Roy Cohn

avocat américain

Roy Marcus Cohn né le à New York et mort le à Bethesda est un avocat américain qui acquit la notoriété lors des enquêtes du sénateur Joseph McCarthy.

Roy Cohn
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
BethesdaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Roy Marcus CohnVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Albert C. Cohn (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

BiographieModifier

Il est le fils unique d'un juge et d'une mère très protectrice. Après la crise de 1929, son oncle fait de la prison et Roy Cohn va régulièrement le voir à la prison de Sing Sing. Diplômé en droit de l'université Columbia, il devient assistant du procureur fédéral[1].

Lors de l'affaire Rosenberg, c'est Roy Cohn qui conduisit l'interrogatoire de David Greenglass : il obtint de celui-ci qu'il reconnaisse la responsabilité de sa sœur, Ethel Rosenberg, dans une affaire d'espionnage pour le compte des Soviétiques. Bien que rétracté, cet aveu sera déterminant dans la condamnation à mort des époux Rosenberg[1].

Durant la chasse aux sorcières menée dans les années 1950 par le sénateur Joseph McCarthy il est le conseiller juridique et, selon certain commentateurs, le « cerveau » de ce dernier[2].

Il a représenté en justice Donald Trump et son père[3]. Ils s'étaient rencontrés dans les années 1970, mus par la même volonté d'intégrer la bonne société new-yorkaise, où ils n'étaient guère considérés, malgré l'aisance de leurs familles respectives[1].

Dans une interview accordée à Newsweek en 1979, Trump dit de lui : « si vous avez besoin de quelqu'un qui peut devenir vicieux contre vos opposants, vous faites appel à Roy »[4]. Il a été également un avocat de la mafia, notamment de John Gotti[5]. Il est le conseiller juridique de Donald Trump de 1974 à 1986. Certains commentateurs attribuent à l'influence qu'il exerça sur ce dernier le mépris affiché par Trump, y compris durant sa présidence, pour les institutions de l'État, en particulier la Justice, et l'État de droit[2]

Conseiller juridique de nombreuses personnalités new-yorkaises, finalement devenu un membre actif de la vie mondaine de la ville, il use de méthodes très critiquées pour attaquer les ennemis de ses clients, se concentrant à les détruire psychologiquement et à systématiquement contre-attaquer en les accusant. L'auteur Sam Roberts résume ainsi sa stratégie : « Premièrement, ne transigez jamais, n'abandonnez jamais ; deuxièmement, contre-attaquez immédiatement ; troisièmement, peu importe ce qui arrive, peu importe à quel point vous êtes dans la mouise, revendiquez toujours la victoire »[1].

Après avoir condamné publiquement l'homosexualité, alors qu'il avait lui-même des relations homosexuelles[6], Roy Cohn meurt du SIDA en 1986, malgré les traitements qu'il reçoit en AZT en soudoyant les chercheurs pour obtenir le vrai traitement et non le placebo[7] ; et ce même s'il affirme publiquement jusqu'au bout qu'il s'agit d'un cancer du foie[1].

BibliographieModifier

Portraits fictifsModifier

  • Frank Pierson, Citizen Cohn (téléfilm), 1992, avec James Woods dans le rôle-titre.
  • Tony Kushner, Angels in America (pièce de théâtre en deux parties), 1991 San Francisco pour la première partie, 1992 New York city pour la seconde, et 1995 New York city pour les deux parties représentées en une seule fois.
  • Mike Nichols et Tony Kushner, Angels in America (mini-série de HBO), 2003, avec Al Pacino dans le rôle de Roy Cohn (alors mourant du SIDA).
  • Jill Godmilow, Roy Cohn/Jack Smith, 1994, avec Ron Vawter dans les rôles de Roy Cohn et l'artiste et cinéaste Jack Smith, adaptation d'une pièce de théâtre filmée lors de la dernière représentation six mois avant la mort de l'acteur, lui-même décédé du sida en .

NotesModifier

  1. a b c d et e Marie Brenner, « L'immoraliste », Vanity Fair n°79,‎ , p. 74-81.
  2. a et b (en) Michael Kruse, « Trump’s Long War with Justice », Politico Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 26 août 2018).
  3. The Roots of Trump’s Cruel Populism, Bill Moyers & Michael Winship, Consortiumsnews.com, 16 juin 2016
  4. ‘He Brutalized For You’, Michael Kruse, Politico Magazine, 8 avril 2016
  5. Philip Carlo, Confessions d'un tueur à gages, K&B Éditeurs, 2008, p. 275.
  6. « Roy Cohn, le mauvais génie de Donald Trump », Sept.info,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2017)
  7. Nicholas von Hoffman, « The snarling death of Roy M. Cohn », Life Magazine, mars 1988.
  8. «Roy Cohn, l'avocat du diable» de Philippe Corbé, rfi.fr, Livre international, 11 septembre 2020, par Anne Corpet
  9. Avec Roy Cohn, Donald Trump a pris des leçons de brutalité, tdg.ch, 16 septembre 2020, par Michel Audetat
  10. Roy Cohn, l'avocat total, 10 septembre 2020, lepoint.fr, par Charles Consigny
  11. Europe Midi Le journal de 12h30 Le journal de 12h30, Invité Philippe Corbé, europe1.fr, 11 septembre 2020, par Patrick Cohen

Liens externesModifier