Son cubain

Son (cubain)
Origines stylistiques Changüí
Origines culturelles Cuba
Instruments typiques tres, bongos, basse; Son montuno : piano, congas, section cuivre
Popularité années 1900-années 2000
Scènes régionales Cuba
Voir aussi Buena Vista Social Club

Genres dérivés

songo

Genres associés

salsa

Le son est un genre musical cubain dansant qui a atteint une projection internationale à partir des années 1930. Ce rythme combine la structure et les caractéristiques de la musique espagnole avec des éléments et instruments musicaux afro-cubains et indigènes. Le son cubain est l'un des genres les plus influents de la musique latino-américaine ; ses dérivés et fusions, en particulier la salsa et le mambo, se sont largement répandus dans le monde entier. Sa structure musicale existe dans d'autres pays des Caraïbes avec d'autres noms et variations[1]. En septembre 2012, le son a été déclaré patrimoine culturel de Cuba[2],[3].

HistoireModifier

OriginesModifier

La couronne d'Espagne avait permis aux esclaves de Cuba de conserver certaines de leurs coutumes africaines, en particulier le jeu du tambour et le chant religieux. La fusion des différentes cultures africaines avec la culture colonisatrice espagnole amorce un processus complexe de transculturation, auquel d'autres cultures se sont ajoutées au fil des siècles[4]. Selon les historiens de la musique cubaine, le son est originaire de la région orientale de Cuba à la fin du XIXe siècle.

Le syncrétisme culturel qui regroupe ce genre cubain est un mélange de métissage culturel afro-cubain et espagnol. Cela a donné naissance au changüí, qui est le rythme original du genre son cubain, pendant un siècle plus tard ce nouveau rythme prend forme. Cette fusion a donné naissance au son, un style musical complètement indigène à Cuba[5],[6]. En raison de sa proximité avec les autres régions, le son est né dans les régions orientales du pays, c'est-à-dire Guantanamo, Santiago de Cuba et Manzanillo et se propage dans reste de l’île.

Nené Manfugas, musicien d'origine haïtienne a introduit à Guantánamo puis en 1892 au carnaval de Santiago de Cuba, au début), il joua les sons les plus anciens et les plus primitifs et le propulsa comme genre national. Sa façon d'interpréter le fils a impressionné les habitants de la ville et a représenté un élément fondamental dans la diffusion du son, caractérisé jusqu'à ce moment par son enfermement dans les zones rurales[7].

Ce n'est qu'en 1909 ou 1910 que le son arrive à La Havane[8].

En 1909, le service militaire devenu obligatoire, des militaires de Santiago de Cuba se rendront à La Havane et y apporteront le son où le tempo s’accélérera, et le nombre de musiciens passera à six : Sexteto Boloña, Sexteto Occidental ; le Cuarteto Oriental devient le Sexteto Habanero[9].

Une variante du son, le sucu-sucu, naît dans l'Île des Pins, maintenant appelée l'Île de la Jeunesse (Cuba) ; son compositeur le plus célèbre est Eliseo Grenet.

La danse populaire des années 1920 était le danzón, une danse de salon pratiquée par la haute société de La Havane. Peu à peu, des orchestres ont délaissé le danzón pour jouer du son. La bourgeoisie cubaine détestait le nouveau genre qui appartenait aux couches populaires. Contrairement au danzón, le son était une danse plus audacieuse, car le couple dansait très près, les jambes entrelacées et les femmes se contournaient de manière sensuelle. Le gouvernement l'avait même interdit, l'accusant d'immoralité, mais il s'est vite fait une place jusque dans les dancings les plus raffinés, tandis que les maisons de disques lui accordaient une diffusion illimitée[10]. La radio débute à Cuba pendant la même décennie et le son a commencé à se répandre à un niveau massif. Les premiers enregistrements sonores sont en cours et cette musique devient la musique de danse la plus populaire de l'époque[11]. Un des groupes les plus célèbres est le Trio de Miguel Matamoros avec des succès comme Mamá, son de la Loma, El que siembra su maíz… Il est bientôt concurrencé par d'autres, comme le Sexteto Munamar, le Sexteto Machín, qui ont légué eux aussi des enregistrements inoubliables.

En 1927, Ignacio Piñeiro crée le Sexteto Nacional, qui deviendra ensuite Septeto Nacional, ajoutant pour la première fois dans l'histoire du son une trompette comme instrument principal.

En 1928, le Septeto Nacional est la vedette de l'exposition universelle de Séville en Espagne.

Au début des années 1930, le son devient le genre musical et de danse le plus influent à Cuba. Il reçoit un label officiel lorsque le président Gerardo Machado demande à La Sonora Matancera de se produire à l'occasion de sa fête d'anniversaire[12].

Rita Montaner qui possédait une très belle voix de soprano, avec son pianiste Ignacio Villa, le célèbre « Bola de Nieve » triomphent ensemble à Paris avec le pregón-són du pianiste cubain Moisés Simons « El Manisero ».

La mode du son gagne les États-Unis (là bas on l'appelle rhumba), avec « El Manisero » (The Peanut Vendor) enregistrée par Don Azpiazu et le Havana Casino Orchestra et interprétée à Broadway par Antonio Machín.

En France, ce sont notamment Don Barreto et les Lecuona Cuban Boys qui feront connaître le rythme du son.

En 1930, Arsenio Rodríguez fusionne le son avec le guaganco (une des formes de la rumba) et donne naissance au son montuno (Papauba et Para bailar son montuno).

Vers 1950, Beny Moré fait évoluer le son avec d'autres rythmes cubains (Castellano que bueno baila usted et Vertiente Camaguey) ; les Portoricains vont eux aussi adopter le son. L'un d'eux, Ismael « Maelo » Rivera, « El Brujo de Borinquen » sera sacré « Sonero Mayor ».

Carlos Puebla, à l'encontre de la tendance à en accélérer le rythme dans les années 1940 et 1950, puise dans la tradition du son dans un style mélancolique et humoristique avec des arrangements simples mais subtils, tout comme Los Compadres avant lui.

 
Compay Segundo à La Havane en août 2002.

Cependant à Cuba, le son ne cesse d'évoluer sans jamais véritablement renier ses racines, au gré des influences musicales et technologiques qui pénètrent dans le pays. Le cha-cha-cha, le mambo, le songo ou la timba sont en ce sens des descendants directs du son.

Depuis les années 1960Modifier

À partir de la seconde moitié des années 1960, le son va constituer la base de ce qu'on nommera, d'abord à New York, la salsa, synthèse et évolution de plusieurs rythmes cubains et portoricains.

En 1989, lors d'un festival organisé par le Smithsonian Institution, Compay Segundo chante pour la première fois Chan Chan.

En 1997, Ry Cooder décide de reformer un groupe de son, avec des légendes oubliées, Buena Vista Social Club. Wim Wenders en fait un film documentaire en 1999 qui remporte un large succès.

Le son cubano été déclaré patrimoine culturel de la nation, selon une résolution signée ce 4 septembre 2012 et lue au théâtre Heredia par Orlando Vistel, président de l'Institut Cubain de Musique[13].

Instruments de musiqueModifier

Les instruments de musique utilisés dans les premiers groupes musicaux cubains étaient la guitare, le tres, le bongo, la botija ou marímbula, qui est remplacé par la contrebasse, et enfin la venue des claviers et les maracas, et plus tard à la recherche de nouvelles sonorités plus cuivrée, la venue de la trompette[14].

Artistes connusModifier

RéférencesModifier

  1. (es) Juan Carlos Portuondo Monografias.com, « El son cubano - Monografias.com », sur www.monografias.com (consulté le )
  2. (es) « Son (género musical) - EcuRed », sur www.ecured.cu (consulté le )
  3. (es) « El son, patrimonio cultural de Cuba », sur www.juventudrebelde.cu (consulté le )
  4. (es) « Descubre los orígenes del son cubano - LaCarne Magazine », sur lacarnemagazine.com (consulté le )
  5. (en) Corazon Tierra, « El son cubano, su origen, historia y evolución », sur aboutespanol (consulté le )
  6. (es) « Descubre los orígenes del son cubano - LaCarne Magazine », sur lacarnemagazine.com (consulté le )
  7. « Nené Manfugás - EcuRed », sur www.ecured.cu (consulté le )
  8. (es) Juan Carlos Portuondo Monografias.com, « El son cubano - Monografias.com », sur www.monografias.com (consulté le )
  9. (es) Juan Carlos Portuondo Monografias.com, « El son cubano - Monografias.com », sur www.monografias.com (consulté le )
  10. (es) « Son (género musical) - EcuRed », sur www.ecured.cu (consulté le )
  11. (en) Corazon Tierra, « El son cubano, su origen, historia y evolución », sur aboutespanol (consulté le )
  12. (en) Corazon Tierra, « El son cubano, su origen, historia y evolución », sur aboutespanol (consulté le )
  13. (es) « El son, patrimonio cultural de Cuba », sur www.juventudrebelde.cu (consulté le )
  14. (es) « Descubre los orígenes del son cubano - LaCarne Magazine », sur lacarnemagazine.com (consulté le )

Articles connexesModifier