Ouvrir le menu principal

L'expression noblesse d'apparence désigne dans la société française contemporaine des personnes non issues de la noblesse française mais qui, sans nécessairement prétendre être d'ascendance noble, présentent des éléments pouvant faire penser à d'éventuelles origines nobles. Essentiellement le port régulier (inscrit à l'état-civil) d'un nom à particule. Mais d'autres éléments peuvent également exister, tels le port d'une chevalière armoriée et timbrée, le port d'un titre de noblesse, la possession d'un manoir ou d'un château, etc.

Sommaire

HistoireModifier

Cette expression a été consacrée par la publication en 1976 de l'Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, de Pierre-Marie Dioudonnat, suivie de plusieurs rééditions avec corrections et adjonctions.

La noblesse d'apparence s'y trouve distinguée de la « fausse noblesse », en ce que cette dernière comprend des personnes qui ne sont pas d'ascendance noble régulière mais qui revendiquent pourtant cette qualité.

Familles non répertoriées dans la noblesse françaiseModifier

Noms à particuleModifier

Les noms à particule donnent une apparence de noblesse immédiate auprès du grand public. Cette apparence est trompeuse puisqu'il y a toujours eu des familles anciennement nobles portant un nom sans particule, et des familles portant un nom à particule qui n'ont jamais été nobles. De fait, à partir du XVIIe siècle, de nombreuses familles, nobles ou non, ont ajouté une particule ou un nom de terre à leur patronyme.

Si le nombre de familles nobles subsistantes est estimé par Régis Valette à un peu plus de 3000, le nombre de familles non nobles subsistantes portant une particule est estimé par Pierre-Marie Dioudonnat entre 5000 et 6000.

Cas particuliersModifier

Un certain nombre de cas de figure peuvent créer une ambigüité auprès des personnes averties sur l'appartenance ou non d'une famille à la noblesse française :

  • Familles issues en ligne masculine et légitime de personnes ayant acquis la noblesse à titre personnel et non héréditaire, du fait de leurs fonctions (généralement certaines fonctions commensales et militaires, par exemple gardes du corps du roi, au sein de la Maison du roi et certaines fonctions de judicature). L'Ancien Régime ne reconnaissant pour noblesse que la noblesse héréditaire.
  • Familles de noblesse inachevée : Familles issues en ligne masculine et légitime de personnes dont l'accession à la noblesse héréditaire était en cours (fonctions de robe anoblissantes à l'expiration, généralement, de deux générations d'exercice[1]) à la veille de la Révolution de 1789. Ces familles sont dites de noblesse inachevée, la procédure d'accession ayant été suspendue (mais jamais annulée) et les charges anoblissantes abolies à cette date[2].
  • Familles issues en ligne masculine et légitime de personnes non nobles ou non héréditairement nobles ayant été convoquées en 1789 aux assemblées de l'ordre de la noblesse tenues à travers le royaume pour l'élection des députés et la rédaction des cahiers de doléances (la convocation ne s'adressait pas qu'aux nobles mais à tout possesseur de fief (noble ou non-noble). Le convoqué devait ensuite prouver sa noblesse pour pouvoir participer aux assemblées de la noblesse).
  • Familles issues en ligne masculine et légitime de bourgeois des bonnes villes françaises sous l'Ancien Régime (ville de Périgueux par exemple), leurs ancêtres ayant alors bénéficié de droits nobiliaires restreints[3], mais sans principe de noblesse héréditaire.
  • Familles issues en ligne masculine et légitime de porteurs de certains titres du XIXe siècle, accordés régulièrement par les Autorités françaises à titre viager, mais dont la confirmation héréditaire n'a pas été réalisée ou n'a pu être engagée du fait du refus de la République française de légiférer en la matière[4].

Familles françaises de noblesse étrangèreModifier

Il existe deux cas de figure :

  • Les familles françaises ayant obtenu un titre étranger héréditaire (comme la « noblesse pontificale » ) ou un anoblissement étranger (par exemple autrichien ou espagnol) qui n'a pas été reconnu en France.
  • Les familles d'origine étrangère et devenues françaises qui possèdent une noblesse régulière ou un titre de noblesse régulier de leur pays d'origine, mais qui n'a pas été reconnu en France.

Ces familles n'appartiennent pas à la noblesse française subsistante, mais appartiennent à la noblesse de leur pays d'origine ou du pays d'où leur noblesse est issue, sous réserve des règles en vigueur dans ce pays[5]. Un authentique membre de la noblesse belge ou espagnole ne devient pas noble d'apparence en accédant à la citoyenneté française (sous l'Ancien Régime, les familles nobles étrangères qui étaient naturalisées devaient obtenir des lettres de reconnaissance de noblesse si elles voulaient jouir des privilèges attachée à la noblesse française[5]. La République ne reconnaissant pas la noblesse, il ne peut y avoir depuis de telles reconnaissances). « Si cette noblesse ne peut figurer dans la noblesse française, il y aurait une grande inconséquence historique à la classer dans la noblesse fausse ou d'apparence »[5].

Notes et référencesModifier

  1. Principe dit de noblesse graduelle
  2. Instructions du Garde des Sceaux (6 mars 1789) : ... Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse mais qui ne l'ont pas acquise par vingt ans d'exercice ne sont pas considérées comme nobles, ...
  3. Restriction sur certains droits d'usage, notamment pour les fiefs, et noblesse personnelle exerçable sur le seul territoire de la bonne ville concernée, fors le droit de présentation ; droit de port d'armoiries non couronnées, etc.
  4. Bien que lesdits titres n'aient jamais été associés à un quelconque droit nobiliaire. Néanmoins, l'Association d'entraide de la noblesse française reconnait les titres d'Empire héréditaires comme principe de noblesse.
  5. a b et c Fernand de Saint-Simon & Etienne de Séréville, Dictionnaire de la Noblesse Française, Supplément, Editions Contrepoint 1977, page 527

BibliographieModifier

  • Pierre-Marie Dioudonnat, Le simili-nobiliaire français, Sedopols, Paris, 1976-2012
  • Bertrand Ogerau-Solacroup, Étienne de Séréville, Sire, de grâce... une particule ! (recueil alphabétique d'environ 22.000 familles particulées subsistantes ou ayant existé entre 1789 et aujourd'hui), 14 tomes
  • Jourdan, Decrusy, Ysambert, Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789 (Référence (volume XXe) en ligne), Paris, 1827

Voir aussiModifier