Saneh Sangsuk

écrivain thaïlandais

Saneh Sangsuk (thaï : เสน่ห์ สังข์สุข), connu sous son nom de plume Dan-arun Saengthong (thaï : แดนอรัญ แสงทอง), né en 1957 au sud-est de Bangkok dans la province de Phetburi, district de Phetchaburi, est un écrivain thaïlandais au style lyrique.

Saneh Sangsuk
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Site web
Distinctions

En 2008, le 7 novembre, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la culture français ; en 2014, il reçoit, pour son livre อสรพิษและเรื่องอื่นๆ (Asorraphit Lae Rueang Un Un ; Venin et autres histoires), le prix des écrivains de l'Asie du Sud-Est pour la Thaïlande (S.E.A. Write Award) ; et en 2019, il est reconnu comme Artiste national par le ministère de la culture thaïlandais[1],[2].

BiographieModifier

Saneh Sangsuk est né en 1957 près de Bangkok. C'est un fils de paysans : selon ses écrits (premier tome de sa trilogie autobiographique non publié à ce jour qui raconte son enfance), son père est un chef de village ayant commis des crimes et sa mère a des aventures extra-conjugales[3].

En 1973, à l'âge de 16 ans, rebelle, il est placé dans un camp militaire. Il est, déjà à cette époque, attiré par l'écriture.

En 1977, il réussit à entrer à la Faculté des Humanités de l'Université Srinakharinwirot (campus de Prasarnmit) et étudie la littérature anglaise. Il découvre les ouvrages de James Joyce et Henry Miller dont l'influence sera décisive sur son œuvre, Mishima et Flaubert... ; il traduit Hemingway ; et il commence d'écrire sa trilogie autobiographique...

En 1981, il obtient son diplôme qui lui fait prendre conscience de sa vocation littéraire puis il quitte l'université. Commence alors de longues années de difficultés matérielles. Au début, il ne peut donner libre cours à sa soif de création artistique et va d’un petit boulot à l’autre. 

En 1988, sans éditeur et rejeté par l'establishment, il crée sa propre maison d'édition Arunothai. Il parvient à écrire de la poésie et à traduire quelques œuvres d’auteurs anglophones. Il publie une traduction d'Hemingway...

En 1994, il publie son roman เงาสีขาว (Ngao Si Khao ; L'ombre blanche) qu'il présente comme le deuxième tome de sa trilogie autobiographique : mais ce livre est jugé scandaleux, nihiliste, trop joycien, rejeté et ne remporte qu'un très faible succès. Saneh est donc contraint de fermer sa maison d'édition en 1994.

En 2000 et 2001, Marcel Barang traduit en français le roman L'ombre blanche et la nouvelle Venin (alors inédite en Asie) puis réussit à les faire publier par l'éditeur Le Seuil : ces deux livres rencontrent immédiatement du succès en France. Ensuite, ces deux livres sont aussi traduits en anglais sous les titres de Venom (2000) et The White Shadow (2009) ; en catalan sous le titre Veri (2001) ; en espagnol sous le titre La sombra blanca (2003) ; en allemand sous le titres Der Traum des Puppenspieler (2003). Son livre Une histoire vieille comme la pluie (2004) est traduit en italien sous le titre Una storia vecchia come la pioggia (2006)... Saneh Sangsuk sort de l'anonymat, est reconnu internationalement et les maisons d'éditions thaïes commencent progressivement à s'intéresser à lui.

Œuvres en thaïModifier

Romans et nouvellesModifier

  • Phu Thuk Kratham (litt. Les victimes, 1984)
  • Asoraphit (อสรพิษ ; Venin ; 2000)
  • Chao Karaket (เจ้าการะเกด / Une histoire vieille comme la pluie)
  • Diao Dai Tai Fa Khlang (เดียวดายใต้ฟ้าคลั่ง / Seule sous un ciel dément)

Recueils de poèmesModifier

  • Yam Phlat (litt. Séparations, 1991)
  • Takok Pi at (litt. L'engueulade du fantôme démoniaque, 1991)

Traduction en thaï de quelques textes de la littérature occidentaleModifier

Œuvres traduites en françaisModifier

  • L'ombre blanche : Portrait de l’artiste en jeune vaurien (เงาสีขาว / Ngao Si Khao), roman traduit par Marcel Barang, 2000, Paris, Le Seuil, 449 pages[4].
  • Venin (อสรพิษ / Asoraphit), longue nouvelle traduite par Marcel Barang, 2001, Paris, Le Seuil, 75 pages[5].
  • Une histoire vieille comme la pluie (เจ้าการะเกด / Chao Karaket), roman traduit par Marcel Barang, 2004, Paris, Le Seuil, 228 pages[6].
  • Seule sous un ciel dément (เดียวดายใต้ฟ้าคลั่ง / Diao Dai Tai Fa Khlang), roman traduit par Marcel Barang, 2014, Paris, Le Seuil, 160 pages.
  • Un poème doit être, non dire (อะ โพเอ็ม ชูล์ด น็อท มีน บัท บี / A Pho-em Chut Not Min Bat Bi), nouvelle traduite par Marcel Barang, 2017, Jentayu, Hors-Série n°2 Thaïlande, pages 227-234 (Note : Le titre thaï est la transcription en thaï du vers « A Poem should not mean but be » d’Archibald MacLeish : “Ars Poetica”, Collected Poems 1917-1982, Houghton Mifflin Harcourt, 1952).

Marcel Barang, traducteur de Saneh Sangsuk pense que "Saneh Sangsuk... est un des meilleurs écrivains actuels (et) est aussi le Thaï qui a la meilleur connaissance de la littérature occidentale"[7]. Cependant il reconnaît aussi qu'il avait dans un premier temps refusé de traduire Une histoire vieille comme la pluie "parce qu'il en aimait pas la fin" mais que, finalement, il a "été tellement pris par la langue" qu'il a changé d'avis.

Notes et référencesModifier

  1. « Saneh Sangsuk », sur editions-jentayu.fr, Jentayu Hors-série n°2 Thaïlande,
  2. (en) Chayanit Itthipongmaetee, « ‘Miss Honey Eyes,’ Golden Age Screen Icon, Named National Artist », sur khaosodenglish.com, Khaosod,
  3. Frédéric Maurel, « Le rejet des mythes canoniques bouddhiques dans L’ombre blanche de Saneh Sangsuk : vers un non-bouddhisme », Mousson, no 4,‎ , p. 63-74 (DOI https://doi.org/10.4000/moussons.3449, lire en ligne, consulté le )
  4. Cécile MOSCOVITZ, « L'opéra de Sangsuk : La quête d'absolu au lyrisme mortifère d'un Thaïlandais, première cible de son sadisme. », sur liberation.fr, Libération,
  5. Jean-Luc Douin, « Le vaurien thaï », sur lemonde.fr,
  6. Natalie Levisalles, « Un tigre dans son auteur : Un grand fauve est caché dans les pensées du père, du fils et dans la tension de la phrase du Thaïlandais Saneh Sangsuk. », sur liberation.fr, Libération,
  7. Natalie Levisalles, « Thaï crayon : Rencontre avec Marcel Barang, Français traducteur de thaï. », sur liberation.fr, Libération,

Liens externesModifier