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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Purge.

Purge
Auteur Sofi Oksanen
Pays Drapeau de la Finlande Finlande
Genre Roman
Version originale
Langue finnois
Titre Puhdistus
Éditeur WSOY
Date de parution
ISBN 978-951-0-33973-2
Version française
Traducteur Sébastien Cagnoli
Éditeur Stock
Collection La Cosmopolite
Date de parution
Couverture Pierre Gable
Nombre de pages 408
ISBN 978-2234062405

Purge (titre original en finnois : Puhdistus) est un roman finlandais de Sofi Oksanen publié originellement en 2008. La traduction française paraît le aux éditions Stock. La même année le roman est lauréat du prix Femina étranger et du prix du roman Fnac après avoir été vainqueur de très nombreux prix dans les pays nordiques.

RésuméModifier

L'intrigue commence en 1992 avec une femme âgée, Aliide Truu, qui vit seule dans une région reculée d'Estonie : Koluvere (Kullamaa), Commune de Risti, Comté de Lääne. La vieille femme s'est isolée de la société ambiante et observe la jeunesse de son pays, y compris sa fille, quittant la campagne pour les régions plus urbaines, en proche Finlande. Elle fait des conserves, et des plantes médicinales. Un petit matin, en regardant par la fenêtre de la cuisine, elle aperçoit un ballot, crasse et boue, une fille inconnue, sans doute un piège. Elle accueille la jeune fille, manifestement russe et parlant mal estonien, Zara, nerveuse, anxieuse, dont les mains tremblent et renversent tout, par peur de tout, peur du fouet, peur des coups...

PersonnagesModifier

  • Hans Pekk, fils d'Eerik, paysan estonien, époux d'Ingel, père de Linda
  • Aliide Tamm, Liide, épouse Truu, veuve de Martin Truu, mère de Talvi
  • Ingel Tamm, épouse de Hans Peck, mère de Linda, exilée à Vladivostok
  • Linda Pekk, fille de Hans et Ingel, mère de Zara
  • Zara, Natacha, fille de Linda
  • Martin Truu, organisateur local du parti, venu d'ailleurs, époux d'Aliide, père de Talvi
  • Talvi Truu, fille de Martin et Aliide, travaille en Finlande
  • Konstantin Truu, frère de Martin, suspect, caché
  • Maria Kreel, guérisseuse, herboriste, devineresse (avec chattes et corneilles), et qui a formé Aliide
  • Voisins et voisines : Aino, Meelis, Kersti, Mikhel, Hihi
  • Autres : Theodor Kruss
  • Pacha Alexandrovitch Popov, mari supposé de Zara, proxénète, ancien de Perm-36
  • Lavrenti, assistant de Pacha, 25 ans de KGB
  • Oksanka, amie de Zara, rabatteuse pour Pacha
  • et quelques autres silhouettes...

Table des matièresModifier

  • 16 : 1992, Estonie occidentale : C'est toujours la mouche qui gagne
  • 31 : 1992, Estonie occidentale : Zara cherche une histoire qui convienne
  • 37 : 1992, Estonie occidentale : Aliide fait couler un bain
  • 43 : 1991, Vladivostok : Zara admire les bas qui brillent et goûte au gin
  • 52 : 1992, Estonie occidentale : Le moindre tintement de couteau fait un clic sarcastique
  • 59 : 1991, Vladivostok : L'armoire contient la valise de la grand-mère, laquelle contient l'anorak du grand-père
  • 67 : 1992, Estonie occidentale : Zara ourdit des plans d'évasion et Aliide tend des pièges
  • 81 : 1991, Berlin : Zara enfile une jupe en cuir rouge et apprend les bonnes manières
  • 89 : 1992, Estonie occidentale : Le soir venu, la peur rentre à la maison
  • 98 : 1991, Estonie occidentale : Après les cailloux, les chansons
  • 102 : 1991, Estonie occidentale : Trouvant la broche d'Ingel, Aliide est saisie d'épouvante
  • 111 : 1992, Estonie occidentale : La voiture de Pacha est un peu plus proche à chaque instant
  • 114 : 1991, Berlin : La photo que Zara tient de sa grand-mère
  • 117 : 1992, Estonie occidentale : Les histoires des voleurs, ça intéresse les autres voleurs
  • 126 : 1936-1939, Estonie occidentale : Aliide avale un lila à cinq pétales et tombe amoureuse
  • 139 : 1939, Estonie occidentale : Les corneilles de la vieille Kreel se taisent
  • 137 : 1939-1944, Estonie occidentale : Le tumulte du front se change en parfum de sirop
  • 149 : 1944, Estonie occidentale : D'abord, on fait des rideaux
  • 157 : 1946, Estonie occidentale : Êtes-vous sûre, camarade Aliide ?
  • 161 : 1947, EStonie occidentale : Aliide aurait bientôt besoin d'une papirossa (de)
  • 169 : 1947, Estonie occidentale : Ils entrèrent comme les maîtres des lieux
  • 174 : 1948, Estonie occidentale : Le lit d'Aliide commence à puer l'oignon
  • 178 : 1948, Estonie occidentale : Comment le pas d'Aliide est devenu léger
  • 184 : 1949, Estonie occidentale : Les tribulations d'Aliide Truu
  • 199 : 1949, Estonie occidentale : Hans ne frappe pas Aliide, alors qu'il pourrait
  • 204 : 1949, Estonie occidentale : Aliide récupère un morceau de la couverture de mariage d'Ingel
  • 220 : 1950, Estonie occidentale : Même une fille de projectionniste a un avenir
  • 228 : Années 1980, Estonie occidentale : Diagnostic
  • 239 : 1992, Estonie occidentale : La solitude d'Aliide Truu
  • 247 : 1991, Berlin : Une fille comme un jour de printemps
  • 250 : 1992, Estonie occidentale : Un chien ne rompt pas avec ses crocs la chaîne de l'hérédité
  • 253 : 1953-1956, Estonie occidentale : Aliide veut dormir la nuit en toute tranquillité
  • 258 : 1960, Estonie occidentale : Martin est fier de sa fille
  • 261 : Années 1960, Estonie occidentale : Les souffrances se lavent dans la mémoire
  • 265 : 1952, Estonie occidentale : L'odeur de foie de morue, la lumière jaune de la lampe
  • 270 : 1992, Estonie occidentale : Zara trouve un rouet et du levain de pain de seigle
  • 274 : 1991, Berlin : Le prix amer des rêves
  • 278 : 1991, Berlin : Zara regarde par la fenêtre et la route l'appelle, la démange
  • 289 : 1992, Tallinn : Pourquoi Zara ne s'est-elle pas tuée plus tôt ?
  • 301 : 1992, Estonie occidentale : Zara cherche une route aux saules pleureurs particulièrement nombreux
  • 308 : 1992, Estonie occidentale : Comment fait-on pour voler dans le noir ?
  • 320 : 1949, Estonie occidentale : Aliide écrit des lettres et de bonnes nouvelles
  • 323 : 1992, Estonie occidentale : Aliide empêche le sucrier de tomber
  • 325 : 1950, Estonie occidentale : Hans sent un goût de moustiques dans sa bouche
  • 332 : 1992, Estonie occidentale : Zara trouve des fleurs mortes dans le cagibi
  • 334 : 1992, Estonie occidentale : Aliide commence presque à apprécier la fille
  • 338 : 1950, Estonie occidentale : Pourquoi Hans ne peut-il pas aimer Aliide ?
  • 342 : 1992, Estonie occidentale : Qu'est-ce qu'elle avait dit d'Aliide à la fille, Ingel ?
  • 344 : 1951, Estonie occidentale : Un passeport, ça se met dans la poche intérieure
  • 347 : 1992, Estonie occidentale : La fille a le menton de Hans
  • 349 : 1951, Estonie occidentale : Aliide s'enduit les mains de graisse d'oie
  • 356 : 1951, Estonie occidentale : Aliide embrasse Hans et nettoie le sang sur le sol de la cuisine
  • 361 : 1992, Estonie occidentale : Une forêt majestueuse, la forêt estonienne d'Aliide
  • 366 : 1992, Estonie occidentale : Aliide met sous pli son livre de recettes et commence à faire le lit

Le texte est également constitué de cinq parties, et de textes isolés, extraits du journal de Hans Pekk, et rapports du NKVD.

ProlongementsModifier

Zara montre assez rapidement le seul bien qui lui reste, de Vladivostok, une photo du temps des Jeunesses Rurales (estoniennes, sans doute germano-baltes) avec la dédicace : Pour Aliide, de la part de ta sœur (p. 116). Zara est la petite-fille de Ingel : Je n'ai pas de sœur.

Toute l'histoire de l'Estonie (et des autres pays baltes) au XXe siècle resurgit : indépendance, dérussification, occupation russe, occupation allemande, seconde occupation russe, voie balte, indépendance, dérussification, course aux dollars et aux marks finlandais.

Tout cela vu d'un petit village estonien, loin de la frontière russe. Au travers de quelques personnages, de deux sœurs : Sur le lit d'Aliide attendait le roman "Les fleurs du merisier" de Tuglas ; sur le lit d'Ingel, l'homme. Pourquoi tout était-il si injuste (p. 116)? Aliide est la plus jeune, mais tout réussit à Ingel. Aliide apprend à mentir.

Leur rivalité pour gagner l'amour de Hans Pekk durant la Seconde Guerre mondiale va durer longtemps. Soupçonné de menées anti-soviétiques, parce que partisan d'une Estonie libre, il doit se cacher. Puis son épouse Ingel et sa fille Linda sont déportées en Extrême-Orient russe. À Vladivostok (mais on évoque aussi Magadan), grandit Zara, auprès d'une grand-mère, immobile, quasi-muette, du petit salaire de Linda. On ne discute pas de massacres, de déportations, mais on tient trois valises prêtes, même en 1991. Ingel apprend à Zara l'estonien, et lui donne une photo quand Zara cède à l'appel de l'ouest.

Sont juste évoqués Staline, Beria, Nikita (Kroutchev), Gorbatchev, Eltsine, et Tchernobyl. Dès 1945, on ne se fie plus à l'ouest, à Truman, à Roosevelt (l'Ouest ne nous oubliera pas). La Russie est très présente en Estonie occidentale : on se méfie des Russes, des Estoniens déportés en Russie revenus de Russie, et encore plus de ceux qui n'en sont pas revenus, et des Russes qui reviennent voler les bois et les forêts d'Estonie, après l'indépendance. Ce qui explique aussi qu'Aliide soit toujours prête, sur la défensive. En 1990, Aliide a passé plusieurs jours à brûler toute trace de son passé de communiste estonienne (diplômes, insignes, journaux, papiers du parti). Ce qui n'empêche pas les jets de cailloux, les chansons, les inscriptions, la disparition du chien, l'incendie du sauna...

Quand Ingel et Linda ont été "déplacées", Aliide a décidé de cacher Hans, dans une sorte de cagibi, puis, pour éviter de devenir une sous-femme, délaissée, d'épouser quelqu'un de bien placé : Martin Truu, nouvel organisateur local du parti. Grâce à cela, elle a pu récupérer des Russes la ferme des parents, travailler comme chef comptable du kolkhoze, échapper à tous ceux qui lui ont fait subir avant un interrogatoire, avec violences et humiliations, et électricité sur Linda, alors âgée de sept ans, et depuis traumatisée (épisode de l'automutilation à la fourchette). Et de se préserver Hans, de le nourrir, de le protéger de ses cauchemars aussi, de lui écrire de fausses lettres rassurantes d'Ingel, dans l'espoir qu"un jour...

Zara, fille et petite-fille de déporté(e)s, éblouie par la réussite supposée d'une ancienne amie, accepte de partir à l'ouest, en Allemagne. Son protecteur-bourreau porte en tatouage une autre légende du NKVD, Nitchto Kreptche Vorovskoï Droujby, Rien n'est plus fort que l'amitié des voleurs (p. 83). Forcée de se prostituer par la mafia russe, avec photos et vidéos porno comme menaces de chantage en cas de désobéissance, elle parvient à tuer un client et à s'enfuir, vers chez Aliide. On la recherche.

La double vie d'Aliide, jamais apaisée, reprend, pour protéger Zara, qui découvre un cahier de son grand-père, qu'elle a cru mort en déportation.

Réception critiqueModifier

Purge fut un grand succès de librairie dans les pays nordiques[1],[2] et lauréat du grand prix de littérature du Conseil nordique avant d'obtenir un accueil critique enthousiaste de la presse francophone[1],[3],[2].

ÉditionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Purge » : les archives vivantes de Sofi Oksanen par Florence Noiville dans Le Monde du 9 septembre 2010.
  2. a et b Purge, de Sofi Oksanen par André Clavel dans Le Point du 14 mars 2011.
  3. Critique de « Purge » par Marine Landrot Télérama no 3163 du 28 août 2010.

Articles connexesModifier