Raoul Caours

Raoul Caours
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Raoul Caours (« Le Caours », « de Caours » ou « de Cahours », ou encore « de Cahors »), né à Guérande et mort en captivité avant , est un chevalier et capitaine du XIVe siècle au service des rois de France et d'Angleterre.

BiographieModifier

Raoul Caours — que l'on retrouve en latin sous les formes Caturci et de Caturco — est originaire de Guérande. D'abord au service de Jean de Montfort, il obtient, le , une lettre de rémission de Philippe VI, roi de France, par l'entremise de Charles de Blois[N 1], opposé à Jean de Montfort durant la guerre de Succession de Bretagne (1341 - 1364)[1]. La rémission est accordée en pardon des « rébellions dont il s'était rendu coupable et pour les excès qu'il avait commis dans les guerres de Bretagne » « tam in partibus Britannie, quam Pictavie et alibi » aux côtés d'Amaury de Clisson, également amnistié. Il est nommé lieutenant en Poitou par Édouard III d'Angleterre le [2] suivant, son pouvoir s'étendant aux Marches entre la Bretagne et le Poitou[1]. Outre une forte somme d'argent[N 2], il reçoit une commission pour obtenir la soumission de Nantes[1]. Cette même année, il capture un capitaine français, Louis de Thouars et il est mentionné comme allié du roi d'Angleterre le [1].

Lors de la trêve signée le entre la France et l'Angleterre, il fait partie des capitaines désignés par l'Angleterre parmi les juges et gardiens de la trève en Bretagne. Le encore, il est mentionné comme allié des Anglais[1].

Sans doute à la suite d'une mésentente personnelle avec Gautier de Bentley — qui vient d'épouser Jeanne de Belleville, mère du connétable de France Olivier V de Clisson —, il change alors de camps. Son ralliement fait l'objet d'un traité, négocié en 1350 avec les commissaires du roi Jean[N 3], selon lequel il « s'engage à quitter le parti anglais et à servir fidèlement le roi de France » au prix de la restitution en sa faveur « des châteaux et terres de Beauvoir-sur-Mer, de l'Île-Chauvet, de Bouin et de Lampant » dont s'était emparé en 1349, Guillaume, dit le Galois de la Heuse, capitaine souverain pour le roi en Poitou[2].

En , il tue lors d'un guet-apens à Auray Thomas Dagworth (ou d'Agorne), lieutenant général du roi d'Angleterre et responsable militaire montfortiste[3],[N 4]. Le , il s'engage par contrat à fournir au roi français les villes de Vannes, Quimper et de Guérande, ainsi que d'autres places fortes[1]. Le roi, dans ses lettres de , le nomme dilectus et fidelis consiliarius noster[2].

Raoul Caours reprend Noirmoutier aux Anglais à la fin de l'année 1351 ; il est fait prisonnier peu après par une bande emmené par le corsaire Maciot de Mareuil, un ancien bourgeois de Nantes, qui s'empare de l'île[1],[N 5]. Des lettres de rémission et une rente de 200 livres sont proposées le aux agresseurs en échange de la libération des prisonniers et de la restitution de l'île à la France. Des lettres du montrent que les négociations n'ont pas encore abouti[2]. Raoul Caours meurt en captivité avant [1].

« Raoul de Cahours est une figure de bandit les plus cyniques qu’offre le XIVe siècle, si riche pourtant en types de brigandage. Changer perpétuellement de parti au gré de son intérêt du moment, déjeuner de l’Angleterre et souper de la France, combattre le lendemain ceux qu’on servait la veille, trahir au plus offrant et dernier enchérisseur, tel est le métier que Raoul fait toute sa vie. »

— Siméon Luce, Histoire de Bertrand Du Guesclin : la jeunesse de Bertrand, 1876[5].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Alain Gallicé, Guérande au Moyen âge : Guérande, Le Croisic, le pays guérandais du milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 411 p. (ISBN 2-86847-837-9, BNF 39066487, lire en ligne)
  • Paul Guérin, Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France : 1348-1369, vol. III, t. septembre 1350, Poitiers, Impr. Oudin, coll. « Archives historiques du Poitou », 1881-1958 (BNF 30551581, lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il n'existe pas de preuve que Raoul Caours soit formellement passé au service de Charles de Blois[1].
  2. Il reçoit 1 500 écus destinés au recrutement d'une troupe de 100 hommes et 200 archers[1].
  3. « Monseigneur Jehan de Biaumanoir, monseigneur Fouques de Laval et monseigneur Morice Mauvinet […][2] ».
  4. Selon Jean Froissart dans ses Chroniques, « Monseigneur Raoul de Caours et plusieurs autres chevaliers et escuiers […] dedans Auray » se bat à la tête de 120 hommes d'armes, contre un nombre équivalent d'Anglais[4].
  5. Ce coup de main semble être à l'origine une initiative personnelle de Maciot de Mareuil, sans doute une action pirate[2].

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j Gallicé 2003, p. 67.
  2. a b c d e et f Guérin 1881-1958, p. 26.
  3. « La compagnie des Trente », sur le site de la compagnie (consulté le ).
  4. « L'armorial des villes et des villages de France », sur armorialdefrance.fr (consulté le ).
  5. Siméon Luce, Histoire de Bertrand Du Guesclin (1320-1364) : la jeunesse de Bertrand, Paris, Hachette, , 420 p. (BNF 30842815).