Lizelle Reymond

Lizelle Reymond
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Lizelle Reymond, née le à Saint-Imier dans le canton de Berne et morte le à Genève, est une philosophe et orientaliste qui a contribué à introduire le Taï Chi Chuan en Europe dès les années 1970.

BiographieModifier

En 1920, elle devient bibliothécaire à la Société des Nations (SDN), où elle travaille jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.

En 1928-29, complétant sa formation professionnelle à l'université Columbia à New York, elle fait la connaissance de la poétesse indienne Sarojini Naidu, proche de Gandhi. De là date sa passion pour la culture indienne, passion partagée avec l'éditeur Jean Herbert, qu'elle épouse en 1938. Ensemble, ils traduisent l'enseignement de maîtres de l'hindouisme contemporain, alors complètement inconnus du public francophone.

En 1947, après la rupture de son mariage, Lizelle Reymond part en Inde où elle travaille au service d'une mission Ramakrishna, qui aide les réfugiés hindous affluant à Calcutta à la suite de la partition du pays. Partageant ensuite la vie d'une famille brahmane, elle est initiée au yoga familial, objet de son livre Ma vie chez les Brahmanes. Grâce à cette famille, elle rencontre Shrî Anirvan, philosophe de la tradition Sâmkhya, qui devient son guide spirituel. Elle reste quatre ans auprès de lui à l’ashram d’Almora et relate son expérience dans La Vie dans la vie[1].

À son retour à Genève en 1953, Shri Arnivan lui conseille de contacter les héritiers de l’enseignement Gurdjieff, en qui il voit une étroite parenté spirituelle avec le sâmkhya. En 1956, elle crée à Genève, avec Michel de Salzmann, le premier groupe consacré à cet enseignement.

Au début des années 1960, ayant toujours porté un grand intérêt aux disciplines du corps, elle s'intéresse à la pratique du Taï Chi Chuan. Initiée par maître Dee Chao, aux États-Unis à partir de 1965, elle se donne pour objectif d'introduire la discipline en Suisse et en France[1],[2]. Malgré son âge, et bien qu'habitant Genève, elle donne des cours hebdomadaires à Paris et organise des stages d’été. De 1975 à 1985, elle fait venir Dee Chao à Cartigny, près de Genève, pour animer ces stages.

Publications de Lizelle ReymondModifier

OuvragesModifier

  • Nivedita, fille de l'Inde, Préface de Vishvabandhu, Neuchâtel, Victor Attinger, coll. « Orient  », 1945 , 350 p. (traduction en anglais, 1953)
  • Le jeu de la liberté - Cinq histoires de bêtes, Lyon, Derain, coll. « Sâvitri », 1947, 182 p.
  • Shrî Sâradâ Dévî et Shrî Râmakrishna dans leurs villages, Lyon, P. Derain, coll. « Les trois lotus », 1950, 30 p.
  • Shakti ou l'expérience spirituelle, (Introduction par Sri Anirvan) Lyon, Derain, coll. « Les dieux hindous », 1951, 38 p. (traduction en anglais, 1974)
  • Ma vie chez les Brahmanes, Flammarion, coll. « Homo sapiens », 1957, 216 p. (traduction en allemand, 1958, et en anglais, 1958 et 1972)
  • La Vie dans la vie : pratique de la philosophie du sâmkhya d’après l’enseignement de Shrî Anirvan, (avec Shrî Anirvan) Genève, Mont Blanc 1969. Rééd. Albin Michel, 1984, 240 p. (traductions en anglais, 1971, 1983, 2007)
  • Le pèlerinage vers la vie et vers la mort (avec Shrî Anirvan) Gollion, Infolio, coll. « Le maître et le disciple », 2009, 224 p. (traduction en anglais, 19
  • La quête de l'être, (Textes choisis et présentés par Jean-Pierre Marville & Pascale Blanc, avec trois conférences inédites), Bastia, Éditions Éoliennes, 2018, 188 p.

ArticlesModifier

  • « Solitude hindoue », Études carmélitaines, no 25,‎ 1948/1947, p. 216-224
  • « Couvent de Fa Ouan Nang Yok à Canton (Chine) », Revue théosophique "Le lotus bleu", vol. 53, no 9,‎ , p. 375-386
  • « Chez Swâmi Râmdâs », Revue théosophique "Le lotus bleu", vol. 54, no 6,‎ , p. 284-295
  • « Tiruvanamalai », Revue théosophique "Le lotus bleu",‎ , p. 549-555
  • « Mariage de poupées », France-Asie : revue mensuelle de culture et de synthèse franco-asiatique, no 41,‎ , p. 71-74
  • « Réflexions sur l’Inde », France-Asie  : revue mensuelle de culture et de synthèse franco-asiatique, no 60,‎ , p. 1273-1281
  • « Le bain dans le Gange », France-Asie : revue mensuelle de culture et de synthèse franco-asiatique, nos 66-67,‎ , p. 520-524
  • « Symbolisme du mariage dans les Himâlayas », France-Asie : revue mensuelle de culture et de synthèse franco-asiatique, no 124,‎ , p. 169-181

On doit en outre à Lizelle Reymond de nombreuses traductions, en collaboration avec Jean Herbert.

BibliographieModifier

Fanny Guex (Thèse de doctorat), Passeurs entre l'Inde et la Suisse romande : étude des parcours de Lizelle Reymond (1899-1994) et du Père Jean-Bernard Simon-Vermot (1923-2016), Lausanne, Université de Lausanne, , 344 p. (lire en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. a et b Lizelle Reymond, La Vie dans la vie : pratique de la philosophie du sâmkhya d’après l’enseignement de Shrî Anirvan, Mont Blanc 1969. rééd. Albin Michel 1984.
  2. Monique Delanoy, élève de Lizelle Reymond, sur http://www.taiji-lausanne.ch/Enseignante.html (Consulté le 29 juin 2020)

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

  • Témoignage de Nicole Henriod, enseignante de Tai-chi, qui fut élève de Lizelle Reymond à Lausanne dès 1972 (Lire en ligne - Consulté le 29 juin 2020)