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Napuka

atoll de Polynésie française

Napuka
Vue satellite de la NASA
Vue satellite de la NASA
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 14° 10′ 17″ S, 141° 13′ 56″ O
Superficie km2
Point culminant non nommé (7 m)
Géologie Atoll
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Commune Napuka
Démographie
Population 234 hab. (2017[1])
Densité 29,25 hab./km2
Plus grande ville Tepukamaruia
Autres informations
Découverte 1765
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Napuka
Napuka

Géolocalisation sur la carte : Archipel des Tuamotu

(Voir situation sur carte : Archipel des Tuamotu)
Napuka
Napuka
Atolls en France

Napuka est un atoll situé dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie française dans le sous-groupe des Îles du Désappointement. Celui-ci est le chef-lieu de la commune de Napuka.

GéographieModifier

SituationModifier

Atoll très isolé justifiant ainsi son nom d'« île de la Désolation », Napuka est situé à 17 km au sud-est de Tepoto Nord, la plus proche île, à 185 km au nord de Fangatau et 195 km au nord-est de Takume, ainsi qu'à 935 km au nord-est de Tahiti. Il est également l'atoll des Tuamotu le plus proche des îles Marquises.

Napuka est un atoll approximativement ovale de 11 km de longueur et de 5 km de largeur maximales pour une surface de 8 km2 de terres émergées répartis sur une trentaine de motus. Son lagon fait 18 km2 de superficie totale, mais est dépourvu de passe navigable permettant la communication avec l'océan.

DémographieModifier

En 2017, la population totale de Napuka est de 234 personnes[1],[2] principalement regroupées dans le village de Tepukamaruia (ou Te Puka Maru Ia) situé sur le motu ouest nommé Ogoio ; son évolution est la suivante :

1983 1988 1996 2002 2007 2012 2017
264 279 319 255 272 299 234
Sources ISPF[3] et Gouvernement de la Polynésie française.

L'atoll de Tepoto Nord avec lequel il forme la commune de Napuka regroupe environ 75 habitants.

HistoireModifier

Découverte par les EuropéensModifier

 
Dessin, par l'Américain A.T. Agate, d'un habitant de Napuka en 1839.

La première mention de l'atoll par les Européens est faite par l'explorateur britannique John Byron le [4],[5] qui nomme l'atoll Wytoohee Island ou île de la Désolation[6]. Il est abordé le 23 août 1839 par le navigateur américain Charles Wilkes lors de son expédition australe[4].

Vers le milieu du XIXe siècle, Napuka connut une immigration venue de l'île de Fatu Iva, dans l'archipel des Marquises, en raison d'une guerre qui vit s'affronter la tribu des Anainoapa d'Hanavave à celle des Tiu d'Omoa. Ces derniers, vaincus, s'enfuirent sur des radeaux de bambous, et s'installèrent à Napuka, où leurs descendants vivent toujours[7].

Période contemporaineModifier

Au XIXe siècle, Napuka devient un territoire français peuplé alors de près de 80 habitants autochtones vers 1850[8]. Du fait de son isolement Napuka, avec Tepoto, fut l'un des derniers des Tuamotu à voir reculer les coutumes polynésiennes traditionnelles et ses spécificités linguistiques (le paumotu parlé à Napuka et Tepoto est l'une des sept variantes de cette langue polynésienne), et à être évangélisé, en 1878. Pour cette raison, ces atolls eurent un intérêt de premier plan pour les études ethnographiques et archéologiques de la première moitié du XXe siècle avec deux missions conduites en 1929 et 1934 par Kenneth Emory[9].

Le , l'église du Sacré-Cœur est consacrée à Tepukamaruia[10] ; elle est rattachée à la paroisse homonyme (fondée en 1856) dépendant du diocèse de Papetee[11].

Faune et floreModifier

L'atoll accueille une population endémique de Rousserolles à long bec[12]. Il est aussi un important lieu de ponte de tortues marines.

Le motu nord possède également un reliquat de la forêt originelle de l'atoll.

ÉconomieModifier

Napuka possède depuis 1977 un aérodrome avec une piste de 900 mètres de longueur (code AITA : NAU • code OACI : NTGN) qui permet de relier l'atoll au reste des Tuamotu et de favoriser l'activité touristique. Il accueille, en moyenne, environ 120 vols et 1 400 passagers par an, dont 30% en transit[13]. Une jetée de 650 m se raccordait au motu nord jusqu'à sa destruction par l'assaut répété de la houle.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Recensement de 2017 – Répartition de la population de la Polynésie française par îles, Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  2. Atlas de Polynésie : Napuka, Direction des ressources marines du Gouvernement de la Polynésie française, consulté le 27 février 2019.
  3. Population, naissances et décès entre deux recensements (RP), Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  4. a et b Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), p. 275-282.
  5. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p. 61.
  6. (en) Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, vol. 8, no 4, décembre 1899, p. 264-8.
  7. Ève Sivadjian, Les Iles Marquises, archipel de mémoire, Paris, Autrement, coll. « Monde / HS no 16 », (ISBN 978-2-86260-898-3, LCCN 00333555), p. 67-68.
  8. Notices sur les colonies françaises, Étienne Avalle, éditions Challamel aîné, Paris, 1866, p. 639.
  9. Mémoire de pierre, mémoire d'homme : Tradition et archéologie en Océanie par Michel Julien, Catherine Orliac, Michel Orliac, Presses de la Sorbonne, vol. 23, 1996, (ISBN 9782859442989) p. 75-79.
  10. Église du Sacré-Cœur de Napuka sur le site www.tahitiheritage.pf
  11. Paroisse du Sacré-Cœur sur le site l'archidiocèse de Papeete.
  12. (en) Review of the protected areas system in Oceania Arthur L. Dahl, IUCN Commission on National Parks and Protected Areas, United Nations Environment Programme, éd. IUCN, 1986, (ISBN 9782880325091), p. 206.
  13. Statistique de l'aérodrome de Napuka, Union des aéroports français, consulté le 28 février 2019.