Ocre rouge

argile rougeâtre

L'ocre rouge est une argile ocreuse rougeâtre. C'est une terre argileuse et siliceuse, colorée par des oxydes de fer rouges.

L'ocre rouge à Roussillon.

L'ocre rouge employée comme pigment peut être naturelle, ou, plus souvent, obtenue par calcination de l'ocre jaune. Une entreprise hollandaise était autrefois spécialiste de cette opération, aussi trouvait-t-on autrefois l'ocre rouge ainsi obtenue sous les noms de rouge de Prusse, d'Anvers ou de Hollande[1].

OriginesModifier

Les ocres rouges ont toujours été utilisées comme pigments au cours de l'histoire. Les premières traces sont à la Préhistoire autant pour orner les corps que pour peindre les parois, les murs, les textiles.

Les gisements d'ocres sont nombreux mais les ocres rouges naturelles sont plus rares. La France, l'Allemagne et l'Italie en produisent. La Société des ocres de France est un des derniers producteurs en France.

Vitruve mentionne l'usta qui est de l'ocre jaune brûlée donc de couleur rouge et Pline utilise ce terme pour le minium et l'ocre rouge. Les auteurs classiques mentionnent souvent une terre rouge appelée la sinopis provenant de la ville de Sinope (voir sinopia).

Des sédiments sablo-argileux de couleur verte se sont déposés il y a plus de 100 millions d'années. Des pluies ont concentré l'oxyde de fer contenu dans les sédiments. Le minerai d'ocre est une sorte d'argile chargée d'oxyde de fer et d'une forte proportion de sable.

CompositionModifier

Les ocres rouges sont des oxydes de fer naturels (PR102) ou synthétiques (PR101). Il s'agit d'une terre solide, qui se conserve bien dans le temps.

Les ocres rouges peuvent être extraites à l'état naturel (hématite). Il s'agit d'une argile débarrassée du quartz (SiO2) mélangée avec des oxydes de fer (Fe2O3). Les ocres rouges peuvent également être produites synthétiquement par calcination de l'ocre jaune (oxyde de fer jaune : goethite). C'est cette dernière qui est généralement utilisé dans les arts.

L'oxyde ferrique hydraté se déshydrate au-dessus de 250 °C. Le degré de température influence la composition de l'ocre rouge. Les ocres dont la température de calcination n'a pas dépassé 250 °C réabsorbent l'eau une fois exposées à l'air humide.

Pour l'ocre rouge, l'hématite de formule Fe2O3. Les ocres peuvent contenir des impuretés, la nature et la proportion de ces dernières dépendent de la provenance des terres.

PréparationModifier

Selon Pline l'Ancien, l'ocre rouge est fabriquée « en calcinant de l'ocre jaune dans des pots neufs, lutés d'argile sur leur pourtour[2] ». Il spécifie que plus elle a brûlé sur le foyer meilleure elle est. Vitruve mentionne que l'ocre rouge était calcinée jusqu'à incandescence puis éteinte brutalement dans du vinaigre.

L'extraction du minerai se fait dans des carrières à ciel ouvert ou dans des mines. Il faut ensuite séparer l'ocre du sable par lavage et décantation. Le minerai est d'abord arrosé avec un jet d'eau qui s'écoule dans des conduits où le sable plus lourd que l'ocre se dépose. L'eau aboutit dans des bassins de décantation. Lorsque la couche de pigment au fond du bassin atteint de 30 à 40 cm d'épaisseur, on laisse sécher le bassin. Les mottes séchées et découpées qui en résultent sont ensuite traitées dans une usine à l'aide de brise-mottes, de broyeurs et de blutoirs, jusqu'à l'obtention d'une fine poudre.

UtilisationModifier

Les ocres s'utilisent pour toutes techniques de peinture : sur mur, sur paroi, sur toile, sur bois, sur textiles,... Une ocre rouge, connue sous le nom de Bol d'Arménie, est aussi utilisée pour dorer à la feuille d'or ou d'argent. Liée à une colle animale, elle permet de brunir l'or une fois posé.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 3, Puteaux, EREC, , p. 111-114 « Ocres ».
  2. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXV, 35.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier