Ouvrage du Chesnois

Ouvrage du Chesnois
Bloc 7
Bloc 7

Type d'ouvrage Gros ouvrage d'artillerie
Secteur
└─ sous-secteur
secteur fortifié de Montmédy
└─ tête de pont de Montmédy
Année de construction 1934-
Régiment 155e RIF et 169e RAP
Nombre de blocs 5
Type d'entrée(s) Entrée mixte
Effectifs 316 hommes et 8 officiers
Coordonnées 49° 34′ 37″ nord, 5° 20′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Meuse
Géolocalisation sur la carte : Ardennes
Géolocalisation sur la carte : France
Localisation de l'ouvrage
Localisation de l'ouvrage

L'ouvrage du Chesnois est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé sur les communes ardennaise de Signy-Montlibert et meusienne de Thonne-le-Thil.

Bloc 7

C'est un gros ouvrage d'artillerie, comptant six blocs. Construit entre 1934 et 1938, il a été épargné par les combats de mai et de , mais il a été saboté puis scellé.

Position sur la ligneModifier

Faisant partie du sous-secteur de la tête de pont de Montmédy dans le secteur fortifié de Montmédy, l'ouvrage du Chesnois est intégré à la « ligne principale de résistance » entre les casemates CORF d'intervalle de Sapogne à l'ouest et du Christ à l'est, à portée de tir de la casemate STG[1] d'artillerie de Villy Est plus à l'ouest et de Villecloye plus à l'est (limite de portée)[2].

DescriptionModifier

L'ouvrage est composé en surface de cinq blocs de combat et d'une seule entrée mixte (une des deux vraies entrées mixtes du Nord-Est, avec celle de Vélosnes. Ailleurs, les entrées mixtes sont des entrées des munitions servant également aux hommes), avec en souterrain des magasins à munitions (plusieurs M 2), une usine (avec quatre groupes électrogènes SMIM de 90 chevaux) et une caserne, le tout relié par des galeries profondément enterrées.

De type « nouveaux fronts », la seule tourelle d'artillerie est une tourelle de 75 mm R modèle 1905 récupérée et modifiée. Une seconde tourelle de 75 mais modèle 1933 aurait dû consolider l'ouvrage (bloc 6), mais ne fut pas installée faute de crédits[3].

Le bloc 1 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'est en même temps qu'un bloc-tourelle. Il est armé avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau pour JM, une tourelle pour deux armes mixtes, deux cloches GFM B (guetteur et fusil mitrailleur, dont une sert d'observatoire avec un périscope) et une cloche lance-grenades.

Le bloc 2 est une casemate cuirassée d'infanterie, avec une cloche d'arme mixte (tirant vers l'est) et une cloche GFM B.

Le bloc 3 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest, avec un créneau JM/AC 47, un autre créneau JM, une cloche pour arme mixte (tirant vers le nord) et deux cloches GFM B.

Le bloc 4 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest, avec un créneau JM/AC 47, une cloche d'arme mixte (tirant vers le nord) et deux cloches GFM B.

Le bloc 5 est un bloc-tourelle d'artillerie, armée avec une tourelle pour deux canons de 75 mm R modèle 1905 et une cloche GFM B.

Le bloc 7 est une entrée mixte par puits. Il est armé d'un créneau JM/AC 47 et de deux cloches GFM B.

ParticularitésModifier

L'entrée mixte est coiffée, en retrait des cloches GFM de défense, de cloches GFM modifiées. Ces dernières sont dévolues à l'évacuation des gaz d’échappement des moteurs de l'usine de production électrique.

HistoireModifier

En mai 1940, l'artillerie du Chesnois intervient en faveur de l'ouvrage La Ferté attaqué par les Allemands mais sans succès, la tourelle de 75/05 étant en limite de portée. Son action s'avère toutefois plus efficace sur les abords des casemates voisines, leur évitant le sort de La Ferté .

Saboté en juin 1940 par son équipage avant de l'abandonner, il est par la suite quasi intégralement dépouillé par les Allemands pendant l’Occupation.

L'ouvrage aujourd'huiModifier

Dépouillé puis laissé à l'abandon, l'ouvrage, cédé par l'Armée, est encore visible de nos jours et une association a entrepris sa revalorisation extérieure.

Des aménagements ont été effectués au niveau de la partie intérieure, dont l'accès n'est plus possible actuellement, afin de permettre la préservation d'espèces trouvant ordinairement refuge dans ces structures abandonnées, notamment certaines espèces de chauves-souris.

Notes et référencesModifier

  1. Le niveau de protection d'une casemate de la ligne Maginot dépend de son modèle et de sa période de construction. De 1928 à 1935 sont construits les modèles les plus puissamment protégés : les casemates et ouvrages CORF (Commission d'organisation des régions fortifiées), avec des murs et dalles épais jusqu'à 3,5 mètres de béton). Puis viennent à partir de 1935 les blockhaus MOM (main-d'œuvre militaire), avec de 0,60 à 1,5 m de béton, avec des modèles très variés selon la région : RFM (région fortifiée de Metz), RFL (région fortifiée de la Lauter), 1re, 2e, 20e et 7e RM (région militaire). Les MOM les plus protégés sont appelés FCR (fortification de campagne renforcée). De 1937 à 1940, le STG (Service technique du Génie) standardise les constructions, avec une protection de 1,50 à 2 m de béton.
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 75.
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 74-75.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, Paris, Histoire et collections, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, Paris, Histoire et collections, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).

Liens externesModifier

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Descriptions et photos

Articles connexesModifier