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Mobo Gao
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Mobo Gao (de son nom complet Mobo Chang Fan Gao ou encore en abrégé Mobo C. F. Gao), est né en 1952[1] à Gao dans le Jiangxi en Chine, dans une famille paysanne pauvre.

Naturalisé australien[2], il est professeur de chinois et de civilisation chinoise à l'université d'Adélaïde en Australie où il dirige depuis 2008 l'Institut Confucius.

Sommaire

BiographieModifier

Fils de paysans pauvres, Mobo Gao naît en 1952 dans un petit village du nom de Gao dans la province de Jiangxi en Chine[3]. Il n'y a pas l’électricité dans son village à l'époque. Il s’acquitte de toutes sortes de tâches domestiques : vider les seaux hygiéniques, nettoyer la porcherie, pousser une brouette[4].

Pendant le Grand Bond en avant son village connaît une famine pendant une brève période : âgé de 7 ans, il doit aller dans les collines, sur les rives des cours d'eau, le long des haies et dans les marécages pour trouver des plantes sauvages comestibles mais personne ne meurt de faim[5].

Au début de la révolution culturelle prolétarienne, il devient instituteur « aux pieds nus » dans l'école du village. Pour s'exercer à la calligraphie, il récupère de vieux papiers qui s'avèrent être d'anciens registre généalogiques claniques. Accusé d'avoir sauvegardé des documents « féodaux », il est démis de son poste et soumis à des séances d'autocritique[6].

En 1973, à l'âge de 21 ans, il quitte son village natal pour aller étudier l’anglais à l’université de Xiamen dans la province de Fujian[7]. Il se rend ensuite, en 1977, au Royaume-Uni[8], où il étudie à l'université du pays de Galles et à l'université de Westminster à Londres. Il passe sa maîtrise et son doctorat à l’université de l’Essex à Colchester[4].

Spécialisé en chinois et civilisation chinoise, il est chercheur invité chargé de cours (visiting fellow) à l'université d'Oxford en Grande-Bretagne et à l'université d'Harvard aux États-Unis.

En 1990, il émigre en Australie[9]. Il enseigne à l’université de Tasmanie à Hobart comme professeur associé (associate professor) d'études chinoises à l'école des études et langues asiatiques : sa manière charismatique de faire cours est restée légendaire[10],[4]. Il rejoint ensuite le corps professoral de l'université d'Adélaïde en tant que maître de conférences (senior lecturer).

En 2008, il est nommé directeur de l’Institut Confucius à l'université d'Adélaïde[4],[11], institut créé en 2007 en partenariat avec l'université de Shandong[12].

Au nombre de ses thèmes de recherche :

  • la Chine rurale,
  • la politique et la culture chinoises contemporaines,
  • l’émigration chinoise en Australie,
  • les grands médias[4].

Chaque année, Mobo Gao retourne dans son village natal rendre visite à son frère qui y vit toujours[2].

Mobo Gao est aussi haut conseiller auprès de l'association sino-australienne des entrepreneurs (China-Australia Entrepreneurs Association Incorporated ou CAEAI[13].

Accueil critiqueModifier

Mobo Gao s'est fait connaître par son premier livre, Gao Village: Rural Life in Modern China, paru en 1999. « Ce livre remarquable », déclare John Gittings, correspondant de The Guardian pour l'Extrême-Orient, « nous emmène au cœur de la Chine rurale comme cela n'avait jamais été fait auparavant. » Pour ce journaliste, la métamorphose du jeune paysan Mobo Gao en professeur d'université à l'étranger donne à ce dernier un point de vue sans pareil. Les changements dans son village ont été bien plus complexes que ne le suggère l'historiographie de la Chine moderne. Le livre montre que la révolution culturelle avait des aspects positifs et que les réformes conduites depuis ont eu des résultats mitigés. La vie décrite est celle d'un village où les liens du clan sont forts et où la seule issue est de devenir travailleur migrant[14]. Mobo Gao est aussi l'auteur de The Battle for China’s Past: Mao and the Cultural Revolution, un ouvrage publié en 2008.

Le journaliste britannique Michael Rank, dans un article du Guardian[15], note que Mobo Gao semble sous-entendre que la colère des paysans chinois contre les réformes postérieures à l'époque de Mao Zedong exonère le chaos de la révolution culturelle. Il trouve Mobo Gao virulent quand il écrit que les critiques adulatrices de Mao. L'histoire inconnue de Jung Chang et Jon Halliday sont un « scandale intellectuel »[16], propos qu'il reprend dans Was Mao Really a Monster? et que Charles W. Hayford qualifie de polémiques[17]. Pour Rank, les attaques personnelles de Mobo Gao contre Jung Chang en viennent à être gênantes, et sa défense de la révolution culturelle ne l'a pas convaincu. Mobo Gao cite un document des gardes rouges interdisant la victimisation des enfants de hauts fonctionnaires, alors que dans les faits, ils ont été terriblement persécutés[16]. Le fait que 542 titres de revues aient été publiées pendant cette période n'est guère la preuve d'un débat politique intense, ajoute-t-il, car ils étaient tous obligés de suivre la ligne du parti. Rank estime toutefois que Gao a raison de mettre en lumière les inégalités actuelles et trouve que ses commentaires sur Mao donnent ample matière à réflexion[16].

PublicationsModifier

Source :

LivresModifier

Mobo Gao est l’auteur de quatre livres :

  • Gao Village: Rural Life in Modern China, (London: C. Hurst & Co. (Publisher) LTD; Hawaii: Hawaii University Press; Hong Kong: Hong Kong University Press; Bathurst: Crawford House Publishers, Australia, 1999, reprinted in paper back by Hawaii University Press in 2007.
  • A Reference Grammar of Mandarin Chinese, Queensland: XACT Publications, 2000.
  • Mandarin Chinese: An Introduction, Melbourne: Oxford University Press, 2000, reprinted in 2002.
  • The Battle of China’s Past: Mao and the Cultural Revolution [PDF], London: Pluto, 2008.

Ouvrages collectifsModifier

Il a collaboré à divers ouvrages collectifs (depuis 1994) :

  • Chinese What Chinese: The Politics of Authenticity and Ethnic Identity, in Lee guan Kin, ed., National Boundaries and Cultural Configurations, Centre for Chinese Language and Culture and Global Publishing Co. Pte. Ltd, sous presse.
  • China and Capitalism: If Market Capitalism Is Good for the West, Why Is Capitalism with Chinese Characteristics Bad?, Critical Perspectives on China's Economic Transformation, Introduction par Hari P. Sharma, Delhi, Daanish Bookjs, 2008
  • The Question of Land: An Alternative Model to Modernity?, in Joseph Cheng, ed., Challenges and Policy Programmes of Chinese Next Leadership, City University of Hong Kong Press, Hong Kong, 2007, p. 413–434.
  • Chinese Media Coverage of 9/11, with Ming Liang, in Tomasz Pludowski, ed., How the World's News Media Reacted to 9/11. Essays from Around the Globe, Marquette Books, Spokane, WA, 2007, p. 186–205.
  • 關于「文化大革命」的記憶、思考和爭論:解讀「浩劫」話語 (Memories of the Cultural Revolution: Deconstructing the Holocaust Discourse), in Song Geng ed., Globalization and Chineseness: Postcolonial Readings of Contemporary Culture (全球化與「中國性」:當代文化的後殖民解讀), Hong Kong University Press, Hong Kong, 2006, p. 247–260.
  • Introduction, in Eric Shaoquan Zhang, The Impact of ELT on Ideology in China (1980-2000), Shanghai, Central China Normal University Press, 2006, p. 1–10.
  • Communist Economic Model, in Thomas M. Leonard, ed., Encyclopaedia of the Developing World, Vol. 1, Routledge, New York and Oxon, 2006. p. 385–387.
  • 书写历史和高家村 (Writing History and Gao Village), in Luo Gang, 年思想文集 (Collected Writings on Ideas in 2004), 桂林:广西师大出版社 2004, p. 266–273.
  • The Rise of Neo-Nationalism and the New Left: A Post-Colonial and Postmodernism Perspective, in Leong Liew and Shaoguang Wang, eds., Nationalism, Democracy and National Integration in China, Routledge/Curzon, Londres, 2004, p. 44–62.
  • The Great Wall that Divides Two Chinas and the Rural/Urban Disparity Challenge, in Joseph Cheng, ed., China's Challenges in the Twenty-First Century, City University of Hong Kong Press, Hong Kong, 2003, p. 533–557.
  • 运用第一语言来学习第二语言 (Learn the Second language by Using the First Language), in Zhang Dexing and Li Xiaoqi, eds., 队以英语为母语的汉语教学研究 (Teaching Chinese to Students Whose Mother Tongue is English), 北京:人民教育出版社, 2002, p. 296–308.
  • Influence of Native Culture and Language on Intercultural Communication: the Case of PRC Student Immigrants in Australia, in Jens Allwood and Beatriz Dorriots, eds., The Diversity of Intercultural Communication, Papers in Anthropological Linguistics 28, Boteborg University, Boteborg, 2002, p. 33–53.
  • 从一个极端到另一个极端:是否该偏正一点儿? (From One Extreme to Another: Is It Time to Adjust the Swing of the Pendulum?), in Yang Jianli, ed., 红色革命和黑色造反(Red Revolution and Black Rebellion)Boston: Twenty-First Century Book Series Foundation for China in the 21st Century, 1997, p. 17–34.
  • Welfare Problems and Needs for Migrant Workers in South China, Chapter 6, in Wing Lo and Joseph Cheng, eds., Social Welfare Development in China, Constraints and Challenges, Imprint Publications, Chicago, 1997, p. 101–120.
  • Self-Reference Materials: A Grammar Hand Book, in Mary Farquhar and Penny McKay eds., China Connections: Australia Business Needs and University Language Education, National Language and Literacy Institute of Australia, Canberra, 1996, p. 246–257.
  • Migrant Workers from Rural China: Their Conditions and Some Social Implications for Economic Development in South China, in David Schak ed., Entrepreneurship Economic Growth and Social Change: The Transformation of Southern China, Centre for the Studies of Australian and Asian Relations, Queensland, 1994, p. 21–38.

Articles de revuesModifier

Il a écrit de nombreux articles dans des revues universitaires ou de recherche sur papier ou en ligne (depuis 1990), entre autres : Portal, The International Journal of Humanities, Journal of Chinese Australia, China Study Group, Critical Asian Studies, Asia Media, Asian Studies Review, China Information, Pacific Asian Education, The Hong Kong Journal of Social Sciences, Journal of Contemporary Asia, Intercultural Communication, Bulletin of Concerned Asian Scholars (États-Unis), China Report (Nouvelle-Delhi), International Migration Quarterly Review (Oxford and Malden), Pacific - Asian Education (Canberra), Ming Pao Monthly (Hong Kong), The Babel (Adelaide), The Copenhagen Journal of Asian Studies (Copenhague), China Rights Forum (New York), Australian Journal of Linguistics (Canberra), Proceedings of Leiden Conference for Junior Linguists, New Statesman, Chinese News Digest, 中国2000论坛 (journal en ligne), China and World (journal en ligne), Australian-China Review, Australia-Asian Society of Tasmania Newsletter.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Gao, Mobo C. F., 1952.
  2. a et b (en) Andrew Kipnis, compte rendu de Mobo Gao's Gao Village: Rural life in modern China, in The China Journal, No 43, jan. 2000, pp. 181-183, en part. p. 181 : « Though he left there in 1973 to study English at Xuamen University and eventually became an Australian academic, Gao has returned to the village frequently and maintained close contact with his rematives there. »
  3. (en) Mobo Gao: Challenging Official Verdicts on Mao’s Cultural Revolution, sur le site Kasama, November 6, 2008: « Mobo Gao grew up in a Chinese village, the child of peasants. »
  4. a b c d et e Biographie sur le site de l'université d'Adélaïde
  5. (en) Mobo Gao, Gao Village: Rural life in modern China, University of Hawaii Press, 1999, pp. 75, 129, 140 : « I do not recall any serious famine except for a brief period during the Great Leap Forward. - I was only seven at that time, but because of the famine, I had to go to the hillside, river banks, field hedges and marshland to pick wild vegetables to eat. - there was a famine in Gao village as a consequence of the Great Leap Forward but no one actually died of starvation. »
  6. (en) Compte rendu de Gao Village: A Portrait of Rural Life in Modern China, in China Review International, vol. 9, No 1, Spring 2002, p. 106 : « In the early 1970s, when Gao was a "barefoot" teacher in the village school, he took some waste paper [...] in order to practise calligraphy [...], actually part of a collection of clan genealogical records, documents dubbed "feudalist" in the fervor of the Cultural revolution [...]. Ultimately accused of preserving feudalist records, Gao was suspended from the teaching job and struggled against by his teacher colleagues. »
  7. (en) Compte rendu de Gao Village: Rural Life in Modern China, in The Chinese Journal (Australian National University), No 43, jan. 2000, p. 181 : « he left there in 1973 to study English at Xiamen University. »
  8. Mobo Gao, The Battle of China’s Past, op. cit. : « I myself went to the UK as student before Chang in 1977, along with 17 others. »
  9. (en) Mobo Gao, The Battle of China’s Past: Mao and the Cultural Revolution, Pluto Press, Londres, 2008, p. xi : « In 1985 I left China again and stayed in Britain till 1990 when I emigrated to Australia. »
  10. (en) New Confucius Institute head at Chinese New Year, University News and Events, The University of Adelaide, 6 février 2008 : « Professor Gao comes to the University of Adelaide from the University of Tasmania where he was Associate Professor of Chinese Studies in the School of Asian Studies and Asian Languages. »
  11. Biographie sur le site du Confucius Institute
  12. (en) New Confucius Institute head at Chinese New Year, University News and Events, The University of Adelaide, 6 février 2008 : « At the University of Adelaide, Professor Gao will lead the new Confucius Institute, launched last year in partnership with Shandong University. »
  13. (en) SA Chinese community representatives attend the Fifth Conference of Confucius Institute, sur le site du CAEAI, 2010-12-12 : « senior advisor of CAEAI). »
  14. Citation prise à John Gittings, correspondant de The Guardian pour l'Extrême-Orient, in (en) Mobo C. F. Gao, Gao Village: A Portrait of Rural Life in Modern China, C. Hurst & Co. Publishers, 1999, 288 pages, p. 288 : « 'This remarkable book takes us to the hear of rural China in a way never achieved before. Mobo Gao's transition from peasant youth to university lecturer abroad has given him a unique perspective. Change in his home village has been far more complex than the China-watching view of modern history would suggest. He convincingly shows that the Cultural Revolution had some positive results and that reforms since then have produced mixed results. This is life on the ground where village clans remain strong and the only way out is to become a migrant worker. The book is packed with illuminating detail on the basics of rural life over four decades valuable material for research and fascinating for anyone to read.' »
  15. (en) Michael Rank, The revolution, revised, The Guardian, 19 avril 2008.
  16. a b et c (en) Michael Rank, The revolution, revised, The Guardian, 19 avril 2008 ; « in noting that farmers are angry about the post-Mao reforms which have brought massive corruption and inequalities, Gao seems to imply that these problems vindicate the chaos of the cultural revolution. He is scathing about Mao: The Untold Story by Jung Chang and Jon Halliday, saying that the adulatory reviews it received are an "intellectual scandal". But Gao's attacks on Chang are sometimes uncomfortably personal, while his defence of the cultural revolution failed to convince me. He quotes a Red Guard document forbidding the victimisation of the children of senior officials, yet in practice they were appallingly persecuted. While the fact that 542 magazines were published in that period is hardly proof of intense political debate as they all toed the party line. But Gao is right to highlight the iniquities behind the glitter of present-day China, and his comments on Mao are thought-provoking ».
  17. (en) Charles W. Hayford, WAS MAO REALLY A MONSTER?: The Academic Response to Chang and Halliday’s Mao: The Unknown Story. Edited by Gregor Benton and Lin Chun. London and New York: Routledge, 2010. viii, 199 pp. (ISBN 978-0-415-49330-7), in Pacific Affairs, vol. 84, No. 2, June 2011.