Sous des feuilles qu’aucun pas n’avait noircies.
Ah, je gardais l’autre pour un jour prochain !
Mais sachant comment nous emmène un chemin,
Je doutais de jamais pouvoir revenir.

Je conterai ceci dans la paix,
Quelque part, d’ici quelque temps :
Deux chemins se séparaient dans un bois, et là,
J’ai suivi le moins souvent emprunté,

Et cela a fait toute la différence. »

PostéritéModifier

Dans le film Le Cercle des poètes disparus de Peter Weir, le professeur John Keating cite à ses élèves des vers du poème The Road Not Taken afin d'illustrer le péril du conformisme et la difficulté de préserver ses convictions.

Notes et référencesModifier

  1. Robert Frost, "A Group of Poems", The Atlantic Monthly (August 1915). Accessed 2021-03-18.
  2. a et b (en) Lawrance Roger Thompson et R. H. Winnick, Robert Frost: The early years, 1874-1915, Holt, Rinehart and Winston, , 546 p. (ISBN 9780030178061, lire en ligne).
  3. a et b Katherine Robinson, « Poem Guide: Robert Frost: "The Road Not Taken" », sur Poetry Foundation, Poetry Foundation (consulté le ).
  4. Matthew Hollis, « Edward Thomas, Robert Frost and the road to war », The Guardian, London,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. James Boyd White, Living Speech: Resisting the Empire of Force, Princeton University Press, (ISBN 9781400827534) p. 98
  6. John H. Timmerman, Robert Frost: The Ethics of Ambiguity, Bucknell University Press, (ISBN 9780838755327) p. 71.
  7. Orr, David, « The Most Misread Poem in America », sur The Paris Review, (consulté le )
  8. Christina Sternbenz, « Everyone Totally Misinterprets Robert Frost's Most Famous Poem », sur Business Insider, Business Insider (consulté le )
  9. Jonathan Miles, « All the Difference », New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. Larry L. Finger, « Frost's "The Road Not Taken": A 1925 Letter Come to Light », American Literature, vol. 50, no 3,‎ , p. 478–479 (DOI 10.2307/2925142, JSTOR 2925142).
  11. Lawrance Thompson, Robert Frost, Minnesota, University of Minnesota Press, .
  12. Katherine Kearns, Cambridge Studies in American Literature and Culture, vol. 77, Cambridge University Press, (ISBN 9780521109987) p. 73
  13. Wikisource: The Road Not Taken.