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Marianne Golz

chanteuse d'opéra et résistante autrichienne
Marianne Golz
Marianne Golz 2.jpg
Biographie
Naissance
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PragueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Marianne Golz-Goldlust (née Belokosztolszki) est une chanteuse d'opéra et actrice d'origine autrichienne. Elle poursuit sa carrière avec succès en Europe orientale au début des années 1920, avant de s’installer à Prague, en Tchécoslovaquie, et de devenir critique de théâtre. Elle épouse le journaliste juif Hans Goldlust en 1929. Lorsque Hans est arrêté par les nazis en 1938, Golz-Goldlust obtient sa libération, l’aidant ainsi que ses proches à s’échapper en Angleterre. Elle reste à Prague pour aider la Résistance, une tâche dangereuse qu'elle accomplit en cachant des réfugiés juifs, en faisant passer clandestinement des ressources financières et des informations, en recrutant de nouveaux membres pour la résistance et en tenant des réunions de résistants à son domicile.

Après son arrestation et celle de plusieurs autres membres de son groupe par les nazis en 1942, Marianne Golz-Goldlust avoue son rôle dans la Résistance et affirme que ses associés sont innocents. Elle réussit à obtenir leur libération. Les tentatives légales de sa famille pour obtenir sa propre libération échouent et elle est condamnée à mort par les autorités et exécutée à la guillotine en octobre de la même année.

En 1988, elle est reconnue à titre posthume comme Juste parmi les nations.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et carrièreModifier

Maria Agnes Belokosztolszki est née dans une famille catholique le à Vienne, en Autriche. Sa mère est tchécoslovaque, tandis que son père est polonais[1]. Elle a une sœur nommée Rosi[2]. Après le lycée, Belokosztolski suit une formation de chanteuse d'opéra et de danseuse de ballet. Elle prend pour nom de scène Marianne Tolska. Au début des années 1920, elle se produit à Linz, à Stuttgart et à Salzbourg, aux côtés du compositeur autrichien Nico Dostal et au sein d'opérettes aux côtés du ténor Richard Tauber[1].

En 1924, Belokosztolszki s'installe à Berlin, où elle rencontre le rédacteur en chef et journaliste juif Hans Goldlust. Le couple se marie en 1929[3]. Hans adopte officieusement le nom de famille « Golz » pour éviter la stigmatisation sociale entourant des noms à consonance juive en Allemagne. Ainsi, lorsque Marianne l'épouse, elle devient madame Golz-Goldlust[1]. Le couple s'installe à Prague en 1934 et Golz-Goldlust met ses compétences au service de la critique théâtrale[3].

RésistanceModifier

Lorsque les nazis envahissent Prague en 1939[2], Hans est arrêté mais Golz-Goldlust le fait libérer et l'aide à s'échapper en Angleterre. Elle aide également la mère et la sœur de Hans à s'échapper du pays[3]. Au lieu de les rejoindre en toute sécurité, Golz-Goldlust décide de rester à Prague pour aider d'autres Juifs persécutés. Elle commence à organiser des rassemblements sociaux chez elle pour rencontrer des citoyens partageant les mêmes idées. Elle rencontre alors l'organisateur de la résistance locale, Ottokar Zapotecky, dont le réseau aide à faire sortir clandestinement des réfugiés de Prague[2]. Golz-Goldlust recrute de nouveaux membres pour la résistance tchécoslovaque et autrichienne[4], aide les réfugiés juifs à s'échapper en les mettant en contact avec le réseau et en déplaçant leurs ressources financières au-delà des frontières[2]. Elle cache également des réfugiés chez elle, continue de tenir des réunions entre résistants et s'arrange pour faire passer au gouvernement exilé d'Angleterre d'importantes informations sur les conditions de vie à Prague[1].

Mort et héritageModifier

 
Une photo de prison de Golz-Goldlust

Le 19 novembre 1942[3], Golz-Goldlust et plusieurs de ses associés sont arrêtés par les nazis. Golz-Goldlust avoue immédiatement, déclarant à ses interrogateurs qu'elle est le seule membre de la résistance du groupe et que ses collaborateurs ne sont au courant de rien[1]. Golz-Goldlust est détenue à la prison de Pankrác. Malgré sa captivité, elle écrit une série de lettres à ses amis et à ses contacts sur des bouts de papier qui sortent clandestinement de la prison chaque fois que des repas lui sont apportés[2].

Bien que la famille de Golz-Goldlust utilise tous les moyens légaux possible pour la faire libérer, la plupart des avocats ne souhaitent pas risquer la colère des autorités allemandes en plaidant pour sa défense. L'avocate tchèque Marie Schrámek accepte finalement de prendre l'affaire, mais ne réussit finalement pas à faire libérer Golz-Goldlust[4] malgré un recours devant la Haute Cour spéciale allemande et le ministre de la Justice du Reich[1]. En mai 1943, Golz-Goldlust est condamnée à mort pour actes de Résistance et guillotinée le 8 octobre 1943[3].

En 1946, les lettres de Golz-Goldlust sont compilées et publiées dans un livre intitulé Zaluji (J'accuse), puis en traduction allemande sous le titre Der Große Tag et en français sous le titre Le Grand Jour[5]. En juin 1988, Golz-Goldlust est officiellement reconnue à titre posthume par Yad Vashem en tant que Juste parmi les nations pour son implication dans le sauvetage des juifs de Pargue[2]. Un olivier est planté en son honneur au Yad Vashem Memorial Center en Israël[1].

En 2008, un documentaire, intitulé La vera storia di Marianne Golz, raconte son histoire[6].

En 2011, le Mémorial de la résistance allemande organise une exposition spéciale sur la vie de Golz-Goldlust[7].

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g (en) « MS-763: Rabbi Herbert A. Friedman Collection, 1930-2004: 'Holocaust Survivors Memoirs Project. 1995-2000, undated' », american jewish archives (consulté le 16 janvier 2019)
  2. a b c d e et f (en) « The Righteous Among The Nations: Marianne Golz-Goldlust », Yad Vashem (consulté le 16 janvier 2019)
  3. a b c d et e (en-US) « Golz-Goldlust, Marianne », sur The Jewish Foundation for the Righteous (consulté le 16 janvier 2019)
  4. a et b (en) Livia Rothkirchen, The Jews of Bohemia and Moravia: Facing the Holocaust, U of Nebraska Press, , 225 p. (ISBN 9780803205024, lire en ligne)
  5. « Le Grand Jour - Marianne Golz-Goldlust », sur Babelio (consulté le 17 janvier 2019)
  6. La vera storia di Marianne Golz (lire en ligne)
  7. « German Resistance Memorial Center - Exhibition », www.gdw-berlin.de (consulté le 16 janvier 2019)

Liens externesModifier