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Une maison de geisha à Kanazawa
Higashi-chayagai (東茶屋街?, littéralement « quartier Est de maisons de thé ») à Kanazawa

Les machiya (町屋?, lit. « maison des bourgs »), sont des maisons en bois typique des centres-villes japonais, qui ont servi de logement et d'ateliers aux habitants pendant des siècles, notamment à Kyōto. Elles sont l'équivalent à la ville des nōka (農家?, lit. « fermes ») de la campagne, que l'on regroupe toutes les deux sous le nom de minka.

DescriptionModifier

Les Japonais les surnomment par dérision unagi no nedoko (うなぎの寝床?), « les chambres à coucher des anguilles », en raison de leur forme longue et étroite.

Accolées les unes aux autres, elles formaient des groupes homogènes d'une quarantaine d'unités familiales appelées chō (?, lit. « bourgs »). Chaque chō était rattaché à un temple ou à un sanctuaire et regroupait une corporation particulière d'artisans et de marchands.

Toutes ces constructions en bois étaient bien sûr des proies faciles pour les incendies qui ravageaient souvent l'ancienne capitale. C'est pourquoi on ne trouve guère à Kyōto de machiya d'avant l'ère Meiji. Les machiya de Kyōto sont nommés kyo-machiya car elles présentent des caractéristiques propres. D'après une étude[1], il restait en 2010 près de 48 000 kyo-machiya dans des conditions de conservation variables.

Toutes sont disposées à peu près sur le même modèle : les commerces et les appartements occupent l'avant, tandis qu'un long couloir, où se trouve la cuisine, dessert les entrepôts et un petit jardin à l'arrière.

De nos jours, la rénovation de machiya devient une des activités des ateliers d'architecture, notamment à Kyoto où leur valeur patrimoniale a été longtemps ignorée, même si la ville de Kyoto commence à prendre des mesures pour soutenir les programmes de restauration.

Le mode d'habiter de ces maisons traditionnelles n'est plus toujours adapté aux aspirations des foyers japonais, qui veulent pouvoir avoir un garage pour leur voiture, ou ne pas avoir à intégrer une communauté de quartier chōnaikai (町内会?, « association de quartier »). De nombreuses machiya ont encore été détruites dans les années 2010, pour faire place à de grands hôtels et accueillir un tourisme de masse. Celles qui sont conservées, grâce à des initiatives privées, sont reconverties en boutiques, restaurants ou cafés, et en petit hôtels (guesthouses). Elles sont aussi parfois rénovées, pour devenir un peu plus confortable et trouver de nouveaux habitants attirés par leur architecture.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Benoît Jacquet, Teruaki Matsuzaki et Manuel Tardits, Le charpentier et l'architecte : une histoire de la construction en bois au Japon, Presses polytechniques et universitaires romandes, , 432 p. (ISBN 978-2889152896)
  • [Nakaya 2010] Tomoki Nakaya, « Virtual Kyoto Project:Digital Diorama of the Past, Present, and Future of the Historical City of Kyoto », dans Lecture Notes in Computer Science: Computing and Communication for Crosscultural Interaction, t. II, Springer-Verlag Berlin Heidelberg, , p. 173-187
  • Philippe Bonin, Nishida Masatsugu et Shigemi Inaga, Vocabulaire de la spatialité japonaise, CNRS, , 605 p. (ISBN 978-2271080592)
  • Isabelle Berthet-Bondet, 20 maisons nippones : un art d'habiter les petits espaces, Parenthèses Editions, , 145 p. (ISBN 978-2863642504)

Notes et référencesModifier