Margaret Hardenbroeck

Margaret Hardenbroeck de Vries Philipse née en 1637 et morte en 1691[1], est une marchande importante et riche de la province coloniale de New York. Elle hérite d'une grande richesse de son premier mari après sa mort prématurée, et épouse plus tard un autre marchand et propriétaire, Frederick Philipse[2],[3].

Margaret Hardenbrook Philipse
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Conjoint
Frederick Philipse (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

JeunesseModifier

Margaret Hardenbroeck naît Margareta[4] dans la vallée du Rhin des Pays-Bas à Elberfield[1]. Elle est la fille d'Adolph Hardenbruk, un émigrant allemand qui vit dans le New Jersey en face de la colonie hollandaise de New Amsterdam[5], avec son frère aîné Abel Hardenbroeck, qui devient serviteur sous contrat de la famille Ten Eyck.

CarrièreModifier

Elle s'établit dans la ville en plein essor à la fin des années 1650[6] travaillant comme agent de recouvrement pour son cousin, Wolter Valck. Elle travaille également comme agent commercial pour plusieurs marchands hollandais, échangeant de petits articles tels que des épingles, des huiles de cuisson et du vinaigre contre des fourrures.

Saisie britanniqueModifier

Le second mariage de Margaret Hardenbroek est régi par la loi néerlandaise qui permet aux femmes de conserver leur identité légale et de faire des affaires en leur propre nom, appelé usus. De plus, elle signe un accord prénuptial garantissant que sa fille, de son premier mariage, hériterait de toutes les richesses de son ex-mari, ainsi que de tout ou partie des siens. Elle possède des lots de maisons à Manhattan et à Bergen, ainsi que plusieurs navires, dont le New Netherland Indian, le Beaver, le Pearl et le Morning Star[7],[8].

En 1664, les Britanniques s'emparent de New Amsterdam et, en vertu des nouvelles lois britanniques, beaucoup de ses droits lui sont enlevés[6]. Bien qu'étant une femme d'affaires et marchande accomplie[9],[10], en tant que femme, elle n'est plus considérée comme légalement indépendante. Elle n'est donc pas en mesure d'acheter des biens sous sa propre autorité ou d'agir en qualité de mandataire. De plus, tous les bénéfices réalisés par ses entreprises florissantes appartiennent désormais légalement à son mari[1]. Margaret Hardenbroeck continue de diriger les entreprises et, grâce à sa richesse, son mari prétends à ses avoirs. Il devient l'un des hommes les plus riches de New York[2].

Ensemble, le couple achète de nombreuses propriétés et étends ses activités commerciales transatlantiques. Dès son premier mariage, Margaret Hardenbroek possède plusieurs navires, dont le King Charles. Elle effectue plusieurs voyages entre l'Europe et l'Amérique sur ceux-ci en tant que subrécargue, responsable de tous les achats et ventes de marchandises. Parmi les principales cargaisons des Philipse se trouvent des esclaves. Le couple est considéré comme les plus grands marchands d'esclaves des colonies du nord. Ils utilisent également beaucoup d'esclaves dans leurs entreprises et l'exploitation de leur manoir de 52 000 acres.

Vie privéeModifier

Le 10 octobre 1659[1], Margaret Hardenbroek épouse Peter Rudolphus de Vries et continue à faire des affaires sous son nom de jeune fille[6]. En 1660, ils eurent une fille[11]:

En 1661, son mari meurt, en laissant des biens considérables[10].

Par l'intermédiaire de sa fille, elle était la grand-mère de Frederick Van Cortlandt et de Mary Van Cortlandt. Mary Van Cortlandt épouse Peter Jay en 1728 et devient la mère du Père fondateur, John Jay[13].

Second mariageModifier

 
Frederick Philipse, 1er seigneur de Philipse Manor et deuxième mari de Margaret Hardenbroeck

En 1662, Margaret Hardenbroek épouse Frederick Philipse[6], dans un mariage usus (sous la loi néerlandaise[14]). Son mari est un marchand qui, grâce au commerce avec les Indiens et de bonnes relations avec les gouverneurs, devient l'un des principaux hommes de la colonie[5]. Lors de leur union, le tribunal des maîtres orphelins de New Amsterdam demande à Margaret Hardenbroek de dresser un inventaire de l'héritage parental de son enfant. En raison de son état instable, elle ne peut pas le faire. Son mari adopte sa fille de deux ans, Eva. Il lui promet qu'Eva Hardenbroek hériterait de la moitié de ses biens et que si d'autres enfants naissaient, elle partagerait à parts égales avec eux[11]. Ensemble, le couple a plusieurs enfants, dont[15]:

Son petit-fils par l'intermédiaire de son fils aîné Philip, est Frederick Philipse II, le 2e seigneur du manoir de Philipsburg qui épouse Johanna Brockholst, fille d'Anthony Brockholst, gouverneur par intérim de l'état Colonial New York .

La sœur de Johanna, Susannah Brockholst était mariée à Phillip French III, les parents de Susanna French, qui épousa William Livingston[17], " War-Governor " pendant la Révolution américaine, et était la mère de Henry Brockholst Livingston, qui est juge associé de la Cour suprême des États-Unis de 1806 à 1823[18],[19].

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) Carole Chandler Waldrup, Colonial Women: 23 Europeans Who Helped Build a Nation, McFarland, , 89-94 p. (ISBN 9780786451067, lire en ligne)
  2. a b et c (en) The National Cyclopaedia of American Biography: Being the History of the United States as Illustrated in the Lives of the Founders, Builders, and Defenders of the Republic, and of the Men and Women who are Doing the Work and Moulding the Thought of the Present Time, J. T. White Company, (lire en ligne), p. 275
  3. (en) « Philipse, Margaret Hardenbrook (d. 1690) - Dictionary definition of Philipse, Margaret Hardenbrook (d. 1690) », www.encyclopedia.com, Encyclopedia.com (consulté le 17 novembre 2017)
  4. http://wc.rootsweb.ancestry.com/cgi-bin/igm.cgi?op=GET&db=mila2&id=I09755
  5. a et b Savery, Florence M., Cold Springs Recorder, 1912
  6. a b c et d (en) Dorothy A. Mays, Women in Early America: Struggle, Survival, and Freedom in a New World, ABC-CLIO, (ISBN 1-85109-429-6, lire en ligne), p. 295 Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Mays » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Mays » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Mays » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  7. (en) Wees, Beth Carver et Harvey, Medill Higgins, Early American Silver in The Metropolitan Museum of Art, Metropolitan Museum of Art, (ISBN 9781588394910, lire en ligne), p. 182
  8. « Margaret Hardenbroek De Vries Philipse » [archive du ], The National Society of Colonial Dames in The State of New York (consulté le 8 mars 2015)
  9. Douglas Catterall, Women in Port: Gendering Communities, Economies, and Social Networks in Atlantic Port Cities, 1500-1800, BRILL, (ISBN 90-04-23317-2, lire en ligne), p. 183
  10. a et b Appleton, W.S. The Heraldic Journal, Recording the Amorial Bearings and Genealogies of American Families, Wiggen & Lunt, Boston, 1867
  11. a et b (en) William Smith Pelletreau, Historic Homes and Institutions and Genealogical and Family History of New York, Lewis Publishing Company, (lire en ligne), 147
  12. (en) William Richard Cutter, Genealogical and Family History of Western New York: A Record of the Achievements of Her People in the Making of a Commonwealth and the Building of a Nation, Lewis Historical Publishing Company, (lire en ligne), 233
  13. (en) Matthew P. Harrington, Jay and Ellsworth, the First Courts: Justices, Rulings and Legacy, ABC-CLIO, (ISBN 9781576078419, lire en ligne), p. 33
  14. (en-US) « Margaret Hardenbroeck Philipse – History of American Women » (consulté le 12 avril 2020)
  15. « Margaret Hardenbroeck Philipse | History of American Women » [archive du ], womenhistoryblog.com, History of American Women, (consulté le 17 novembre 2017)
  16. (en) First Reformed Church of Tarrytown (North Tarrytown N.Y.) et First Reformed Church of Tarrytown (Sleepy Hollow N.Y.), Two Hundredth Anniversary of the Old Dutch Church of Sleepy Hollow, October 10 and October 11, 1897: 1697-1897, De Vinne Press, (lire en ligne), p. 132
  17. (en) Edwin Brockholst Livingston, The Livingstons of Livingston Manor: Being the History of that Branch of the Scottish House of Callendar which Settled in the English Province of New York During the Reign of Charles the Second; and Also Including an Account of Robert Livingston of Albany, "The Nephew," a Settler in the Same Province and His Principal Descendants, New York, The Knickerbocker Press, (lire en ligne)
  18. William Nelson, Biographical Sketch of William Colfax, Captain of Washington's Body Guard, (lire en ligne)
  19. (en) Cathy Tobin, Wayne Township, Arcadia Publishing, (ISBN 9780738509471, lire en ligne), p. 11