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Plateforme (économie)

activité économique facilitée par un intermédiaire à but lucratif

En économie, une plateforme est un intermédiaire qui crée un marché. Par extension, une plateforme est aussi un intermédiaire qui rassemblent des groupes et favorisent les échanges économiques et sociaux[1].

Par exemple, le NASDAQ est une plateforme qui organise un marché d'actions. eBay et Amazon sont des plateformes de commerce en ligne et l'app store d'Apple est une plateforme qui met en relation les développeurs d'applications et les consommateurs[1].

L'économie des plateformes est caractérisée par les effets de réseau[1]. L'attractivité d'une plateforme croit avec le nombre de ses utilisateurs. C'est la raison pour laquelle, c'est plus la taille de la communauté de ses utilisateurs qui constitue l'actif d'une plateforme que ses actifs physiques[2].

Sommaire

DéfinitionModifier

Une plateforme est un intermédiaire qui facilite la rencontre entre l’offre et la demande. Bien que ce sujet soit souvent lié au contexte numérique, en réalité il est un phénomène qui est né auparavant; elle devient l’acteur principal du marché biface, défini «  as markets in which one or several platforms enable interactions between end-users, and try to get the two (or multiple) sides “on board” by appropriately charging each side »[3]. Telle est la structure du marché de la diffusion des résultats de la recherche académique, où les journaux scientifiques facilitent la diffusion de la connaissance, produite par la communauté scientifique, vers le reste de la société. A partir de l’ère de la numérisation, on a assisté à une augmentation exponentielle des entreprises qui utilisent cette structure comme business model. Les infinies possibilités offertes par Internet, c’est-à-dire la disponibilité presque illimitée de l’information disponible, ont favorisé la croissance des plateformes en tant qu’intermédiaires capables d’orienter et simplifier le choix des hommes dotés d’une capacité rationnelle limitée[4].

CaractéristiquesModifier

Effets de réseaux

La valeur d’un réseau dépend de son bassin d’utilisateurs : l’utilité d’un consommateur dépend du nombre des individus qui utilisent le même bien. Le but pour une plateforme est donc d’atteindre un seuil critique capable d’augmenter le nombre d’utilisateurs. L’importance accordée au nombre d’utilisateurs a été l’objet de plusieurs études, qui ont mené à la formulation de la loi de Sarnoff, de la loi de Metcalfe et de la loi de Reed. Si dans le premier cas l’utilité d’un réseau est représentée par une fonction linéaire, qui lie la valeur du réseau au nombre d’utilisateurs, pour Metcalfe sa valeur est proportionnelle au carré du nombre des utilisateurs. Le poids du nombre d’utilisateurs augmente encore si on considère la loi de Reed, pour lequel l’utilité d’un réseau croit exponentiellement avec sa dimension.

Formes

Selon la nature du bien faisant l’objet de l’intermédiation de la plateforme, celles-ci peuvent assumer trois formes :

  1. Plateforme de contenu : où la plateforme devient l’intermédiaire de l’information. Telle est la nature des réseaux sociaux qui, au niveau de l’Union Européenne, ont produit une forme de revenu pour 4 % de la population[5] ;
  2. Plateforme de travail : dont Uber est un exemple. Dans ce cas, la plateforme facilite la rencontre entre la demande - besoin d’un service de transports - et l’offre - représentée par les chauffeurs.
  3. Plateforme de capital : telles que les bourses des marchés financiers, qui facilitent l'échange des capitaux financiers.

Les entreprises de plateformes : économies d’aujourd’hui et perspectives futuresModifier

Si on analyse le marché boursier, la capitalisation des premières 15 entreprises de plateformes cotées a une valeur de 2 560 902 millions de dollars, qui représente une croissance de  15 87,1 % par rapport à sa valeur en 1995 (16 752 millions de dollars)[6]. Ces plateformes ne constituent pas seulement le business model des grandes firmes nées lors de l’avènement de l’ère digitale, mais représentent une véritable stratégie de croissance aussi dans d’autres entreprises. Comme souligné par le rapport mené par Accenture (2016) « Selon les prévisions d’IDC, plus de 50 % des grandes entreprises (et plus de 80 % des entreprises dotées de stratégies de transformation digitale avancées) auront créé, ou utiliseront dans le cadre d’un partenariat, une plateforme d’ici à 2018 ». Cette utilisation trouve son fondement dans le fait que les plateformes sont considérées comme l’instrument nécessaire et fondamental pour relier les entreprises opérant dans des secteurs qui n’ont pas leur activité principale dans le monde numérique au sein de l’économie digitale. A titre d’exemple, on considère la naissance des voitures connectées : dans un secteur où le digital n’avait aucune utilisation, les grandes firmes d’automobiles ont su se relier au secteur digital pour exploiter les possibilités offertes par les plateformes, afin d’augmenter la valeur de leurs produits traditionnels. D’où la question finale : qu’est-ce qu’est une voiture ? Un outil pour le transport ou un téléphone avec des roues ?[7]

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Jonathan Levin, Economics of platforms, lire en ligne
  2. Philippe Manière, « Uber, Airbnb... Une nouvelle économie de plateforme », Challenges,‎ (lire en ligne)
  3. Rochet, J. C., & Tirole, J., « Two-sided markets: an overview. », Institut d’Economie Industrielle working paper.,‎
  4. Laville, F., « La cognition située: une nouvelle approche de la rationalité limitée. », Revue économique, 1301-1331.,‎
  5. C. Bénavent, Plateformes. Sites collaboratifs, marketplaces, réseaux sociaux,
  6. « Une économie basée sur les plateformes : Une innovation des business models entièrement inspirée par les nouvelles technologies » Accenture, 2016. 
  7. Citation de L.D. Benyayer, S. Chignard lors de la conférence « Datatomics : explorer la valeur des données »du 15 mai 2017, séminaire « Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques » de  l’EHESS, Paris.    

BibliographieModifier

  • (en) David S. Evans (dir.), Platform Economics: Essays on Multi-Sided Businesses, Competition Policy International, (lire en ligne)

Articles connexesModifier