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Mansoor Hekmat

homme politique iranien

Mansoor Hekmat
Illustration.
Portraits de Karl Marx et de Mansoor Hekmat, sur une banderole du premier congrès du Parti de l'unité communiste-ouvrière, février 2011.
Biographie
Nom de naissance Zhoobin Razani
Date de naissance
Lieu de naissance Téhéran, Drapeau de l'Iran Iran
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Londres, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nationalité Iranienne
Parti politique Union des combattants communistes (1978-1983)
Parti communiste d'Iran (1983-1991)
Parti communiste-ouvrier d'Iran (1991-2002)
Conjoint Azar Majedi

Mansoor Hekmat (منصور حکمت), né Zhoobin Razani le à Téhéran et mort le à Londres, est un théoricien marxiste iranien.
Il est en opposition à la politique du Shah et, après la Révolution iranienne de 1979 a dirigé le Parti communiste-ouvrier d'Iran (WPI), opposé à la République islamique d'Iran.

Il est l'époux de sa compatriote Azar Majedi.

BiographieModifier

Né à Téhéran, son père est professeur d’économie à l’université et travaille pour le gouvernement, sa mère est enseignante et juriste. Il est diplômé en économie de l'Université de Chiraz[1]. En 1973, il s’installe à Londres, où il découvre les idées marxistes et développe une critique des versions selon lui déformées du communisme telles le communisme russe, le communisme chinois, le mouvement de guérilla, la social-démocratie et le trotskysme[2].

Il fonde l'Union des combattants communistes en 1978[3], puis prend part à la Révolution iranienne de 1979 marquée par la création de conseils ouvriers (shoras) - et, contrairement à la majeure partie de la gauche iranienne, refuse de prêter allégeance à l'islamisme et au guide suprême Rouhollah Khomeini. Il a dénoncé le «mythe d'une bourgeoisie nationale progressiste».

Les vues d'Hekmat le mènent à chercher refuge au Kurdistan (1981), où en raison de la répression l’union d’Hekmat fusionne avec un groupe kurde ayant des racines maoïstes: «Komala - ensemble», et forme le Parti communiste d'Iran (CPI)[4].

En 1991, cependant, Hekmat et un groupe d'autres membres du CPI quittent le parti et fondent le WPI Parti communiste-ouvrier d'Iran.

Il a également aidé à créer le Parti communiste-ouvrier d'Irak.

Mansoor Hekmat est mort d'un cancer à Londres, où il était exilé, et est enterré dans le cimetière de Highgate, à quelques mètres de la tombe de Karl Marx[5].

PenséeModifier

Hekmat a soutenu le «retour à Marx», et la théorie selon laquelle la classe ouvrière ne doit compter que sur elle-même , faisant valoir qu'elle avait été la seule classe à imposer des changements bénéfiques au XXe siècle. Il s’oppose au stalinisme et n’accepte ni l'Union soviétique ni la République Populaire de Chine comme étant des pays socialistes.

Hekmat était opposé à l’avortement. Il a critiqué le manque de compassion du mouvement féministe sur cette question.

Hekmat était également fruitariste.

Hekmat a été critiqué dans certains milieux maoïstes pour ses compromissions avec la pensée bourgeoise et sa « soumission à l'impérialisme, et en particulier ceux des États-Unis et d'Angleterre » ; pour avoir préconisé l'adoption de l'alphabet latin, du calendrier occidental et de l'enseignement obligatoire de l'anglais à l'école ; pour avoir soutenu la légalisation de la prostitution ; et pour avoir complètement ignoré les penseurs orientaux du « matérialisme pré-bourgeois » comme Avicenne et Averroès, ainsi que la dimension spécifique de l'islam chiite[6].

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Obituary: Mansoor Hekmat, Weekly Worker, Paper of the Communist Party of Great Britain, No 442, 25 juillet 2002, p. 3 : « He completed his primary and secondary education in Tehran »
  2. Soheila Sharifi (2003), « Portrait of a leader, Mansoor Hekmat (1951-2002) »
  3. Koorosh Modaresi, Introduction to worker-communism, Komonist 12 janvier 2007
  4. Azar Majedi, BBC Persian's Interview with Azar Majedi On Mansoor Hekmat (Zhoobin Razani), 5 juillet 2002
  5. (en) Haleh Afshar, Mansoor Hekmat, Humanitarian Marxist frustrated in his dreams for Iran, The Guardian, 20 juillet 2002 : « The death of Mansoor Hekmat, at the age of 51 from cancer, marks another step in the decline of the leading lights of Iranian Marxism in exile. The co-founder, in 1991, of the Worker-Communist parties of Iran and Iraq [...]. »
  6. "Mansoor Hekmat, un « marxiste » chantre de la bourgeoisie iranienne contre Avicenne et Averroès", lesmaterialistes.com, 9 juillet 2012

Liens externesModifier

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