Marphurius[1],[2],[3] ou Marforio (italien : Marforio ; latin : Marphurius, Marforius) est l'une des statues parlantes de Rome. Marforio a maintenu une rivalité amicale avec son rival le plus éminent, Pasquino. Comme pour les cinq autres statues parlantes, des pasquinate, c'est-à-dire des satires irrévérencieuses se moquant des personnages publics sont affichées à côté de Marforio aux XVIe et XVIIe siècles.

Marforio
Marforio - Palazzo Nuovo - Musei Capitolini - Rome 2016 (2).jpg
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Palazzo Nuovo (Rome) - Courtyard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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La statue et son emplacementModifier

Marforio est une grande sculpture romaine en marbre datant du premier siècle représentant une déité aquatique barbue et couchée, ou Océan[4], qui, dans le passé, a été parfois identifiée comme une représentation de Jupiter, Neptune ou du Tibre. C'est l'humaniste et antiquaire Andrea Fulvio qui l'identifie pour la première fois comme un dieu de rivière, en 1527[5]. Le Marfoi est un symbole de Rome à partir de la fin du 12e siècle[6]. Poggio Bracciolini voit en la statue l'une des sculptures survivantes de l'Antiquité[7]. Au début du XVIe siècle, elle se trouvait encore près de l'Arc de Septime Sévère, là où divers auteurs la décrivent[8].

L'origine de son nom fait l'objet de plusieurs débats. La statue est découverte avec un bassin de granit portant l'inscription « mare in foro »[9], mais peut aussi trouver son origine dans le nom latin de la zone dans laquelle elle est découverte (Martis Forum), ou de la famille Marioli (ou Marfuoli) qui possédait une propriété près de la prison de Mamertine, également près du forum, où la statue était située jusqu'en 1588.

Le pape Sixte V fait déplacer la statue sur la Piazza San Marco (à Rome) en 1588, puis sur la piazza del Campidoglio en 1592, où elle décore une fontaine conçue par Giacomo Della Porta sur un mur de la basilique Santa Maria in Aracoeli, face au Palazzo dei Conservatori. En 1645, le bâtiment du Palazzo Nuovo enfermait la fontaine. Une partie du visage, le pied droit et la main gauche tenant une coquille sont restaurés en 1594. La statue est de nouveau déplacée au XVIIe siècle, sur ordre du pape Innocent X, qui l'a fait placer dans la cour du Palais Neuf, où elle se trouve encore aujourd'hui.

NotesModifier

  1. The Encyclopedia Britannic: Vol. XVIII, New York, Henry G. Allen and Co, (lire en ligne)
  2. Eleanor F. Jourdain, Dramatic Theory and Practice in France, London, Longmans, Green, and Co, (lire en ligne)
  3. Hugo von Hofmannsthal, Sämtichle Werke, S. Fischer, (lire en ligne)
  4. La restauration de sa main droite, saisissant un coquillage, a été inspirée par, et appuyée par, l'identification de la statue comme étant Océanus.
  5. Fulvio, Antiquitatis Urbis 1527, noted by Francis Haskell and Nicholas Penny, Taste and the Antique: The Lure of Classical Sculpture 1500-1900 (Yale University Press) 1981:259.
  6. Roberto Valentini and Giuseppe Zucchetti, Codice topographa della Città di Roma (1940-53) vol. III: p. 226.
  7. Bracciolini, De varietate fortunae, written over a long period, ca 1430 to 1445.
  8. Haskell and Penny 1981:258.
  9. Le bassin en granit noir et blanc est déplacé pour former une fontaine destinée à abreuver le bétail dans le Campo Vaccino, comme l'était devenu le Forum romain ; il est retiré en 1818 pour être placé devant l'un des dompteurs de chevaux sur la colline du Quirinal, souvent connu dans le passé sous le nom d'Alexandre et Bucephalus (Haskell et Penny 1981:136, 258.)

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Rendina, C., «Pasquino statua parlante», ROMA ieri, oggi, domani, n. .

Liens externesModifier