Raoul Spifame

avocat français

Raoul Spifame (né en 1500 dans le Nivernais[1] - mort en 1563 à Melun) est un savant ésotériste et un réformateur du droit. Il s'était donné le titre de « dictateur et garde du sceau impérial et royal ».

Raoul Spifame
Fonction
Intendant de la généralité de Riom
Biographie
Naissance
Décès
Formation
Activité
Période d'activité
XVIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie

BiographieModifier

Né dans une famille noble originaire de Naples, l'un de ses frères Jacques-Paul, calviniste, mourut décapité à Genève le , tandis que son autre frère Martin Spifame a publié en 1583 un recueil de poésies spirituelles. Sa famille s'est éteinte en la personne de Jean Spifame, seigneur des Granges, mort en 1643. Il est le neveu de Gaillard Spifame, Échevin puis Prévôt des marchands de Paris (fils de Jean Spifame, seigneur de Passy, secrétaire du roi Henri II de Valois, et de Jacquette Ruzé) dont le petit-fils Jean, conseiller au parlement de Paris, se convertira aussi au calvinisme et se réfugie à Genève.

D'abord avocat, Raoul aurait sombré peu à peu dans la folie (après divers problèmes légaux venant de ses proches, et une rencontre avec le futur roi Henri II), jusqu'à se prendre lui-même pour le roi. Enfermé dans un asile d'aliénés, il écrivit alors les décrets « royaux », signés « Henri II », qui le feront passer à la postérité.

ŒuvresModifier

  • Dichaerchiae Henrici regis christianissimi progymnasta, sans lieu, 1556. 8°, 192 p. Paris BNF : RES-F-1678 et 1679. Connu sous le nom des Arrêts royaux.
Ce livre contenant une multitude de réformes de l'organisation judiciaire, politique et législative, présentées sous la forme d'un recueil de trois cent neuf arrêts et édits du roi Henri II. Ces réformes sont pour certaines très radicales comme la suppression des justices seigneuriales, d'autres concernent la propreté et la décoration des villes, ou le calendrier (il propose de fixer le début de l'année au 1er janvier).

LittératureModifier

Gérard de Nerval écrivit son histoire dans son recueil Biographie singulière[2].

Spifame est aussi devenu le personnage d'une comédie de Jean Albert d'Archambaud, Le Roi de Bicêtre.

Sources à consulterModifier

  • Aufray, Vues d'un politique du XVIe siècle, 1775, Paris, in-8°.
  • Gérard de Nerval, Biographie singulière, Raoul Spifame, seigneur des Granges, 1839 (livre romantique). Repris comme premier chapitre des Illuminés, 1852, sous le titre : Le Roi de Bicêtre (XVIe siècle) Raoul Spifame. Éditions modernes : Nerval, Œuvres, Tome I, Éditions de Henri Lemaître, Classiques Garnier, 1958. Nerval, Œuvres complètes, Tome II, sous la direction de Jean Guilleaume et Claude Pichois, édition de Max Milner, Pléiade no 117. Aurélia, précédé des Illuminés et de Pandora, édition de Michel Brix, livre de poche, Classiques de poche, 1999. Les Illuminés, édition de Max Milner, Folio.
  • Yves Jeanclos, Les projets de réforme judiciaire de Raoul Spifame au XVe siècle. Genève : Droz, 1977.
  • André Delmas, Gaillard, Jacques, Raoul Spifame : étude d'une famille au XVIe siècle, thèse de l'École des Chartes, 1943 (voir Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1943, Nogent-le-Rotrou : 1943. 8°, pag. 55-61).

RéférencesModifier

  1. Yves Jeanclos, Les projets de réforme judiciaire de Raoul Spifame au XVIe siècle, Librairie Droz, 1977, p.8.
  2. Le Roi de Bicêtre, de Gérard de Nerval, 1868