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Partition graphique

forme de notation musicale qui utilise des symboles non conventionnels

Une partition graphique est une forme de notation musicale qui utilise des symboles et des indications textuelles non conventionnels pour indiquer la manière dont doit être interprété un morceau de musique. Elle est fréquemment utilisée dans la musique expérimentale, qui dans de nombreux cas est délicate à transcrire en utilisant la notation standard.

Types de notations graphiquesModifier

Une notation musicale graphique peut se présenter sous différentes formes :

  • Des partitions graphiques, dans lesquelles la musique est représentée par des symboles et des illustrations :
     
    Partition de Hans-Christoph Steiner pour Solitude, créée en utilisant les structures de données du logiciel Pure Data.

Cette notation peut être un système basé sur les durées et la hauteur des notes, tout comme la musique représentée par les portées traditionnelles ou laissé à l'appréciation des interprètes (comme dans pour Earle Brown qui s'appuya pour la création de la première partition graphique "Folio" ainsi que "4 system" dès 1952 sur l'expérience de la peinture de Jackson Pollock et ses Dripping ainsi que des mobiles (Mobile_(art)) d'Alexander Calder.

  • Des partitions-textes, dans lesquelles la musique et ses orientations sont écrites sous forme de texte ordinaire, l'interprétation étant laissée à l'appréciation du musicien.

Un exemple de notation textuelle est 4′33″ de John Cage, dans laquelle la partition se limite à un texte décrivant la dynamique à adopter par l'interprète.

  • Des portées n'indiquant que la hauteur relative des notes, les notes effectivement jouées n'étant décidées qu'au moment de l'interprétation.

Symboles graphiquesModifier

Un aspect plus courant de la notation musicale graphique est l'incorporation de symboles afin de donner aux interprètes des informations concernant le morceau à jouer. Ces symboles ont fait leur apparition dans les travaux de certains compositeurs d'avant-garde comme Karlheinz Stockhausen et Krzysztof Penderecki ainsi que dans les œuvres expérimentales de compositeurs comme John Cage et Earle Brown dans les années 1950 et 1960. Chez les premiers les symboles visaient à l'obtention d'un résultat sonore précis, tandis que dans le cas des deuxièmes, utilisant des notations entièrement graphiques, les partitions étaient souvent volontairement ambiguës et ouvraient donc la voie à plusieurs interprétations possibles. Les symboles suivants constituent les éléments de base de certaines partitions contemporaines :

  Ligne indiquant la durée relative des notes.
  Espacement relatif entre les notes (selon l'espacement des hampes).
  Autre indication d'espacement relatif entre les notes.
  Notes en « faisceau », indiquant une accélération du débit.
  Notes en « faisceau », indiquant un ralentissement du débit.
  Hauteur de note pouvant être supérieure/hauteur de note pouvant être inférieure.
  Cluster / cluster glissando.
  Long point d'orgue.

Compositeurs ayant utilisé des partitions graphiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Notamment dans Treatise, dont une interprétation par le QUaX Ensemble de Petr Kotik est parue en double CD chez Mode Records en 2009 (The Wire n°301, mars 2009, p.48).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Cage, J. and Knowles, A. (1969). Notations. New York : Something Else Press. (ISBN 0871100002). (OCLC 33372429). (1972) Reprint Services Corp. (ISBN 0-685-14864-5).
  • Karlheinz Stockhausen: Musik und Graphik. In: Darmstädter Beiträge zur neuen Musik III, Schott Verlag, Mainz 1960
  • Tisano, Theresa Sauer (2008). Notations21. New York: Mark Batty Publisher.
  • David Schidlowsky [Hg./ed.], musikalische Grafik - graphic music. León Schidlowsky. Wissenschaftlicher Verlag Berlin, Berlin 2011 - (ISBN 978-3-86573-620-8).
  • Bosseur, Jean-Yves (2005). "Histoire de la notation de l'époque baroque à nos jours". Éditions Minerve, Paris 2005.
  • Bosseur, Jean-Yves. "Du son au signe". Éditions Alternative, Paris.
  • Bosseur, Jean-Yves. "Le Son et le Visuel". Éditions Dis Voir, Paris.
  • Saladin, Matthieu (2004). "La partition graphique et ses usages dans la scène improvisée", Volume ! la revue des musiques populaires, n°3:1, Éditions Mélanie Seteun, Nantes, p 31-57. en ligne ici.

Article connexeModifier

Liens externesModifier