Pulpe dentaire

La pulpe est l'ensemble des tissus de l'intérieur de la dent : la pulpe coronaire ou pulpe camérale dans la partie supérieure appelée chambre pulpaire, au-dessus de la pulpe radiculaire répartie dans les canaux radiculaires des racines de la dent.

Détail d'une molaire humaine.1. Dent 2. Émail dentaire 3. Dentine 4. Pulpe dentaire 5. Chambre pulpaire 6. Pulpe radiculaire 7. Cément 8. Couronne 9. Cuspide 10. Sillon 11. Collet 12. Racines 13. Furcation 14. Apex 15. Foramens apicaux 16. Sulcus gingivae 17. Parodonte 18. Gencive 19. Gencive libre 20. Gencive marginale 21. Gencive attachée 22. Ligament alvéolo-dentaire (desmodonte) 23. Os alvéolaire 24. 25. 26. 27. Canal alvéolaire.

La pulpe est parcourue par des nerfs, transmettant les signaux douloureux et autres, par des vaisseaux sanguins, assurant la vascularisation des odontoblastes, qui synthétisent la dentine, par quelques vaisseaux lymphatiques.

StructureModifier

CellulesModifier

La zone sous-odontoblastique ou zone de Weil est une zone acellulaire qui contient un important plexus/réseau vasculo-nerveux.

OdontoblastesModifier

Composés d'un corps dans la pulpe en forme de palissade et en prolongement dans les tubuli dentinaires. La pulpe peut être séparée des odontoblastes par la zone claire de Weil, acellulaire et inconstante.

Ce sont des cellules post-mitotiques, responsables de la dentinogenèse (sécrétion de la prédentine et la métadentine). Les odontoblastes participent à la réponse inflammatoire.

Cellule de HohlModifier

Petites cellules rondes possédant la capacité de remplacer les odontoblastes et de former une dentine de réparation.

FibroblastesModifier

Ils possèdent la capacité de se différencier en odontoblastes et de former une dentine de réparation. Rôle de synthèse et entretien de la matrice extra-cellulaire.

AutresModifier

  • Cellules souche : capacité de se différencier en odontoblaste et de former une dentine de réparation. Ces cellules polypotentes ont une localisation paravasculaire (péricyte).
  • Cellules de défense immunitaire

Matrice extracellulaireModifier

Elle est composée pour 34 % de collagène (par importance décroissante : type I, type III, type V, type VI et type IV) et pour 66 % d'éléments non collagéniques (glycoprotéines, glycosaminoglycanes, élastane, lipides et métalloprotéinase matricielle).

VascularisationModifier

Une artériole pulpaire pénètre dans la dent par le foramen apical. Une fois dans la chambre pulpaire, l'artériole se ramifie en capillaires fenestrés. La palissade odontoblastique contient des anses capillaires.

Le retour veineux se collecte dans chaque racine de la dent.

Innervation neurovégétativeModifier

Elle est responsable de la régulation du flux sanguin et est assurée par des fibres sympathiques ; des fibres amyeliniques ; des fibres vasomotrices.

Innervation sensitiveModifier

L'innervation sensitive est réalisée par diverses fibres sensitives issues du nerf alvéolaire : fibres myéliniques (A delta) ; fibres peu myéliniques (A beta) ; fibres amyéliniques (fibres c).

Ces fibres pénètrent le foramen apical pour cheminer au sein des canaux radiculaires pour atteindre la pulpe. Au sein de la chambre pulpaire les fibres se subdivisent et ce sont les ramifications terminales qui se situent dans la zone sous-odontoblastique qui forme le plexus de Rashkow.

Étiologie des pathologies pulpairesModifier

  • Les bactéries. Quand la carie arrive à la limite émail/dentine, on peut déjà observer des modifications au niveau de la pulpe.
  • Anomalies de développement. Des dents invaginées ou évaginées augmentent le risque de pathologie pulpaire.
  • Facteurs iatrogènes. Lors de la taille de la dentine, il faut éviter d'agresser la pulpe. Agressions possibles : échauffement ; pression ; dessèchement ; tenons dentinaires.
  • Traumatismes aigus. Une luxation, une fracture allant jusqu'à la pulpe nécessitent la dévitalisation de la dent.
  • Traumatismes chroniques. Des problèmes occlusaux, un bruxisme, des forces orthodontiques trop brutales agressent la pulpe.

PaléodiagnosticModifier

La pulpe dentaire peut être extraite de squelettes très vieux, exceptionnement âgés de 2000 ans. Son état de conservation peut permettre de l'étudier par diverses techniques de recherche utilisées couramment pour des tissus contemporains. La pulpe dentaire peut ainsi fournir de nombreuses données sur la santé des individus dont le squelette a été retrouvé[1].

RéférencesModifier

  1. Michel Drancourt, Paleodiagnosis of past diseases, conférence en français de l'Institut Hospitalier de Marseille, mai 2022.

Voir aussiModifier