Opération Corse

L’opération Corse est une opération militaire qui a précipité la chute de la Quatrième République en France en 1958 de manière concomitante au coup d'État du 13 mai.

ContexteModifier

Enlisé en Algérie, le gouvernement français est de plus en plus mal perçu au sein de l'armée stationnée à Alger. Un groupe d'officiers rebelles décide alors de passer à l'action avec l'objectif d'installer le général Charles de Gaulle à la présidence.

AlgerModifier

Le , une coalition militaire dirigée par les généraux français Raoul Salan, Edmond Jouhaud, Jean Gracieux et Jacques Massu et l'amiral Philippe Auboyneau tentent de faire un coup d'Etat à Alger. Le putsch est soutenu par l'ancien gouverneur général d'Algérie Jacques Soustelle et ses sympathisants. L'objectif est de renverser le gouvernement de Pierre Pflimlin considéré hostile à l'Algérie française.

Dans la nuit du , un junte militaire dirigée par le général Massu prend le pouvoir à Alger. Le général Salan prend la direction d'un comité de salut public formé pour remplacer l'autorité civile et exercer des pressions afin de remplacer le président René Coty par Charles de Gaulle. L'objectif est de faire émerger un gouvernement d'union nationale investi de pouvoirs extraordinaires pour empêcher l'« abandon de l'Algérie». Après sa tournée de gouverneur général, Jacques Soustelle était rentré en métropole pour organiser le soutien au retour du général de Gaulle au pouvoir. Raoul Salan annonce à la radio que l'armée a « provisoirement pris en charge le destin de l'Algérie française ». Il déclare « Vive de Gaulle ! » depuis le balcon du bâtiment du Gouvernement général d'Alger le . De Gaulle répond deux jours plus tard qu'il est prêt à « assumer les pouvoirs de la République ».

L'opération CorseModifier

Le , un régiment de parachutistes du corps algérien débarque sur la Corse par avion pour prendre contrôle de l'île. Les partisans de l'opération s'y établissent pour y faire les préparations de l'Opération Résurrection qui a pour objectif la prise de Paris et la destitution du gouvernement français au moyen des parachutistes et des forces blindées basées à Rambouillet.

Des comités de salut public sont mis en place dans plusieurs villes de Corse. 800 paramilitaires occupent les bâtiments administratifs d'Ajaccio et Bastia sous la direction d'Ignace Mantei avec l'appui d'Henri Maillot, cousin du général de Gaulle et du député Pascal Arrighi qui lance l'appui suivant sur Radio-Alger le  :

« Il y a quinze ans, la Corse, premier département français libéré, se plaçait sous l’autorité du général de Gaulle. Les Corses se doivent de continuer cette tradition et d’être à la pointe du combat. Constituez, partout, des comités de salut public. »

La mairie de Bastia oppose une résistance symbolique où le premier adjoint communiste chante la Marseillaise[1].

Le gouvernement français démissionne immédiatement et le président René Coty nomme le général de Gaulle Premier ministre avec pour mandat de démanteler la Quatrième République et édifier une nouvelle constitution.

La réussite du coup d'Etat et les liens de ses organisations avec le général de Gaulle qui pose les bases de la Cinquième République dont il devient le premier président amènent certains à mettre personnellement en cause le général comme François Mitterrand qui déclare :

Un commando arrache la Corse au territoire métropolitain. Ce sont des gaullistes qui atterrissent à Ajaccio. Ce sont des gaullistes qui les reçoivent et leur prêtent main-forte. Ce sont des gaullistes qui d’Alger arrivent à la rescousse.[2]

Notes et référencesModifier

  1. « Le coup d’État en Corse en 1958 » (consulté le )
  2. François Mitterrand, Le coup d'Etat permanent,