Hobyo

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Hobyo
Administration
Pays Drapeau de la Somalie Somalie
Région Mudug
Démographie
Population 68 000 hab.
Coordonnées 5° 21′ nord, 48° 32′ est
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Hobyo (en italien Obbia, somali : Hobyaa, arabe : هبيا) est une ville portuaire ancienne de la côte dans la région de Mudug en Somalie (5° 13′ N, 48° 19′ E). Elle est établie dans une baie. Hobyo signifie Ici, eau, d’après les nombreuses sources d’eau douce qui jaillissent tout autour de la ville, qui favorisèrent la ville et en firent un des principaux ports d’attache de Somalie.

FondationModifier

L’histoire d'Hobyo commence comme lieu d’approvisionnement en eau douce pour les marins et les caravaniers, et un comptoir pour différents sultanats du XVe au XIXe siècle, comme Bosaso et Mareeg. Elle ne devient une ville importante que lorsque les pèlerins musulmans pour La Mecque en font un des points d’embarquement pour le hadj. Ces passages (caravanes, bateaux, pèlerins) en font une ville commerçante, dont le développement cause le déclin d’Opone, la grande ville commerçante des premiers siècles de notre ère en Somalie.

L’importance croissante de villes plus au sud, comme Mogadiscio, stimulent le développement de Hobyo, avec un trafic maritime de plus en plus important, donc plus de navires faisant escale pour faire le plein d’eau douce et du commerce.

Moyen ÂgeModifier

Hobyo est la principale ville commerçante de l’État Ajuuraan, qui a pour capitale Qalafo (actuellement en Ogaden). Les productions de la vallée du Chébéli (notamment autour des bourgs ruraux de Harardheere et El-Dheer) sont acheminés à Hobyo pour les commercialiser. Les rois d’Ajuuraan prélèvent un impôt sur la ville sous forme de sorgho.

Les seigneurs d’Ajuuraan s’allient ou sont parfois les suzerains des sultans de Mogadiscio, et le commerce entre Hobyo et la côte de Benadir est florissant. Hobyo tient une place essentielle pour la prospérité de l’État Ajuraan, et quand les Hiraab (une famille étroitement liée aux clans Hawiye) se révolte contre les Ajuraans et crée un imamat indépendant, dont Hobyo faitpartie, l’État Ajuraan décline rapidement et, même s’il réussit à se maintenir autour de Qalafo, il reste très faible par rapport à son importance antérieure.

Sultanat d’HobyoModifier

Un prétendant au trône du clan Majerteen, Yusuf Ali Keenadid, exilé en Arabie par Boqor Isman Mahamud après un coup d’État manqué, envahit Hobyo en 1878 avec une armée de mercenaires de l’Hadramaout. Il conquiert Hobyo et se proclame premier sultan du nouveau sultanat d'Hobyo (1878-1926)[1].

À l’époque, on cultive principalement du sorgho et des haricots, complétés par l’élevage des dromadaires, des bovins, des chèvres et du mouton. Le cheptel, les cuirs et le peau, les bois aromatiques et les raisins secs constituaient l’essentiel des exportations, et les importations se constituaient de riz, d'autres produits alimentaires et des produits textiles. Les négociants recherchant des marchandises exotiques venaient à Hobyo pour acheter des textiles, des métaux précieux et des perles.

Époque contemporaineModifier

Cinquante ans plus tard, le sultanat d'Hobyo tombe aux mains de l’Italie fasciste et est intégrée à l’Afrique orientale italienne.

Après l’annexion, les routes commerciales qui avaient fait la prospérité d’Hobyo pendant dix siècles se déplacent vers Mogadiscio. La ville ne retrouve jamais son ancienne prospérité. La plus grande partie de la population continue de commercer avec la capitale de la Somalie, maintenant un lien entre les deux villes jusqu’à nos jours, mais la ville ne joue jamais un rôle important lors des conflits avec l’Éthiopie, que ce soit lors de l’époque coloniale ou depuis l’indépendance. Les différents gouvernements encouragent en fait le déclin de la ville, en accroissant la centralisation.

Hobyo est prise par l’Union des tribunaux islamiques le , après plusieurs jours de négociation. Les 4x4 de l’ICU avaient encerclé la ville quelques jours auparavant, et des délégués avaient tout de suite été envoyés pour négocier la reddition de la ville. Apparemment, la ville se rend sans qu’un coup de feu soit tiré, à la suite de la fuite du seigneur de la guerre d’Hobyo, quelques jours avant l’arrivée de l’UTI.

Hobyo est actuellement un des principaux ports d’attache des pirates somaliens[2] et a rejoint le nouvel État de Galmudug, échappant ainsi à l’annexion par l’UTI, et s’intégrant à ce nouvel État-tampon entre l’UTI et le Pount. La ville a néanmoins été reprise par l’UTI le .

Voir aussiModifier

NotesModifier

  1. Helen Chapin Metz, Somalia: a country study, (The Division: 1993), p. 10.
  2. Le Monde diplomatique