Nature morte avec planche à dessin et oignons

peinture de Vincent van Gogh
Nature morte avec planche à dessin et oignons
Van Gogh - Stillleben mit Zeichenbrett, Pfeife, Zwiebeln und Siegellack.jpeg
Artiste
Date
Type
Matériau
Lieu de création
Dimensions (H × L)
49,6 × 64,4 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
KM 111.075Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Nature morte avec planche à dessin et oignons est un tableau réalisé par le peintre néerlandais Vincent van Gogh en 1889. Cette huile sur toile est une nature morte représentant un dessus de table où l'on distingue notamment quatre oignons, une pipe et un livre, l'Annuaire de la santé de François-Vincent Raspail. Elle est conservée au musée Kröller-Müller, à Otterlo.

ContexteModifier

Le 23 décembre 1888, Van Gogh est pris d'un accès de folie où il se coupe l'oreille, il entre à l'hôpital d'Arles le 25 décembre et en ressort le 7 janvier 1889. Il connait alors une phase de répit où, dans ses lettres à Théo, il explique qu'il s'est remis à peindre des natures mortes. La première d'entre elles est Nature morte avec planche à dessin et oignons (janvier 1889)[1],[2].

Van Gogh est alors dans l'année qui précède celle de sa mort, survenue en juillet 1890.

DescriptionModifier

Sur une table, Van Gogh a déposé une assiette d'oignons sur une planche à dessin. Elle est entourée d'objets : une bouteille vide et un pichet ou un broc plein (de vin ou de café), une bougie en train de se consumer, une boite d'allumettes et de la cire à cacheter, un manuel (l'annuaire de la santé de Raspail), une enveloppe timbrée, une pipe et du tabac[1],[2].

L'œuvre joue sur un contraste de couleurs, le jaune de la planche à dessin en coup de pinceau horizontal, le vert et le bleu (notamment du carrelage) en vertical. Les couleurs sont cependant moins intenses et les contrastes moins violents, mieux contrôlés que dans ses œuvres de l'été-automne 1888, alors qu'il était encore avec Gauguin[1],[2].

InterprétationsModifier

Cette nature morte est interprétée comme un autoportrait, car Van Gogh présente des objets qui font sens dans sa vie quotidienne, en rapport avec une symbolique personnelle.

La chandelle allumée représente le temps qui passe, celui qui lui reste à vivre, dans la tradition picturale des vanités. Les autres objets sont ceux qui l'aident à vivre. La bouteille vide (probablement d'absinthe) semble indiquer qu'elle a été remplacée par le vin ou le café, la pipe et le tabac. La vie de Van Gogh parait dépendre aussi des oignons (la nourriture des pauvres), de sa correspondance avec son frère Théo (l'enveloppe timbrée), et du manuel de santé de Raspail dont il suivait les conseils[2],[3],[4].

L'enveloppe timbrée a fait l'objet d'une analyse particulière : il s'agirait d'une lettre recommandée timbre normal de 15 centimes et timbre supplémentaire de 25 centimes. La marque postale 67 correspond au bureau de poste de la place des Abbesses, de Paris Montmartre, où la lettre recommandée a été affranchie. La lettre serait donc celle reçue le 23 décembre 1888 de son frère Théo et qui contenait aussi un billet de cent francs[5].

PostéritéModifier

Le tableau fait partie des « 105 œuvres décisives de la peinture occidentale » constituant le musée imaginaire de Michel Butor[6].

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) « Still life with a plate of onions », sur krollermuller.nl (consulté le )
  2. a b c et d (en-US) Delectant, « Still-life with a plate of onions, Vincent van Gogh », sur DELECTANT (consulté le )
  3. Francis Rousseau, « A Still Life Collection: Vincent van Gogh (1853-1890)- Nature morte - Planche à dessiner avec oignons », sur A Still Life Collection, (consulté le )
  4. « To Theo van Gogh. Arles, Wednesday, 9 January 1889. - Vincent van Gogh Letters », sur www.vangoghletters.org (consulté le )
  5. « To Theo van Gogh. Arles, Thursday, 17 January 1889. - Vincent van Gogh Letters », sur www.vangoghletters.org (consulté le )
  6. Michel Butor, Le Musée imaginaire de Michel Butor : 105 œuvres décisives de la peinture occidentale, Paris, Flammarion, , 368 p. (ISBN 978-2-08-145075-2), p. 282-283.

Liens externesModifier