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Patrimoine architectural religieux de Chamonix-Mont-Blanc

Le patrimoine architectural religieux de Chamonix-Mont-Blanc est riche en églises, chapelles, oratoires et nombreuses croix. Il témoigne de la foi chrétienne des habitants, notamment à travers des édifices remontant au début du XVIIe siècle.

Le patrimoine architectural religieuxModifier

La connaissance du patrimoine architectural religieux de Chamonix-Mont-Blanc est particulièrement intéressante pour comprendre les modes de vie passés. Les églises, chapelles, croix et oratoires, témoignent de la foi des habitants, des us et coutumes de l'époque. C'est le retour de la Savoie au royaume de Piémont-Sardaigne en 1815, à la suite du traité de Paris du , qui fut le déclencheur du développement de la religion chrétienne[PD 1].

Les oratoires ont un intérêt particulier. On les rencontre aux endroits stratégiques (croisée des chemins par exemple) où ils sont censés apporter la protection divine aux habitants et aux voyageurs[PD 2].

Quant aux croix, œuvres d'artisans locaux, elles témoignaient de la fin d'un travail[PD 3].

Les chapelles, qui appartenaient aux habitants des villages, assuraient leur protection et leur besoin de spiritualité. Elles sont presque toutes consacrées à des saints chargés de protéger les habitants contre les accidents de la montagne[PD 4].

Les églisesModifier

L'art religieux baroqueModifier

Au XVIe siècle, la religion catholique, toute puissante, rejette les idées du protestantisme et organise la Contre-Réforme. Rome insiste pour que les artistes mettent leur art au service de la foi. C'est ainsi que naît l'art baroque : les couleurs et le mouvement sont là pour s'opposer à la rigueur de la réforme. Après s'être répandu rapidement dans l'Italie du Nord, l'art baroque s'étend à Turin, puis à la fin du XVIIe siècle, vers la France. Au XVIIIe siècle, la plupart des églises de la vallée sont rebâties dans ce style baroque par des maçons venant de la région de Milan. C'est ainsi que l'église de Chamonix est rebâtie en 1709 et celle d'Argentière en 1723.

Dans ces églises, la nef est unique. Le décor intérieur (couleurs vives, stucs, retables dorés...) contraste avec l'austérité de l'architecture extérieure.

L'église Saint-Michel de Chamonix-Mont-BlancModifier

 
L'église Saint-Michel et la place du Triangle de l'amitié

L'église Saint-Michel de Chamonix-Mont-Blanc date du XIIe siècle. Elle a été reconstruite après un incendie au milieu du XVIIIe siècle. L'édifice est classé à l'inventaire des monuments historiques en 1979[1].

Cette église est placée sous le patronage de l'archange Michel. Dans la religion catholique, ces anges ont été placés par le Seigneur pour garder les hommes sur tous les chemins.

Le presbytère est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1941[2].

L'église Saint-Pierre d'ArgentièreModifier

 
L'église Saint-Pierre d'Argentière.

L'église Saint-Pierre d'Argentière date du XVIIIe siècle.

Les chapellesModifier

Les chapelles de culte catholiqueModifier

La chapelle des BossonsModifier

Située route des Monquarts, elle a été construite en 1685 et placée sous le patronage de saint Donat, saint Pierre, saint Nicolas, saint Blaise et sainte Agathe. Elle a été restaurée en 1991. C'est une petite chapelle : 5 mètres sur 10, le clocher atteint 10 mètres de haut. Construite en pleine période baroque, l'intérieur conserve des éléments de cette époque, notamment le retable, mais aussi des ajouts faits plus récemment comme le tabernacle du XIXe siècle au centre du retable[CAUE 1].

Cette chapelle a servi de modèle au peintre Marc Chagall pour son œuvre L'hiver en Savoie considérée comme ayant été peinte en 1928-1930[a]. L'horloge en façade qui figure sur cette gouache a disparu à la fin des années 1950[4].

La chapelle des ChosaletsModifier

Cette chapelle, construite en 1875, est dédiée à Notre-Dame du bon secours. Elle est située sur un terrain privé, chemin des Chosalets[CAUE 2].

Cette chapelle a été construite grâce à la générosité de Jeanne Ravanel, fille de François Xavier Ravanel et d'Elisabeth Tissay. Depuis 1875, c'est l'une des rares chapelles privées de la vallée, entretenue par ses héritiers. C'est ainsi que le toit a été entièrement refait en tavaillons de mélèze, le coq a été redoré et les dernières peintures extérieures datent de 2011. Compte tenu des travaux à prévoir à l'intérieur, les héritiers ont créé l'association de la chapelle des Chosalets et ont souhaité faire don du bâtiment pour un euro symbolique à la commune, à condition qu'elle continue à l'entretenir et à la maintenir en lieu de culte. C'est pour sceller cet accord tripartite entre la mairie, la paroisse et l'association, qu'une messe y a été célébrée le en présence de nombreuses personnalités, dont un représentant de la Fondation du patrimoine, organisme qui envisage d'apporter une aide financière et d'ouvrir une souscription. Cette chapelle est richement décorée à l'intérieur : elle comprend six statues en bon état, un chemin de croix complet, une tribune. Fin 2017, elle n'est pas encore électrifiée. La commune de Chamonix-Mont-Blanc en doit en prendre possession début 2018[5].

La chapelle des PrazModifier

 
La chapelle des Praz.

À l'initiative des habitants du village des Praz, en remerciement pour avoir été protégés des affres de la guerre, la chapelle des Praz, située au centre du village, a été construite entre 1941 et 1960. L'architecte André Rostagnat avait aux Praz une résidence secondaire. Il a mis tout son talent au service de ce projet : un édifice en granit s'insérant parfaitement dans le paysage grandiose des Drus. Cette chapelle est très remarquée par les touristes pour l'élégance de son clocher élancé et de la forme de la toiture. C'est un lieu de silence et de prière, mais c'est aussi l'un des plus photographiés de la vallée : un élément essentiel du patrimoine chamoniard par son esthétique mais aussi par son aménagement intérieur pourtant très dépouillé, on peut y admirer les œuvres d'artisans de la région[CAUE 3].

La chapelle des TinesModifier

Cette chapelle, construite en 1777, est dédiée à saint Théodule, premier évêque de Sion. Elle est située chemin Saint-Roch, saint Roch était imploré au moment des épidémies de peste. Au XIVe siècle, une épidémie ravagea Chamonix et la tradition veut qu'elle se soit arrêtée à Tines. La chapelle a alors été construite en action de grâces. Très endommagée au moment de la Révolution française, cette chapelle a été restaurée dès 1823. Depuis, le clocher a été rénové en 1950, les travaux de la toiture démarrés en 1986 se sont terminés en 1993. Une nouvelle restauration a été réalisée de 2016 à 2018 grâce à des dons et à l'intervention à titre gracieux d'artisans de la vallée[CAUE 4].

La chapelle du TourModifier

Construite en 1685, la chapelle du Tour est la plus ancienne de la vallée. Elle a été fondée, avant même celle d'Argentière, par les habitants du Tour, aidés de ceux de Montroc. À l'époque, il leur était impossible de se rendre, en hiver, à Chamonix à cause des avalanches. Elle est dédiée à saint Bernard de Menthon, protecteur des troupeaux, et à saint Ours, archidiacre irlandais en poste à Aoste. Elle a été restaurée en 1995 grâce à l'aide financière du prince Sadruddin Aga Khan. La façade baroque a été refaite, le toit et le clocher ont été recouverts d'ancelles, le retable de l'autel a été totalement restauré[CAUE 5].

les chapelles de culte protestantModifier

La chapelle anglaise de Chamonix-Mont-BlancModifier

Les très nombreux touristes et alpinistes anglais, ressentent le besoin de a construction d'un lieu de culte. 29 ares de terrain sont achetés par un pasteur protestant en 1855. Le temple est ensuite construit et ouvre ses portes en 1860. Près de cette chapelle, les alpinistes anglais morts en montagne reposent dans un petit cimetière[CAUE 6].

La chapelle protestante d'ArgentièreModifier

À Argentière aussi, la communauté protestante aspire à disposer d'un lieu de culte. Ce sera chose faite en 1920 après qu'un prédicateur achète un terrain au bout de la moraine[CAUE 7].

Les oratoiresModifier

Oratoire des BarratsModifier

Il est situé route des Pélerins[CAUE 8].

Oratoire des BoisModifier

Il est situé à côté du 111 du chemin des Lanchettes[CAUE 9].

Oratoire des ChosaletsModifier

Il est situé chemin des Chosalets[CAUE 10].

Oratoire des FavrandsModifier

Il est situé en face du 254 du chemin des Favrands[CAUE 11].

Oratoire de la FrasseModifier

Les deux oratoires de la Frasse se font vis-à-vis, après le 992 du chemin des Cristalliers[CAUE 12].

 
premier oratoire de la Frasse
 
la Frasse
 
second oratoire de la Frasse

Oratoire des ÎlesModifier

Il est situé en face du tennis d'Argentière, le long de la route[CAUE 13].

Oratoire de la JouxModifier

Il est situé dans un terrain privé[CAUE 14].

Oratoire de MontrocModifier

Il est situé chemin de Gragni[CAUE 15].

Oratoire des MouillesModifier

 
L'oratoire des Mouilles

Il est situé dans un champ, à droite du chemin des Béradis[CAUE 16].

Oratoire des MoussouxModifier

 
L'oratoire des Moussoux

Il est situé en face du 641 de la route des Moussoux[CAUE 17].

Oratoire des PèclesModifier

 
L'oratoire des Pècles

Il est situé au 588 de la route des Pècles[CAUE 18].

Oratoire des Pélerins d'en-bas (oratoire Sainte-Anne)Modifier

Il est situé chemin de la via d'Ava aux Pélerins-d'en-Bas[CAUE 19].

Oratoire des Pélerins-d'en-HautModifier

Il est situé le long du chemin qui mène à la cascade du Dard[CAUE 20].

Oratoire des PlanardsModifier

Il est situé face au 161 du chemin du Biollay[CAUE 21].

Oratoire des PlansModifier

Il est situé passage de l'Oratoire[CAUE 22].

Oratoire des PrazModifier

Il est situé à côté du 1681 de la route des Praz[CAUE 23].

Oratoire des Praz-ConduitsModifier

Il est situé près du 360 de la rue du Lyret[CAUE 24].

Oratoire des TinesModifier

Il est situé au 251 du chemin de Saint-Roch[CAUE 25].

Oratoire de TrélechampModifier

Il est situé sur le plateau de Trélechamp[CAUE 26].

Les croixModifier

 
Croix des Pècles
 
Croix des Moussoux

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Paul Dufournet, L'art populaire en Savoie : un territoire, une société, des expressions d'art à la fois locales et universelles, Ed. C. Bonneton, 1981, 261 pages
  • Inventaire des typologies d'architecture de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc, 2004, Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement du département de Haute-Savoie

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En 1928, Marc Chagall voyage en Savoie, d'abord à Chamonix, puis dans les villages voisins : Les Houches et Les Bossons.[3].

RéférencesModifier

Ouvrage de Paul DufournetModifier

Paul Dufournet, L'art populaire en Savoie, 1981, cité dans « Le patrimoine religieux » in Inventaire des typologies d'architecture de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc, 2004, Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement du département de Haute-Savoie.

  1. page 3.
  2. page 8.
  3. page 15.
  4. page 4.

Ouvrage du Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement du département de Haute-SavoieModifier

  1. page 6.
  2. page 5.
  3. page 4.
  4. page 6.
  5. page 5.
  6. page 7.
  7. page 7.
  8. page 10.
  9. page 12.
  10. page 14.
  11. page 9.
  12. page 12.
  13. page 13.
  14. page 13.
  15. page 14.
  16. page 11.
  17. page 10.
  18. page 10.
  19. page 9.
  20. page 9.
  21. page 11.
  22. page 11.
  23. page 12.
  24. page 11.
  25. page 13.
  26. page 14.

Autres sourcesModifier

  1. « Église Saint-Michel », notice no PA00118368, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Presbytère », notice no PA00118371, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Communiqué de presse du Centre Pompidou.
  4. Jean-Paul Roudier, Chapelles et églises de la vallée de Chamonix : six œuvres de Marc Chagall in le trimestriel Le Mont Blanc, no 91 de mars 2018, p. .
  5. Jean-Paul Roudier, Une nouvelle vie pour la chapelle des Chosalets in le trimestriel Le Mont Blanc, no 90 de décembre 2017, p. .