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Massacre de Koulogon

Massacre de Koulogon
Date
Lieu Koulogon, près de Koulogon Habbé (Mali)
Victimes Civils peuls
Morts 37[1]
Auteurs Milice de chasseurs dozos dogons
Guerre Guerre du Mali
Coordonnées 14° 38′ 00″ nord, 3° 14′ 00″ ouest

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Massacre de Koulogon

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Massacre de Koulogon

Le massacre de Koulogon a lieu le , pendant la guerre du Mali. Il est commis dans le village peul de Koulogon, près de Koulogon Habbé, dans le centre du Mali, par des miliciens dogons.

Sommaire

ContexteModifier

En 2015, la région de Mopti, dans le centre du Mali devient le théâtre d'attaques djihadistes avec l'apparition de la katiba Macina, dirigée par le prédicateur peul Amadou Koufa[1]. Mais à partir de 2017, les violences prennent un caractère communautaire, opposant Dogons et Bambaras, traditionnellement agriculteurs, aux Peuls, traditionnellement éleveurs, et qui sont amalgamés aux djihadistes[1],[2],[3]. Des milices sont formées, comme l'Alliance pour le salut au Sahel (ASS), peule, et Dan na Amassagou, qui regroupe des chasseurs dozos dogons[4]. Au cours de l'année 2018, ce conflit communautaire cause la mort de plus de 500 civils selon l'ONU[1].

DéroulementModifier

Le , des hommes armés, vêtus de la tenue des chasseurs dozos, attaquent le village de Koulogon, dans la commune de Koulogon Habé, dans le cercle de Bankass[1],[5]. Les assaillants arrivent dans le village à moto, vers six heures du matin[5]. Ils sont identifiés comme étant des Dogons et sont équipés d'armes lourdes et non des fusils de chasse traditionnels des dozos[1],[5]. Plusieurs dizaines d'hommes se dirigent d'abord vers la mosquée, où ils ouvrent le feu[5]. Des villageois sont tués dans leurs maisons[6]. Certains habitants tentent de se réfugier chez le chef du village, Moussa Diallo, mais ce dernier est assassiné, ainsi que plusieurs membres de sa famille, dont une petite fille et des vieilles femmes[1],[5]. Plusieurs maisons sont incendiées et les villageois qui échappent à la tuerie prennent la fuite[1],[5].

L'armée malienne se rend sur les lieux dans les heures qui suivent la tuerie, mais le village est totalement abandonné[5].

BilanModifier

Selon le gouvernement malien, la tuerie cause la mort de 37 civils[1]. Parmi les victimes figurent trois femmes et plusieurs enfants[5]. Plusieurs personnes sont également blessées[1]. Les corps sont enterrés dans une fosse commune[7].

RéactionsModifier

Dans son communiqué, le gouvernement malien déclare que « les auteurs des crimes seront punis avec toute la rigueur de la loi » et appelle « l'ensemble des communautés de la zone centre au calme »[1]. Mais l'association culturelle peule Tabital Pulaaku dénonce pour sa part l'inaction des autorités maliennes et appelle au désarmement des milices[2].

L'attaque est également condamnée par la MINUSMA[6].

La France se déclare également « préoccupée par l’augmentation des meurtres et violences graves à l’encontre des civils dans le centre du Mali depuis quelques mois » et « appelle à une réaction forte des autorités maliennes pour que ces crimes fassent l’objet sans délai d’enquêtes et que leurs auteurs soient poursuivis et sanctionnés »[8].

Le 2 janvier, Dan na Amassagou dément être à l'origine du massacre, qu'il condamne et qualifie d'« acte barbare commis par les ennemis de la paix », dans un communiqué signé par le chef de sa branche militaire, Youssouf Toloba[9],[8].

SuitesModifier

Le soir du 2 janvier, le gouvernement malien affirme avoir arrêté sept suspects[8].

Le 4 janvier, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta se rend sur les lieux du massacre et annonce l'édification d'une base permanente de l'armée malienne à Koulogon[7]. Une enveloppe de 10 millions de francs CFA est également allouée pour l'aide aux victimes et la reconstruction du village[7].

RéférencesModifier