Marie-Laure Legay

Marie-Laure Legay, née le à Laval (département de la Mayenne) est une historienne française, spécialiste de l’histoire politique et financière de l’Europe à l’époque moderne. Elle est actuellement professeure des universités à Lille (département du Nord)[1].

BiographieModifier

Après avoir suivi des études de lettres (hypokhâgne, khâgne) et de Sciences politiques (Institut d’études politiques de Grenoble ; Institut d’Urbanisme de Grenoble), Marie-Laure Legay s’engagea d’abord dans des missions de développement économique auprès des villes (Echirolles dans le département de l’Isère, Cambrai dans le département du Nord), avant de s’orienter vers la recherche et l’enseignement. Lauréate au concours externe de l’agrégation d’histoire (1994), elle devint maîtresse de conférences (1999) puis professeure (2010) à l’université de Lille.

Sa thèse, menée sous la direction du professeur Philippe Guignet et soutenue en 1998, étudie les assemblées des états provinciaux aux XVIIe et XVIIIe siècles en intégrant les analyses de la science politique et de la sociologie des organisations. Publiée en 2001 sous le titre Les États provinciaux dans la construction de l’État moderne aux XVIIe et XVIIIe siècle (Genève-Paris, Droz)[2], cette première œuvre renouvelle l’approche de ces institutions représentatives en montrant le dynamisme de leur administration, basée sur une co-gestion du territoire avec les autorités royales[3].

Marie-Laure Legay consacre ensuite ses travaux à l’histoire politique des finances. Initiatrice d’un projet de recherche sur l’histoire de la comptabilité publique en Europe à l’époque moderne, elle collabore avec des juristes et des spécialistes de gestion pour établir un Dictionnaire de la Comptabilité publique (1500-1850) financé par l’Agence Nationale de La Recherche (programme 2006-2010). « C’est en fait beaucoup plus qu’un dictionnaire de comptabilité publique, c’est une véritable histoire des fondements de nos finances publiques et par là-même, une chronique de la mise en place des principaux mécanismes de gestion de l’État, car nous savons que l’histoire du pouvoir est indissociable de celle de ses finances » [André Barilari dans Revue française d’administration publique, 2011/1 (n° 137-138)][4].

Parallèlement, elle publie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) la Banqueroute de l’État royal : la gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution (2011)[5], explore l’histoire financière de la Savoie, de l’Autriche et des Pays-Bas autrichiens. Elle publie en 2016 chez Brepols (Belgique) La souveraineté monétaire dans les Pays-Bas méridionaux XVI-XIXe siècles[6], couronné par le prix Jean-Stengers de l’Académie royale de Belgique.

Elle anime depuis 2019 un chantier de recherches sur la Ferme générale[7].

Membre de la Commission internationale pour l’Histoire des Assemblées d’États et des Parlements (Grande-Bretagne), membre du Comité pour l’histoire économique et financière de la France (Paris), membre du laboratoire UMR-CNRS 8529 IRHIS (Villeneuve d’Ascq).

PublicationsModifier

  • Finance et calomnie. L’abbé Terray, ministre de Louis XV,  Paris, éditions du CNRS, 2020.
  • Les loteries royales dans l’Europe des Lumières (1680-1815), Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2014, 172 pages. (ISBN 978-2-7574-0788-2).
  • La banqueroute de l'État royal : la gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française, Paris, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, coll. « En temps et lieux » (no 26), , 323 p. (ISBN 978-2-7132-2292-4, présentation en ligne).
  • Les États provinciaux dans la construction de l’État moderne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Genève, Droz, 2001, 565 p. (ISBN 2-600-00499-8).
  • Robespierre et le pouvoir provincial : dénonciation et émancipation politique. Édition critique de « À la Nation artésienne, sur la nécessité de réformer les états provinciaux », Préface de Jean-Pierre Jessenne, Arras, Commission départementale d'histoire et d'archéologie, 2001, 111 p. (ISBN 2-900643-18-X), présentation en ligne.

Direction d’ouvragesModifier

La comptabilité publique en Europe 1500-1850, co-direction avec Anne Dubet, PUR, 2011, 262 p. (ISBN 978-2-7535-1337-2) (br.)

Dictionnaire  historique de la comptabilité publique vers 1500- vers 1850, PUR, 2010, 493 p. (ISBN 978-2-7535-1102-6) (rel.)

L’invention de la décentralisation : noblesse et pouvoirs intermédiaires en France et en Europe XVIIe-XIXe siècle (co-direction scientifique avec M. Roger Baury), Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2009, 387 p. Cet ouvrage forme le volume LXXXVII des Études présentées à la Commission internationale pour l’histoire des Assemblées d’États. (ISBN 978-2-7574-0104-0) (br.)

Les modalités de paiement de l’État moderne, Paris, CHEFF, 2007, 228 p. (ISBN 978-2-11-095381-0) (br.)

PrixModifier

Prix Jean-Stengers de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Beaux-arts de Belgique

RéférencesModifier

  1. « Marie-laure LEGAY - Université de Lille », sur pro.univ-lille.fr (consulté le 24 août 2019)
  2. « Les états provinciaux », sur droz.org
  3. William Beik, « Marie-Laure Legay, Les États provinciaux dans la construction de l'État moderne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Genève, Droz, 2001,565 p. », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 50-3, no 3,‎ , p. 206 (ISSN 0048-8003 et 1776-3045, DOI 10.3917/rhmc.503.0206, lire en ligne, consulté le 24 août 2019)
  4. « Notes de lectures », Revue française d'administration publique, vol. 137-138, no 1,‎ , p. 317 (ISSN 0152-7401 et 1965-0620, DOI 10.3917/rfap.137.0317, lire en ligne, consulté le 24 août 2019)
  5. Philippe Arnaud, « "La Banqueroute de l’Etat royal", de Marie-Laure Legay », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 août 2019)
  6. (en) Brecht Dewilde, « Marie-Laure Legay, La souveraineté monétaire dans les Pays-Bas méridionaux, XVIe-XIXe siècle », Early Modern Low Countries, vol. 1, no 1,‎ , p. 177–180 (ISSN 2543-1587, DOI 10.18352/emlc.10, lire en ligne, consulté le 24 août 2019)
  7. « Dictionnaire de la Ferme générale (1640-1794) | La Ferme générale dans l’espace français et européen : un objet d’histoire totale », sur dicofg.hypotheses.org (consulté le 24 août 2019)