Ouest (roman)

roman de François Vallejo

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Ouest
Auteur François Vallejo
Pays Drapeau de la France France
Genre roman
Éditeur Viviane Hamy
Date de parution 2006
Nombre de pages 272
ISBN 2-87858-235-7

Ouest est le sixième roman de François Vallejo. Il a été publié en aux éditions Viviane Hamy.

L’intrigue est fondée sur la confrontation au milieu du XIXe siècle, dans un domaine de l’ouest de la France, entre Lambert, le garde-chasse traditionaliste et son maître républicain, le trouble baron de l’Aubépine.

PrésentationModifier

Dans une Vendée rêvée, un ouest imaginaire et encore marqué par le souvenir des révoltes chouannes, le XIXe siècle avance avec la mort du vieux châtelain d’Ancien Régime qui laisse son garde-chasse déboussolé devant son nouveau maître, le jeune baron qui s’affirme républicain. C’est dans un espace clos et isolé – la propriété du baron de l’Aubépine avec ses forêts et ses étangs, son château et la maison du garde-chasse – que va se mettre en place la confrontation entre le valet et le maître.

Lambert, le garde-chasse qui a intégré le rapport ancestral de domination sociale qu’il reproduit plus ou moins avec ses impressionnants chiens de chasse est d’abord perturbé et perplexe devant le baron qui revendique une égalité républicaine en abandonnant le mode vie ancien du seigneur, maître des chasses et des serfs. La cocasserie s’installe même quand le baron – qui refuse ce titre – part à Paris s’investir dans les Révolutions de 1848 et disparaît de longs mois laissant dans l’indigence et l’expectative le garde-chasse et sa famille. Il revient enfin désargenté mais accompagné de demi-mondaines avec qui il semble avoir des relations perverses et qui se renouvellent jusqu’à une certaine stabilisation avec Mlle Berthe qui disparaît cependant mystérieusement. Parallèlement, le baron rêve de renverser Napoléon III et veut prendre contact avec Victor Hugo exilé, allant jusqu’à imaginer un projet rocambolesque d’une nouvelle chouannerie, républicaine cette fois, dont le grand poète prendrait la tête.

De plus en plus perplexe devant ce bizarre « baron perché » qui lui apparaît à la fois fou et dangereux dans ses agissements politiques comme dans son comportement avec les femmes - il le soupçonne même d’assassinats -, Lambert enferme son maître dans le château. Empêtré dans cette situation qui lui fait craindre aussi le pire pour sa fille Magdeleine convoitée par le baron, Lambert finit par libérer celui-ci et cherche, sans trouver, un autre emploi de garde-chasse, tandis que, parallèlement, le baron cherche en vain un remplaçant à son employé.

C’est dans les bois qui entourent le château que se dénoue dramatiquement l’intrigue dans un dernier face à face : blessé dans une chute de cheval, le baron exalté meurt sous les assauts des chiens encouragés par Lambert. Le garde-chasse doit tuer les molosses que les autorités tiennent pour seuls coupables et il s’enfonce dans un état neurasthénique, dépossédé de ce qui structurait sa vie. Confronté à sa violence meurtrière représentée par une photographie qui le montre avec son fusil et son chien, « il sait qu’il est devenu un autre homme. »

Regards sur l’œuvreModifier

  • Le roman offre une maîtrise intéressante d’un cadre géographique et historique qui sonne juste sans s’alourdir de réalisme et échappant ainsi aux défauts du roman historique. Il fait sentir à travers le garde-chasse déboussolé et le seigneur républicain les transformations difficiles du XIXe siècle dans un cadre évocateur bien que reconstruit. Le Prix Giono reçu par Ouest fait entrevoir une certaine filiation avec le Giono de l’après-guerre, M. de l’Aubépine apparaissant en quelque sorte comme « un châtelain sans divertissement », dans son ouest hors du temps auquel il voudrait échapper.
  • François Vallejo joue avec des stéréotypes romanesques tout en orientant son roman dans l’approche psychologique des deux personnages principaux : le jeune baron moderniste qui prend le contre-pied de son père, châtelain autoritaire et traditionaliste, et le garde-chasse, homme du peuple fondamentalement lié à son maître et lui-même maître des chiens et homme de la nature. La densité apportée par le cadre fermé et par le petit nombre des personnages permet l’approfondissement des deux personnalités : si le maître garde de façon heureuse une part de mystère, l’auteur nous menant au bord des failles de sa personnalité sans chercher à les expliciter entièrement, la focalisation assez floue mais avec pour fil directeur le point de vue de Lambert sur son maître et sur les évènements nous fait connaître en profondeur les pensées ou les réactions du valet.
  • La langue est dynamique, rapide et innovante avec une fusion moderne du discours direct, du discours indirect libre et du récit à la troisième personne. Cette écriture réussit aussi bien à rendre les éléments du décor, les états d’âme que la tension dramatique qui s’installe peu à peu ou la force des confrontations.

ProlongementsModifier

La critique a salué unanimement à sa sortie les qualités de ce roman pourtant publié dans une petite maison d’édition.

Ouest a été par ailleurs plusieurs fois distingué et couronné. Sélectionné dans la liste finale pour le prix Goncourt[1] et le pour le prix Renaudot, il a reçu :

Notes et référencesModifier

Lien externeModifier