Philéas Gagnon

tailleur, bibliophile, homme politique, auteur et fonctionnaire canadien

Philéas Gagnon (1854-1915). Négociant de Québec et bibliophile canadien français.

Philéas Gagnon
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Biographie
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Activités

BiographieModifier

Il naît à Saint-Roch de Québec le . Fils de menuisier, apprenti tailleur à 15 ans, il s'établit à son propre compte cinq ans plus tard, en 1874, au coin nord-est des rues Sainte-Marguerite et Anne (rue de la Chapelle) à Québec.

D'abord collectionneur de timbres et de monnaies, il commence à s'intéresser à la bibliophilie vers 1875 lorsqu'il découvre par hasard quelques numéros dépareillés d'une ancienne revue dans un grenier[1]. À cette époque, le milieu des bibliophiles canadiens, constitué d'hommes réputés tels que Louis-Édouard Bois, Henri-Raymond Casgrain, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau et Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice, est très fermé et quasi aristocratique. Pour s'y intégrer, Gagnon compense son manque d'éducation par une curiosité intellectuelle hors norme, une méthode rigoureuse et une intuition bibliophilique indéniable dans le développement de sa collection[2]. Il bâtit cette dernière en participant à des encans régionaux, en écrivant des avis dans les journaux et les revues spécialisées canadiennes et étrangères, et en revendant ses surplus à l'aide de ses catalogues de ventes. La qualité de sa collection et son profil d’autodidacte lui valent d’être reconnu comme l’un des bibliophiles les plus importants du Canada et même d’Amérique.

Le , à l'église Saint-Roch de Québec il épouse Annie Smith, avec qui il a dix enfants.

Le , il est nommé conservateur des Archives judiciaires du district de Québec[3].

Il meurt le dans sa ville natale et est inhumé quatre jours plus tard au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy.

CollectionModifier

La collection Gagnon est sans doute supérieure à toute autre collection privée de l'époque. Elle comprend environ 12 500 pièces qui sont des ouvrages sur l'histoire et la géographie de l'Amérique française ainsi que des incunables canadiens publiés entre 1764 et 1820[4]. L'Essai de bibliographie canadienne est fondé sur cette collection.

Gagnon vend sa collection en 1910 à la Ville de Montréal, pour la somme de 30 000 dollars canadiens ($), afin qu'elle en assure la conservation[5]. Pour accueillir cette collection, la Ville de Montréal construit en 1917 la Bibliothèque centrale, un imposant édifice de la rue Sherbrooke, face au parc La Fontaine.

Depuis 2005, la collection est conservée à la Grande Bibliothèque[6].

OuvrageModifier

  • Essai de bibliographie canadienne : inventaire d'une bibliothèque comprenant imprimés, manuscrits, estampes, etc. relatifs à l'histoire du Canada et des pays adjacents, avec des notes bibliographiques, Québec, imprimé pour l'auteur, 1895.
  • Supplément, Montréal 1913

RéférencesModifier

  1. Jean-Marie Lebel, « Quand le lecteur devient bibliophile », Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec, no 52,‎ , p. 18–22 (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  2. Daniel Olivier, « La bibliophilie québécoise à la fin du XIXe siècle : l’exemple de Philéas Gagnon », Documentation et bibliothèques, vol. 25, no 4,‎ , p. 201–211 (ISSN 0315-2340 et 2291-8949, DOI https://doi.org/10.7202/1054294ar, lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  3. Séguin, François, 1947-, D'obscurantisme et de lumières : la bibliothèque publique au Québec, des origines au 21e siècle (ISBN 9782897238803 et 2897238801, OCLC 951222684, lire en ligne), p. 474
  4. Michèle Lefebvre et Martin Dubois, La Grande Bibliothèque, Publications du Québec, Sainte-Foy, 2006 (ISBN 2551197236)
  5. « Philéas Gagnon » dans Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval/Université de Toronto, 2003–.
  6. banq.qc.ca

Liens externesModifier