Nicolas-Gabriel Clerc, dit Le Clerc

médecin français

Nicolas-Gabriel Clerc, dit Le Clerc[1] né le à Baume-les-Dames, en Franche-Comté, mort le à Versailles, est un médecin, historien, essayiste et cartographe français. Il était un physiocrate convaincu[2] et un partisan des Lumières.

BiographieModifier

Issu d’une famille de médecins, Nicolas-Gabriel Clerc devient médecin lui-même ; il se distingue par des innovations dans la pratique. D’abord affecté à l’armée du Bas-Rhin, il est nommé premier médecin des armées du roi en Allemagne en 1757 ; il cherche à réformer des abus qui se sont introduits dans l’administration des hôpitaux militaires[2].

En 1759, à la demande de l’impératrice Élizabeth et avec l’agrément du roi Louis XV, il se rend en Russie, où ce pays vit sa propre époque des Lumières. Le général Kirill Razoumovski, hetman des cosaques, le choisit pour médecin, l’emmène avec lui dans un voyage à travers les principales cours de l’Europe, lui offrant au retour la propriété de la ville de Batourine, à condition de ne jamais le quitter, ce que Clerc refuse (il aurait passé le reste de sa vie en Russie). Il rentre en France en 1762 ; il y est nommé médecin du duc d’Orléans.

Il retourne en Russie en 1769, avec le titre de premier médecin du grand-duc et de directeur scolaire du corps impérial des cadets ; il devient inspecteur de l’hôpital de Paul[3], fondé à Moscou par le grand-duc. Pendant ce second voyage, et suivant les volontés de Louis XV, il rassemble les matériaux d’une histoire de la Russie — pays dont on ignorait à peu près tout, et revient en France en 1777, avec beaucoup de textes mais aussi de cartes établies à ses frais. En France toutefois on l’oublie rapidement, et les promesses qu’on avait pu lui faire demeurent vaines ; il décide alors de se retirer en Franche-Comté, sous le nom de Leclerc.

Puis on le rappelle à Versailles, afin, de nouveau, de réformer les abus dans les hôpitaux ; il est nommé président de la commission chargée en 1778 d’indiquer des redressements, et reçoit le titre d’inspecteur général des hôpitaux du royaume. Son premier mémoire reçoit l’approbation du ministère, mais les réformes sont ajournées, et Leclerc est de nouveau oublié. Il termine son histoire de Russie quand arrive la Révolution, qui le prive de ses pensions du ministère des affaires étrangères. Retiré à Versailles, il y meurt en 1798, à 73 ans ; il était membre honoraire de l’Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg[4], des académies de Besançon et de Rouen et, sous le précédent régime, chevalier de l'ordre du roi[5].

ŒuvresModifier

PublicationsModifier

CartesModifier

LittératureModifier

Traductions du russeModifier

  • Ivan Ivanovitch Betzky, Les plans et les statuts des différents établissements ordonnés par Sa Majesté Impériale Catherine II, pour l'éducation de la jeunesse et l'utilité générale de Son Empire, 1775 : t. 1 ; t. 2, avec une addition de Diderot[13]
  • Ivan Ivanovitch Betskoy, Éducation morale et physique des deux sexes, pour les rendre aussi utiles aux autres qu’à eux-mêmes, Besançon, 1777, in-4°[11]

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Nicolas Gabriel Clerc prit le nom de Leclerc après avoir reçu des lettres de noblesse, probablement vers 1778. » Dulac, dans Dictionnaire.
  2. a et b Dulac, dans Dictionnaire.
  3. Sur cet hôpital : G. Lecointe de Laveau, Description de Moscou : contenant tout ce que cette capitale offre de curieux et d'intéressant ; ses monuments les plus remarquables; ses établissemens, ses administrations; sa topographie, sa statistique, son commerce, vol. 2, p. 446.
  4. Notice de la Большая биографическая энциклопедия.
  5. Nicolas Viton de Saint-Allais et al., Nobiliaire universel de France, vol. 10, 1876, p. 225.
  6. A. L. J. Bayle et Auguste Thillaye, « Clerc (Nicolas-Gabriel) » dans Biographie médicale par ordre chronologique d'après Daniel Leclerc, Éloy, etc…, t. 2, Paris, Adolphe Delahays, 1855, p. 511.
  7. Gazette littéraire de l'Europe, vol. 14, p. 469.
  8. Nicolas Éloy, « Clerc, (N.) », dans Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, t. 1, 1778, p. 661.
  9. Son fils (1757-1816).
  10. « [L]a description de l'empire de Russie est entièrement de lui » [d'Antoine-François Le Clerc] : Weiss.
  11. a et b Weiss.
  12. D'après la notice de la Большая биографическая энциклопедия, « il a écrit plusieurs romans ».
  13. Betskoy, qui passait pour le père biologique de l'impératrice, était dans le cercle des Lumières, particulièrement Rousseau, et Diderot, qui le fit éditer.

Liens externesModifier