Samuel Vetch

Samuel Vetch
Illustration.
Gravure de Samuel Vetch, artiste inconnu
Fonctions
Gouverneur colonial de la Nouvelle-Écosse
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Édimbourg, Écosse
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Londres, Angleterre
Nationalité Ecossais

Samuel Vetch (né le à Édimbourg et mort le ) est un soldat écossais et un gouverneur colonial de la Nouvelle-Écosse. Il est l'une des figures de proue du Projet Darién, une tentative écossaise ratée de colonisation de l'isthme de Panama à la fin des années 1690. Pendant la guerre de Succession d'Espagne, il est l'un des premiers partisans de l'idée de conquête de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne, proposant en 1708 de la conquérir et de déporter les habitants de l'Acadie. Il est le grand-père de Samuel Bayard.

JeunesseModifier

Samuel Vetch nait à Édimbourg, en Écosse, le 9 décembre 1668, et est baptisé dans l'Église d'Écosse le jour suivant. Son père, William Vetch, est un pasteur presbytérien politiquement actif. Lui et sa femme Marion Fairley ont eu plusieurs enfants, dont Samuel est le deuxième[1]. William Vetch est arrêté lors de l'épisode du complot papiste à la fin des années 1670, puis relâché[1]. La famille hébergea le duc d'Argyll, qui était recherché pour son refus de prêter les serments prescrits par le Test Act, et William Vetch est impliqué dans la conspiration écossaise contribuant à la rébellion de Monmouth. Lorsque celle-ci échoue, William Vetch se cache et finit par s'enfuir aux Provinces-Unies, où il est rejoint en 1683 par ses deux fils aînés, William Jr. et Samuel[1]. Les garçons étudient le ministère à Utrecht, mais aucun d'eux ne souhaite poursuivre cette carrière. Tous deux deviennent des partisans de Guillaume d'Orange, et Samuel fait probablement partie d'un régiment de partisans écossais lors de la Glorieuse Révolution de 1688 qui amène Guillaume III et Marie II au pouvoir en Angleterre[1].

CarrièreModifier

Il est ensuite nommé cornette dans le Royal Regiment of Scots Dragoons, "bien que très jeune", à l'âge de 20 ans. Le régiment est renvoyé aux Pays-Bas, où il participe à la Guerre de Neuf Ans. Vetch est blessé à Steinkirk et participe à la bataille de Landen. À la fin de la guerre, il est promu capitaine.

Entreprises colonialesModifier

En 1698, Vetch et son frère William se joignent à une tentative écossaise dirigée par William Paterson d'établir une colonie sur l'isthme de Panama. Le "plan Darien" échoue en raison de luttes politiques intestines dans la colonie, de maladies, d'un manque de soutien et de l'hostilité espagnole. Vetch est élu au conseil colonial et est l'un des survivants (beaucoup des 1 200 colons envoyés en Amérique centrale, dont William Vetch, ont succombé à la maladie) à se rendre à New York en août 1699.

Vetch noue des liens avec la puissante famille Livingston, épousant Margaret, la fille de Robert Livingston. Avec les Livingston, Vetch établit alors un commerce très rentable mais illégal avec la Nouvelle-France, et finit par s'installer à Boston, capitale de la province de la baie du Massachusetts. Bien qu'il ait réduit ses activités commerciales lorsque la Deuxième guerre intercoloniale commence en 1702, il a une nouvelle occasion de faire du commerce lorsque le gouverneur du Massachusetts, Joseph Dudley, l'envoye en mission diplomatique à Québec en 1705 dans le cadre d'une ambassade visant à récupérer les prisonniers capturés lors d'un raid mené en 1704 à Deerfield, au Massachusetts. L'ambassade est un succès et Dudley permet à Vetch de faire un voyage de commerce en Nouvelle-France en 1705. Il est repéré à son retour, et le tollé oblige Dudley à le faire juger et condamner en 1706 pour commerce avec l'ennemi. Il s'est ensuite rendu en Angleterre pour faire appel de sa condamnation et pour faire pression en faveur d'une action militaire contre la Nouvelle-France.

Grâce à sa connaissance de la Nouvelle-France, Vetch propose à la reine Anne la conquête de toute la Nouvelle-France. Ses propositions comprenaient la déportation du peuple acadien vers les Antilles afin que la Nouvelle-Écosse puisse être peuplée de colons protestants. Avec l'appui d'alliés politiques et de gouverneurs coloniaux sympathisants, la reine donne à Vetch une commission militaire et lui promet un poste de gouverneur et un soutien militaire pour la campagne de 1709. Avec Francis Nicholson, Vetch se rend à Boston en 1709 pour lever la milice coloniale et les fournitures. Cependant, la force militaire promise n'arrivera jamais (elle est détournée vers le théâtre européen de la guerre de Succession d'Espagne), et l'effort s'effondre. Nicholson retourne immédiatement à Londres et obtient une nouvelle promesse de soutien pour 1710.

Gouverneur de la Nouvelle-ÉcosseModifier

L'expédition de 1710 réussit à capturer la capitale acadienne de Port-Royal, mais la campagne environnante n'est pas pacifiée. Vetch est nommé premier gouverneur de la Nouvelle-Écosse, et la ville est rebaptisée Annapolis Royal en l'honneur de la reine. La garnison qui reste sur place manque cruellement d'effectifs et Vetch finance au moins une partie de ses dépenses, bien qu'il ait obtenu une aide officielle du Massachusetts. Cependant, certains de ses subordonnés se plaignent qu'il gère très mal les affaires de la colonie. Nicholson a profité de ces plaintes pour se faire nommer gouverneur à la place de Vetch en 1713.

Des années plus tardModifier

Vetch retourne alors en Angleterre pour récupérer sa réputation et ses fonds perdus. Avec l'accession au trône de George Ier, il réussit et est nommé de nouveau gouverneur en 1715. Cependant, il ne retourne jamais en Amérique du Nord, car il est appelé à donner des conseils sur des questions de commerce et de politique nord-américaine. Il est officiellement remplacé en tant que gouverneur en 1717 par Richard Philipps, et passe les dernières années de sa vie à tenter en vain de récupérer ses dépenses et d'obtenir d'autres postes coloniaux.

Vie privéeModifier

DescendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Charles M. Thomas, « G. M. WALLER. Samuel Vetch: Colonial Enterpriser. Pp. x, 311. Chapel Hill: University of North Carolina Press for the Institute of Early American History and Culture, 1960. $6.00 », The ANNALS of the American Academy of Political and Social Science, vol. 331, no 1,‎ , p. 175–176 (ISSN 0002-7162 et 1552-3349, DOI 10.1177/000271626033100186, lire en ligne, consulté le )