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North American NA-64

North American NA-64
Vue de l'avion.
North American NA-64 Yale restauré au Canadian Warplane Heritage Museum de Hamilton (Ontario)

Constructeur Drapeau : États-Unis North American Aviation
Rôle Avion d'entraînement
Statut retiré du service
Premier vol
Équipage
2
Motorisation
Moteur Wright R-975-E3
Nombre 1
Type moteur en étoile
Puissance unitaire 420 ch
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 12,80 m
Longueur 8,50 m
Hauteur 4,10 m
Masses
Avec armement 2 030 kg
Performances
Vitesse de croisière 237 km/h
Vitesse maximale 275 km/h
Plafond 6 020 m
Rayon d'action 1 411 km
Armement
Interne 2 mitrailleuses Darne de 7,5 mm avec 350 coups chacune

Le North American NA-64 est un avion d'entraînement militaire conçu aux États-Unis peu avant la Seconde Guerre mondiale. Construit à plusieurs centaines d'exemplaires, il servit dans les forces armées de son pays d'origine, mais aussi dans celles du Canada, de la France et même du Troisième Reich.

ConceptionModifier

En 1936, la société North American Aviation fait voler pour la première fois un avion d'entraînement biplace en tandem, avec un poste de pilotage entièrement fermé : le NA 57. Cet avion possède une structure métallique, mais les surfaces mobiles et l'arrière du fuselage sont entoilés. Il possède un train d'atterrissage fixe, et il est propulsé par un moteur Wright R-975-53 de 400 [ch, actionnant une hélice bipale à pas variable[1].

Une version améliorée vole le , désigné NA-64. Il se distingue de son prédécesseur par la partie arrière du fuselage, qui est maintenant entièrement métallique. Seules les surfaces mobiles demeurent entoilées. Le moteur est un Wright R-975-53 E3 un peu plus puissant (420 ch)[2], entraînant une hélice bipale Hamilton Standard. Cet appareil se distingue de son prédécesseur surtout par son train d'atterrissage rétractable. Il est lui-même le précurseur d’une longue lignée d'avions école célèbres : les T-6[1].

EngagementsModifier

FranceModifier

En 1938, après les accords de Munich, le gouvernement français prend conscience que la guerre avec l’Allemagne nazie est désormais inévitable. Un réarmement massif est donc indispensable. Mais l'industrie aéronautique française, désorganisée par les nationalisations de 1937 et aux méthodes restées trop artisanales, est incapable de fournir les milliers d'avions modernes nécessaires. Le Ministère de l'Air décide donc d'acheter aux États-Unis des avions de tous types[3] : chasseurs, bombardiers, avions de reconnaissance, avions d’entrainement...[1]

Le , une commande de 200 NA-57 et 200 NA-64 est passée à North American Aviation. Une commande supplémentaire de 30 avions est effectuée le , mais celle-ci ne sera pas livrée avant l'armistice du 22 juin 1940. Chaque avion est facturé 20000 dollars[1].

Le constructeur adapte ses machines aux spécifications de l'armée de l'air française : les indications de bord sont affichées en français, les instruments sont gradués en mesures métriques (altitude en mètres, vitesse en kilomètres par heure, température d'huile en degrés Celsius. Même la manette de gaz fonctionne à la française, c’est-à-dire à l'inverse des pays anglo-saxons : le plein régime est obtenu en tirant en arrière la manette des gaz. Ce sera la cause de plusieurs accidents lors de la formation des pilotes de la France libre ayant rejoint la Grande-Bretagne. Dès la livraison du reliquat de la commande française au Canada, la RCAF corrigera cette particularité afin d’éviter ce genre d'accident[1].

Les avions destinés à la France sont mis en conteneur aux États-Unis et acheminés par bateau. Ils arrivent au port de Saint-Nazaire, où ils sont convoyés par la route à l'usine de la Société nationale des constructions aéronautiques de l'Ouest (SNCAO, ex-Loire Aviation) de La Baule-Escoublac pour y être assemblés et mis en état de vol. Deux aérodromes sont dévolus aux vols de réception : Escoublac et Chateaudun. Après réception, les avions sont livrés aux escadrilles de formation. Ils équipent le Groupe d'entraînement militaire (GEM) à Salon-de-Provence, doté de 20 exemplaires, ainsi que les six Groupes régionaux d'entraînement (GRE) créés en métropole en 1940, qui disposent chacun de 30 exemplaires.

Dans l'armée de l'air française, les avions sont désignés NAA-64 P2, NAA pour « North American Aircraft » et P2 pour « perfectionnement, 2 places ». En juin 1940, 111 NA-64 sont arrivés en France[2]. Après l'armistice du 22 juin 1940, 96 de ces machines sont récupérées par la Luftwaffe, repeints aux couleurs allemandes et utilisés comme avion-école[2]. Tous ces appareils sont détruits pendant le conflit. Par contre, plusieurs NA-57 qui servaient dans l'armée de l'air en Afrique du Nord ont échappé à la destruction, et volent encore en 1949[1].

CanadaModifier

Juste avant la capitulation de la France, à l'instigation de quelques officiers et hauts fonctionnaires français patriotes se trouvant aux États-Unis, tous les contrats avec les industriels américains sont transférés entre le 16 et le à l'allié britannique qui poursuit le combat contre l'ennemi commun[4]. Le reliquat de la commande française des NA-64, soit 119 avions, est transféré au Canada[2] qui désigne ces avions North American Yale, du nom de la prestigieuse université américaine. De même, le NA-49, ou T-6 dans l'USAAF, quand il entrera en service dans la Royal Air Force et la RCAF, sera désigné Harvard par les Britanniques, du nom d'une autre université.

Les Yale sont utilisés par la RCAF jusqu'en 1945 pour la formation des élèves-pilotes, puis tous vendus aux surplus de guerre en 1946[1].

États-UnisModifier

Le NA-64 sert également dans son pays d'origine, sous la désignation de BT-9 pour Basic Training, entraînement de base, dans l'armée, et SNJ dans la Marine.

OpérateursModifier

SurvivantsModifier

Si le NA-64 Yale n'a pas complètement disparu, on le doit à un fermier canadien : M. Ernie Simmons, fermier à Tillsonburg (Ontario) achète 39 avions lors de la vente des surplus de la RCAF en 1946. En attendant de les revendre, les avions sont posés dans un champ à même le sol, sans aucune protection, abandonnés aux éléments. Ernie Simmons décède en 1970, et en 1971 ses héritiers acceptent de les vendre à des collectionneurs, sauvant ainsi ces derniers NA-64 de la ferraille. 21 Yale survivants sont recensés dans le monde. Certains sont présentés en statique dans des musées, d'autres sont maintenus en état de vol, d'autres sont encore en cours de restauration. Les exemplaires les plus connus se trouvent :

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j « YALE NA 64 », sur MAPICA Restauration et conservation du patrimoine aéronautique (consulté le 3 décembre 2018).
  2. a b c d e et f « Un NA-64 Yale sera remis en état de vol par le MAPICA », sur L'Echarpe Blanche. L'aviation ancienne en France (consulté le 3 décembre 2018).
  3. Bernard Bombeau, « Aux origines du réarmement français (quatrième partie) », Le Fana de l'Aviation, no 589,‎ , p. 58-67.
  4. Gérard Bossuat, Les aides américaines économiques et militaires à la France, 1938-1960 : Une nouvelle image des rapports de puissance, Institut de la gestion publique et du développement économique, , 406 p. (ISBN 978-2-8218-2859-9, lire en ligne), p. 16-22.

BibliographieModifier

  • Bernard Bombeau, « Aux origines du réarmement français (quatrième partie) », Le Fana de l'Aviation, no 589,‎ , p. 58-67.
  • Gérard Bossuat, Les aides américaines économiques et militaires à la France, 1938-1960 : Une nouvelle image des rapports de puissance, Institut de la gestion publique et du développement économique, , 406 p. (ISBN 978-2-8218-2859-9, lire en ligne), p. 16-22.

Liens externesModifier

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