Marcel Gianoli

Marcel Gianoli était un ingénieur aéronautique français.

BiographieModifier

Marcel Gianoli est diplômé « ingénieur des Arts et Manufactures » de l'École centrale Paris (Promotion 1921 C). Il a pour camarade de promotion Paul Rozycki, avec lequel il s’associera en 1936[1].

AéronautiqueModifier

Il est engagé par René Couzinet en 1927 et l’assiste dans la conception du premier « Arc en ciel » (ARC pour Avions René Couzinet) : un avion trimoteur de 27 mètres d'envergure, dessiné comme une hirondelle et destiné à traverser l'Atlantique Nord. En moins de 9 mois, de à , à partir du capital insignifiant de 15 millions de centimes, cet avion extraordinaire est construit par le personnel des établissements Letord à Meudon.

Cet appareil manque de peu mettre un terme à la carrière de Marcel Gianoli, qui était à bord le quand, lors d’une ultime mise au point, l'appareil s'écrase sous les yeux de René Couzinet. Parmi les quatre membres d’équipage, il y a deux morts : le mécanicien navigant Georges Lanet (25 ans) est tué sur le coup. Le pilote Maurice Drouhin décède de ses blessures à l’hôpital le . Il y a aussi deux survivants : Marcel Gianoli, qui est grièvement blessé, avec de multiples fractures du bassin, et le radiotélégraphiste Jean Manuel, plus légèrement blessé[2].

En 1936, Marcel Gianoli s’associe avec Paul Rozycki, un camarade de promotion de l’École Centrale de Paris, pour fonder la société ECA (Études et constructions aéronautiques). Cette PME fut une société équipementière très compétente en matière de gyroscopes. Elle réalisa, dès 1946, des véhicules aériens adaptés d’avions pour mettre au point ses pilotes automatiques. Ces planeurs télécommandés furent utilisés comme cibles aériennes et commandés par la DCCAN. En outre, cette société développa des autodirecteurs optiques, dont plusieurs prototypes furent essayés sur le missile sol-air SE 4300, sans succès. En 1965, cette société recentra ses activités dans le domaine de la Marine, pour la DCCAN (automation et robotique sous-marine)[3].

Navigation maritimeModifier

Marcel Gianoli met son expérience du pilotage automatique au service de la navigation de plaisance : il met au point, pour le voilier de course « Pen Duick II » d’Éric Tabarly, un régulateur d'allure utilisant les compétences en navigation et en aérodynamique de la société ECA. L’aérien est une girouette très légère équilibrée par un contrepoids et montée sur une tourelle. Celle-ci peut s’orienter autour d’un axe vertical, ce qui permet de fixer le cap du bateau par rapport au vent. L’aérien est normalement vertical, mais dès qu’il y a une variation dans l’orientation du vent, celui-ci appuie sur l’une des faces de l’aérien et le force à se coucher. L’aérien est articulé autour d’un axe légèrement incliné (l’inclinaison optimale a été calculée par Marcel Gianoli à 20 degrés)[4] et prend un angle bien supérieur à celui de la variation de vent. Le système est donc bien plus efficace qu’une girouette traditionnelle à axe vertical. En 1964, Éric Tabarly remporté la Transat anglaise à bord du Pen Duick II muni de ce dispositif[1].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Messieurs Gianoli et Rozycki : Les deux fondateurs de la société ECA », sur ECA Group (consulté le 20 février 2018).
  2. « Un deuil pour les Ailes françaises. L'aviateur Drouhin a succombé hier matin. L'ingénieur Gianoli est toujours en danger », L'Est Républicain, no 14859,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  3. Marc Mistral, « De 1945 à 1958 : La création de l’industrie missilière ».
  4. Peter Christian Förthmann, Sous La Voile : Autopilotes et régulateurs d’allure, Berlin, epubli GmbH, (ISBN 978-3-8442-5849-3, lire en ligne).

BibliographieModifier

Le Trait d’Union n°208, page 29