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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Opération Tiger et Tigre (homonymie).
Plage de Slapton Sands

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’opération Tigre fut un exercice militaire de répétition du débarquement en Normandie qui eut lieu à Slapton Sands, dans le Devonshire, au Royaume-Uni.

Cette répétition générale, conduite par les Anglais et les Américains, durant 9 jours, fut émaillée de nombreuses erreurs, défaillances et accidents qui coûtèrent la vie à 946 soldats[1].

Sommaire

PréambuleModifier

 
Soldats américains débarquant sur la plage de Slapton Sands.

Le , l'État-major interallié, pour former les soldats américains qui devaient intervenir en France, a organisé une série d'exercices. Les troupes alliées organisèrent un « premier » débarquement sur la plage de Slapton Sands, dans le Devonshire, au Royaume-Uni, qui fut choisie en raison de sa ressemblance avec celles d'Omaha et Utah.

Les villages furent évacués, les routes fermées, les sites et monuments historiques protégés. Les soldats alliés jouèrent à la fois leur propre rôle et celui des Allemands. Cette opération fut menée dans des conditions « réelles » et dans le plus grand secret.

HistoriqueModifier

L'opération Tigre devait être une dernière répétition avant le débarquement en Normandie (l'Opération Neptune) qui dura du 22 au .

La nuit suivante, il était prévu d'effectuer un exercice de débarquement de matériel lourd avec neuf bateaux de débarquement (Landing Ship Tank ou LST). Le lent convoi de ces navires faisait une ligne ininterrompue de 8 km de long.

Le , 9 vedettes lance torpilles allemandes quittèrent le port de Cherbourg, afin d'intercepter 2 convois signalés au large de la presqu'île de Portland. À cause du brouillard, elles manquèrent les convois mais tombèrent par hasard, dans la baie de Lyme, sur 8 gros LST américains en cours de répétition de débarquement dans le cadre de l'opération Tigre, escortés seulement par la corvette HMS Azalea (en), leurs radios non calées sur la même fréquence.

Le convoi devait théoriquement être protégé également par le HMS Scimitar, un destroyer de la Première Guerre mondiale, mais ayant subi des dégradations après une collision, celui-ci resta au port de Plymouth pour des réparations. Son remplaçant n'était pas encore en place à l'arrivée des S-Boote.

Bien que l'alerte aux S-Boote ait été donnée 2 heures plus tôt, l'incompréhensible lenteur du convoi de débarquement permit aux vedettes rapides de torpiller les LST 507 et 531 et d'endommager gravement le LST 289. Quoique repérées par les Britanniques, les vedettes ne furent pas signalées aux Américains. Par manque de coopération entre l'U.S. Army et l'U.S. Navy, beaucoup de GI's périrent noyés dans la Manche ou bloqués dans les LST coulés ou encore d'hypothermie. En un quart d'heure à peine, l'attaque causa la mort de 198 marins et 551 soldats, soit au total 749 et en blessa une centaine d'autres.

Eisenhower ne donna l'ordre de récupérer les naufragés qu'à l'aube, mais de nombreux marins moururent quand même noyés dans les eaux froides, attendant d'être secourus. Les soldats, qui n'étaient pas habitués à la navigation, paniquèrent et n'attachèrent pas correctement leur gilet de sauvetage. Pour certains, lorsqu'ils sautèrent à l'eau, le poids de leur équipement de combat les fit basculer en arrière, maintenant leur tête sous l'eau et les noyant.

Un certain nombre d'officiers noyés durant l'exercice Tiger étaient porteurs de plans partiels du débarquement de Normandie (opération Overlord), avec des instructions secrètes référencées sous le nom de code « bigot ».

L'État-major allié, qui s'était lancé dans un vaste plan de diversion et d'intoxication (Opération Fortitude, prévoyant un débarquement aux environs de Calais) craignit que l'attaque des S-Boote allemands n'ait pas été une simple coïncidence et que les plans du débarquement avec l'objectif réel dans le Cotentin ne soient tombés aux mains des Allemands.

Il fallut lancer une vaste pêche aux cadavres dans la baie de Lyme et ce n'est que lorsque tous les plans manquants furent récupérés que le feu vert put être donné à la poursuite de l'opération Overlord[2].

ConséquencesModifier

L'État-major interallié tira toutefois les conséquences de l'événement en ordonnant :

  • la standardisation des fréquences radio américaines et britanniques ;
  • un meilleur entrainement à l'utilisation des gilets de sauvetage ;
  • la planification de récupération d'éventuels naufragés par l'utilisation de petites embarcations.

De meilleures collaborations entre les États-major alliés, et entre la marine et l'armée de terre complétèrent ces mesures.

Secret militaireModifier

 
Plaque commémorative à Utah Beach.

Le plus strict secret militaire fut longtemps entretenu sur cet événement, qui fut longtemps méconnu des historiens.

Liens internesModifier

Liens externesModifier

Sources et référencesModifier

  1. Guide Vert Normandie 1944-2004
  2. Jean françois Deniau, Le bureau des secrets perdus, paris, Odile Jacob
  • La répétition manquée du jour J, documentaire de Karolin Gunzert, Julia Knobloch et Andreas Sawall, 2004