Parti républicain dahoméen

parti politique du Bénin

Parti républicain dahoméen
Présentation
Dirigeant Sourou Migan Apithy
Fondation
Scission de UPD (1951)
PPD (1959)
Disparition
Fusionné dans PPD (1958)
PND (1960)
PDU (1960)
Siège Porto-Novo
Fondateur Sourou Migan Apithy
Idéologie Républicanisme
Affiliation internationale PRA (1958-1959)
PFA (1960)
Couleurs Brun Blanc[1]

Le Parti républicain dahoméen (PRD) est un parti politique de la colonie du Dahomey (actuel Bénin) dirigé par Sourou Migan Apithy créé en et dissous le .

HistoireModifier

NaissanceModifier

Contesté au sein de l'Union progressiste dahoméenne (UPD), Sourou Migan Apithy finit par la quitter et crée en son propre parti, provoquant une scission qui affaiblit l'UPD. Il nomme sa nouvelle formation « Parti républicain dahoméen »[2] et structure son programme politique autour de la promotion de « la reconnaissance effective de l'originalité du Dahomey » et de l'action « pour la cause des masses laborieuses et déshéritées »[3].

Si le parti existe depuis 1951, ce n'est que le , à la suite de la promulgation de la Loi-cadre Defferre, que ses statuts sont créés et publiés. C'est également cette même année que le PRD se dote de son propre journal, Position africaine, afin de diffuser plus largement son programme et ses messages[4],[5].

Croissance rapideModifier

Le PRD prend rapidement de l'ampleur sur l'échiquier politique du pays et remporte de belles victoires lors des différentes élections électorales. En obtenant 19 des 32 sièges du second collège aux élections de l'Assemblée territoriale de 1952, il ressort comme le grand gagnant[3]. Le parti arrive également premier aux élections législatives françaises de 1956 avec 35,92 % des voix et Sourou Migan Apithy est réélu député du Dahomey à l'Assemblée nationale française[6].

Le PRD remporte les élections de l'Assemblée territoriale de 1957 et détient la majorité absolue prenant 35 des 60 sièges disponibles. Ce succès permet à Sourou Migan Apithy de devenir, le , vice-président du Conseil de gouvernement, le poste de président étant réservé de droit[7] au gouverneur de la colonie, Casimir Marc Biros.

En [8], le parti s’unit au Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) d'Hubert Maga pour former le Parti progressiste dahoméen (PPD) qui devient la branche dahoméenne du Parti du regroupement africain (PRA) mené par Léopold Sédar Senghor, futur président du Sénégal[9],[10].

Le , Sourou Migan Apithy, au nom du PPD, apporte son soutien au projet de la nouvelle Constitution française du général de Gaulle, qui prévoit notamment la création d’une Communauté franco-africaine, et appelle les dahoméens à voter en faveur du « oui » lors du référendum constitutionnel français de 1958[11]. Le , le « oui » l’emporte ; le suivant, la République du Dahomey est proclamée et Sourou Migan Apithy devient président du Conseil de gouvernement[12].

Mais tout n'est pas couronné de succès pour le nouveau président du Conseil et son parti, l'alliance PRD-RDD-PRA n'est finalement que de courte durée. Sur fond de désaccords entre les dirigeants des différents partis sur les positions à adopter concernant les futures relations entre l’Afrique francophone et la France mais aussi sur l'éventuelle adhésion du Dahomey dans la Fédération du Mali, le PDD se délite en 1959. Sourou Migan Apithy et Hubert Maga démissionnent et reconstituent leur formation respective[13],[14]. Le PPD, bien qu'à présent minoritaire à l'Assemblée nationale, survit au schisme et sa direction est reprise par un de ses cadres, Émile Derlin Zinsou.

Le PRD remporte les élections législatives de 1959, malgré un nombre de voix inférieur à celui de l'Union démocratique dahoméenne (UDD). En raison d’accusations de fraude électorale et de vives contestations, le PRD accepte de céder neuf sièges à l'UDD mais conserve malgré tout la plus grande partie des sièges à l'Assemblée nationale[15].

Fusions en sérieModifier

En [14], le PRD s’allie au PPD et ensemble créent le Parti des nationalistes dahoméens (PND). Le PPD est la section dahoméenne du Parti de la fédération africaine (PFA)[16] et avec cette union, le PND devient la branche locale de ce dernier[17]. La naissance du PND a pour but de faire front commun pour la lutte pour l'indépendance du Dahomey. Mais la mue définitive du PRD a lieu le [18], lors de la fusion du PND avec le RDD et le Mouvement de libération nationale dirigé par Albert Tévoédjrè pour former le Parti dahoméen de l'unité[19], avec en ligne de mire les législatives à venir.

DissolutionModifier

À la suite du coup d'État militaire du , le colonel Christophe Soglo prend le pouvoir et dissout par ordonnance tous les partis et formations politiques dont le PRD bien qu'ayant fusionné trois ans plus tôt[20].

Notes et référencesModifier

  1. « L'emblème est un palmier à huile sur fond blanc »
  2. (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin (présentation en ligne), « Apithy, Sourou-Migan (1913-1989) », p. 54
  3. a et b Jacques Le Cornec, La calebasse dahoméenne ou les errances du Bénin - tome 2 : du Dahomey au Bénin (présentation en ligne), « L'école des élus », p. 41
  4. Maurice A. Glélé, Naissance d'un état noir, l'évolution politique et constitutionnelle du Dahomey : de la colonisation à nos jours, p. 114
  5. Position africaine est un mensuel tiré à 2 000 exemplaires
  6. Sourou Migan Apithy est élu à l'Assemblée nationale française sans discontinuer de « 1946 à 1959 », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
  7. Conformément aux textes de la loi-cadre Defferre
  8. Ismaël Kaffo et Yaya Pognon, L'Afrique au ras du décollage: un plaidoyer pour une alliance citoyenne, p. 63
  9. (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin (présentation en ligne), « Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) », p. 305
  10. Philippe Decraene, Tableau des partis politiques de l'Afrique au sud du Sahara (présentation en ligne), p. 119
  11. « Discours radiodiffusé de Sourou-Migan Apithy sur le référendum du 28 septembre 1958 », sur cvce.eu, (consulté le )
  12. « Discours du président Apithy devant l'Assemblée territoriale du Dahomey », sur cvce.eu, (consulté le )
  13. (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin (présentation en ligne), « Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) », p. 306
  14. a et b Robert Cornevin, Le Dahomey
  15. (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin (présentation en ligne), « Parti Républicain du Dahomey (PRD) », p. 286
  16. Ernest Milcent, « Le parti de la fédération africaine tient à Dakar son congrès constitutif », sur lemonde.fr, (consulté le )
  17. Philippe Decraene, Tableau des partis politiques de l'Afrique au sud du Sahara (présentation en ligne), p. 120
  18. Maurice A. Glélé, Naissance d'un état noir, l'évolution politique et constitutionnelle du Dahomey : de la colonisation à nos jours, p. 197
  19. (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin (présentation en ligne), « Parti des nationalistes dahoméens (PND) », p. 284
  20. « Ordonnance N°1963-12 », sur sgg.gouv.bj, (consulté le )

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Philippe Decraene, Tableau des partis politiques de l'Afrique au sud du Sahara, Paris, Presses de Sciences Po, , 141 p. (ISBN 9782724600100)
  • Maurice A. Glélé, Naissance d'un état noir, l'évolution politique et constitutionnelle du Dahomey : de la colonisation à nos jours, Librairie Générale de droit et de Jurisprudence, , 537 p.
  • Robert Cornevin, Le Dahomey, Paris, Presses universitaires de France, , 128 p. (ISBN 9782705902827)
  • Jacques Le Cornec, La calebasse dahoméenne ou les errances du Bénin - tome 2 : du Dahomey au Bénin, Paris, Editions l'Harmattan, , 594 p. (ISBN 9782738489067)
  • Ismaël Kaffo et Yaya Pognon, L'Afrique au ras du décollage : un plaidoyer pour une alliance citoyenne, Anfani éditions, , 270 p. (ISBN 9789991940342)
  • (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin, Lanham, Toronto, Plymouth, The Scarecrow Press, , 4e éd., 488 p. (ISBN 9780810871717)