Mégarevue

Une mégarevue (aussi orthographié megarevue, traduction de l'anglais megajournal) est une revue scientifique en libre accès possédant un système d'évaluation par les pairs, avec la particularité d'être conçue sur un modèle de grande envergure pour ce qui est du domaine scientifique considéré[1] et d'une faible sélectivité d'acceptation des articles[2]. Le pionnier de ce modèle est la revue PLOS One. Ce modèle de publication lucratif a été depuis imité par d'autres éditeurs[3].

DéfinitionModifier

Une mégarevue possède les caractéristiques suivantes :

  • une large couverture de différents domaines
  • l'acceptation des articles pour la publication basée sur le fait qu'ils sont censés, plutôt que sur la perception de l'importance
  • l'utilisation de frais de traitement pour couvrir les frais de publication.

D'autres caractéristiques moins universelles sont

  • « une accélération de l'examen et du processus de publication »,
  • un comité éditorial académique à la place de comités éditoriaux professionnels,
  • des services à valeur ajoutée tels que la possibilité de réutilisation de graphiques et de données par le biais de licences Creative Commons[4].

Les mégarevues sont également uniquement en ligne, sans version imprimée, et sont entièrement en libre accès, contrairement aux revues hybrides. Certains éditeurs prédateurs utilisent le modèle de la mégarevue.

InfluenceModifier

Le modèle florissant des mégarevues peut changer le paysage des revues scientifiques, pour le moins en termes de nombre d'articles publiés. Les mégarevues perturbent également le marché des frais de traitement.

Leur modèle d'affaires est un problème pour les évaluateurs, qui donnent de leur temps pour « influencer leur domaine, obtenir une exposition ou listent sur leur CV leurs services à un journal prestigieux ».

Enfin, ils peuvent réduire le rôle des revues scientifiques en tant que « forums pour l'échange... entre collègues dans un domaine ou sous-domaine », ce qui est un des rôles des revues savantes. Pour contrer cette dilution, PLOS One, le prototype de la mégarevue, a commencé à « catégoriser les articles pertinents dans des collections de sujet spécifique[5] ».

Liste des mégarevuesModifier

RéférencesModifier

  1. « Les mégarevues - Libre accès à l’information scientifique et technique », sur openaccess.inist.fr (consulté le )
  2. (en) Jeffrey Beall, « Five Predatory Mega-Journals: A Review », The Charleston Advisor, vol. 14, no 4,‎ , p. 20–25 (ISSN 1525-4011 et 1525-4003, DOI 10.5260/chara.14.4.20, lire en ligne, consulté le )
  3. « Wayback Machine », (consulté le )
  4. Bo-Christer Björk, « Have the "mega-journals" reached the limits to growth? », PeerJ, vol. 3,‎ , e981 (PMID 26038735, PMCID 4451030, DOI 10.7717/peerj.981, lire en ligne)
  5. C. J. MacCallum, « Why ONE is More Than 5 », PLoS Biology, vol. 9, no 12,‎ , e1001235 (DOI 10.1371/journal.pbio.1001235)
  6. Jeffrey Beall, « Five Predatory Mega-Journals: A Review », The Charleston Advisor, vol. 14, no 4,‎ , p. 20–25 (DOI 10.5260/chara.14.4.20, lire en ligne)
  7. a b c et d Bo-Christer Björk et David Solomon, Developing an Effective Market for Open Access Article Processing Charges, Wellcome Trust, , 69 pages. p. (lire en ligne[archive du ])
  8. a b c d et e « Wiley »
  9. a b c et d Claire Creaser, « The rise of the mega-journal », sur School of Business and Economics Research Blog, Loughborough University,
  10. a b c d e f g h i j et k Peter Binfield, « Novel Scholarly Journal Concepts », Opening Science, Sönke Bartling, (DOI 10.1007/978-3-319-00026-8_10)
  11. a b c et d Frank Norman, « Megajournals », sur Trading Knowledge, Frank Norman,
  12. a et b Francisco Osorio, « Open Library of Humanities: mega journals seeing from the south », sur Facultad de Ciencias Sociales de la Universidad de Chile,
  13. a et b "Beyond open access for academic publishers", 15 May 2014, Publishing Technology PLC [1]
  14. a b c d et e Dagmar Sitek & Roland Bertelmann, "Open Access: A State of the Art", 2 March 2014, Springer, doi:10.1007/978-3-319-00026-8_9 [2]
  15. James MacGregor, Kevin Stranack & John Willinsky, "The Public Knowledge Project: Open Source Tools for Open Access to Scholarly Communication", 2 March 2014, doi:10.1007/978-3-319-00026-8_11 [3]
  16. a b c d e f g et h Rhodri Jackson and Martin Richardson, "Gold open access: the future of the academic journal?", Chapter 9 in Cope and Phillip (2014), p.223-248.
  17. Michael Bernstein et Katie Cottingham, Ph.D., « American Chemical Society announces ACS Omega, a new open access journal serving global and multidisciplinary chemistry », sur www.acs.org, ACS,
  18. a b et c Peter Binfield, "PLoS ONE and the Rise of the Open Access MegaJournal", The 5th SPARC Japan Seminar 2011, National Institute of Informatics, The 5th SPARC Japan Seminar 2011 February 29, 2012 [4] [5]
  19. « About », Royal Society Open Science
  20. Open-Access Mega-Journals: A Bibliometric Profile, November 18, 2016
  21. Transitioning from a Conventional to a ‘Mega’ Journal: A Bibliometric Case Study of the Journal Medicine, Publications 2017, 5(2), 7; doi:10.3390/publications5020007 [6]
  22. Open-access mega-journals: The future of scholarly communication or academic dumping ground? A review [7]
  23. Mega-journals: the future, a stepping stone to it or a leap into the abyss? October 13, 2016 [8]
  24. Jeffrey Beall, « New Term: MOAMJ = Multidisciplinary Open Access Mega Journal » [archive du ], sur Scholarly Open Access,
  25. New IEEE Open-Access "Mega Journal" Aims to Boost Technology Innovation « Archived copy » [archive du ] (consulté le )
  26. Zhang, Zhi-Qiang, « The making of a mega-journal in taxonomy », Zootaxa, no 1385,‎ , p. 67–68 (lire en ligne)
  27. « Press Release » [archive du ], Open Library of Humanities
  28. « De Gruyter Open converts eight subscription journals to Open Access megajournals », De Gruyter Open
  29. « Introducing Heliyon - Elsevier's new broad scope, open access journal », Elsevier Heliyon
  30. « About this journal », sur sagepub.com

Lectures complémentairesModifier

Liens externesModifier