Mouvement de protestation des policiers français de fin 2016

Le mouvement de protestation des policiers de fin 2016 dit des « policiers en colère » fait suite à une attaque de policiers à Viry-Châtillon début au cours laquelle deux voitures de police sont incendiées et deux policiers gravement brûlés. Les manifestations des policiers se font le plus souvent, au moins au début, hors du cadre syndical traditionnel. Les revendications des policiers portent sur des questions d'effectifs, d'équipement et sur les relations entre la justice et la police ainsi qu'une redéfinition de principe de légitime défense pour l'emploi d'armes à feu.

Contexte généralModifier

Le mouvement débute et se poursuit après le troisième usage d'un cocktail Molotov contre les forces de l'ordre en seulement quelques mois. Le lors d'une manifestation contre la loi El Khomri, un policier est blessé par un de ces engins[1],[2]. Le , en marge d'une manifestation contre la loi El Khomri, une voiture de police est incendiée par des manifestants ; dans ce cas les policiers (ou les adjoints de sécurité) ont le temps de sortir de la voiture[3].

Début octobre, deux policiers sont gravement brûlés dans l'attaque de policiers à Viry-Châtillon[4].

Le des policiers sont pris à partie par des jeunes qui lancent des cocktails Molotov sans faire de blessés[réf. nécessaire]. Le , à Dijon, des pompiers et des policiers qui interviennent pour éteindre un feu de voiture sont pris à partie par des individus qui leur lancent des cailloux et un cocktail Molotov[5].

HistoriqueModifier

Création de l'association « Le mouvement des policiers en colère »Modifier

Le mouvement de protestation se traduit également surtout au début par une méfiance envers les syndicats de policiers. Le , une association nommée Mouvement des policiers en colère est créée par des policiers non syndiqués[6]. Cette association refuse toute subvention gouvernementale[6].

ManifestationsModifier

Le mouvement commence le avec une manifestation sur les Champs-Élysées[7]. Le , les syndicats qui cherchent à reprendre le contrôle du mouvement appellent à des rassemblements tous les mardis de 13 à 13h30 devant les palais de justice[8] et le , France info titre « plus d'un millier de policiers descendent de nouveau dans les rues »[9]. Le , 200 policiers manifestent entre la Concorde et l'Arc de Triomphe[réf. souhaitée] et le vendredi à l'Arc de triomphe[10]. Le Dauphiné du 04/12/2016 signale que le mouvement de protestation se poursuit. Il signale 350 manifestants à Lyon, 200 à Marseille, 150 à Bordeaux et quelques dizaines à Metz et Paris[11].

RevendicationsModifier

Plusieurs revendications semblent émerger[12] :

  • Une révision de la notion de légitime défense. Le , le Conseil des ministres examine un projet de loi visant à aligner les modalités d'emploi des armes des policiers sur celui des gendarmes[13].
  • Le problème des effectifs et des charges dites indues : gardes statistiques des palais de justice, des préfectures, des détenus dans les hôpitaux etc.[7].
  • Des peines plus sévères pour les agresseurs de policiers[7].

NégociationsModifier

Le les policiers sont reçus par le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve[7]. Le les syndicats de policiers sont reçus par le Président de la République, François Hollande[8].

OppositionsModifier

Durant la même périodes ont lieu des manifestations contre la violence policière[14].

Suite judicaireModifier

En , 13 prévenus sont renvoyés devant une Cour d'assises (France)[15].

Notes et référencesModifier

  1. Guillaumme Jeanson, « Cocktail Molotov contre CRS : le spectacle d'une fin de règne », Le Figaro du 19/09/2016
  2. Lelab.europe1
  3. Vingt minutes du 20/05/2016
  4. Direct Matin avec AFP, « Viry-Châtillon : l’enquête confiée à deux juges », Direct Matin,‎ (lire en ligne).
  5. [1]
  6. a et b Alexandra Gonzalez et Alexandra Milhat, « "Mouvement des policiers en colère": une association créée officiellement », sur bfmtv.com, (consulté le ).
  7. a b c et d « Après leur rencontre avec Bernard Cazeneuve, deux policiers appellent leurs collègues à suspendre le mouvement », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. a et b « Policiers en colère : les syndicats tentent de reprendre la main », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. « Plus d'un millier de policiers descendent de nouveau dans la rue », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Policiers en colère : nouveau rassemblement à l'Arc de Triomphe », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Policiers : la grogne ne s’éteint pas », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. BFMTV, « Le patron des policiers, Jean-Marc Falcone, ne veut pas revoir les règles de légitime défense », BFMTV,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Légitime défense des policiers : de nouvelles règles », Europe 1,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. lefigaro.fr, « Saint-Étienne: dégradations après une manifestation pour 'désarmer la police' », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. L'express du 13/07/2017