Ligature (musique)

En notation musicale, la ligature désigne un signe consistant à grouper plusieurs notes en les reliant entre elles par un seul trait.

En français, le terme est également utilisé en organologie pour désigner un dispositif sur les instruments à anche simple qui permet le maintien de l'anche sur le bec.

OrganologieModifier

Sur les instruments à anche simpleclarinette, saxophone, etc. —, la ligature est un organe servant à maintenir l'anche sur le bec, tout en lui laissant la liberté de vibrer. On trouve généralement des ligatures souples en cuir, en métal, ou en matière plastique. Certaines ligatures rigides sont de véritables mécanismes de bridage. La terminologie est associée à la cordelette encore utilisée dans la réalisation des anches de hautbois, ou pour ligaturer les anches sur les clarinettes allemandes.

Sur les instruments à cordes - luth, vièles, etc. -, la ligature est soit une cordelette (en boyau ou nylon) enroulée autour du manche, faisant office de frette, soit une cordelette maintenant une frette en métal, contre le manche.

Ligature de clarinetteModifier

 
Ligature en métal à deux vis de serrage.

Une ligature de clarinette est un système de fixation de l'anche sur le bec de la clarinette. Celui-ci peut être en plastique, en métal, en cuir, ou encore être une simple cordelette. L'invention de la ligature en métal est attribuée à Iwan Müller au début du XIXe siècle[1].

Il existe de nombreux modèles de ligature dotés d'une ou deux vis de serrage qui ont fait régulièrement l'objet de brevets et de prix de concours[2],[3]. Dans la mesure où l'anche est correctement positionnée et immobilisée sur la table du bec par la ligature, son effet sur la qualité du son n'est pas réellement perceptible du public. Il existe des montages simple (vis côté anche) ou inversé (vis positionnée(s) à l'opposé de l'anche). On relève diverses dispositions dans la conception des ligatures pour maintenir l'anche en toute sécurité tout en minimisant la déformation par pression de l'anche et en permettant une vibration maximale: Certaines ligatures possèdent des rails de contact parallèles ou transversaux à l'anche, soit avec une bande métallique ou avec une plaque de pression. Les rails de contact peuvent être en métal, en bois ou en plastique. Les plaques de pression peuvent également avoir des points de contact surélevés, des griffes ou une forme concave pour contrôler le contact avec l'anche. Certaines bagues sont conçues pour un contact minimal avec l'embouchure, ce qui permettrait selon leur concepteurs une absorption encore plus faible des vibrations de l'anche.

En 1957, le clarinettiste Daniel Bonade a déposé un brevet d'invention pour un modèle de ligature en métal[2] qui est encore utilisée par de nombreux professionnels aujourd'hui. Divers modèles de ligature Bonade sont toujours fabriqués par la maison Hérouard & Bénard[4] à Ézy-sur-Eure. Des becs de clarinette et des anches ont également été commercialisés sous son nom.

La cordelette est encore utilisée par les clarinettistes en Allemagne. Les becs allemands modernes disposent de rainures taillées dans le corps du bec pour faciliter le maintien des spires de la cordelette et maintenir la ligature[5].

Dans la mesure où la clarinette est un instrument standardisé, le choix de la ligature (forme, couleur, matière, esthétique...) s'avère un moyen simple et visible offert au musicien de personnaliser son instrument.

Notation musicaleModifier

Dans les manuscrits autour du XVe siècle, la ligature est la réunion de deux ou trois notes sur la même hampe, soit sous la forme de carrés, soit sous la forme d'un trait large allant de la première note à la seconde.

 
 

OrigineModifier

L'origine des ligatures dans la notation médiévale se trouve dans l'écriture neumatique.
Les neumes apparaissent vers l'an mille au-dessus des paroles du Graduel. Ce sont de petits signes qui regroupent une ou plusieurs notes au sein d'un même mouvement mélodique (podatus, torculus etc.)
Si l'usage ne permettait pas de changer de syllabe dans un même neume, plusieurs neumes pouvaient constituer une « vocalise ». C'est la raison pour laquelle la ligature ne peut être confondue avec une liaison. L'écriture neumatique n'est pas diastématique, c'est-à-dire qu'elle n'a pas vocation à définir les hauteurs de notes, à l'inverse de notre solfège moderne. La longueur des notes n'est pas définie précisément. Tout au plus sait-on, selon le contexte, qu'une note est longue ou courte. Le chant grégorien n'est pas un chant mesuré comme on mesure les musiques plus tardives à l'aide d'un mètre, ou plus tard, à l'aide de mesures.
Le neume est une figure essentiellement mnémotechnique qui visualise la courbe, l'élan, la direction et l'interprétation du chant.

Dans la notation proportionnelle, plus tardive, les ligatures constituent une survivance de l'écriture neumatique. Elles regroupent un ensemble plus ou moins long de notes. Les notes, maintenant placées sur une portée, ont une hauteur définie. Mais dans cette notation "mesurée" (à l'aide d'un mètre et non d'une mesure) les notes incluses ont une longueur définie selon leur place dans la ligature, selon que la hampe va vers le bas ou vers le haut, selon la présence ou non d'une hampe.

RéférencesModifier

  1. Laura Warichet, Symbolisme musical : la clarinette, ou l'évocation du féminin au travers d’œuvres clés jalons du XIXe siècle, Faculté de philosophie, arts et lettres, Université catholique de Louvain, , 147 p. (lire en ligne).  .
  2. a et b (en) Daniel Bonade, « Ligatures for clarinets or the like #2791929 », sur freepatentsonline.com, United States Patent Office, (consulté le ).
  3. « Un musicien gagne le concours Lépine », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  4. « Hérouard et Bénard, modèles de ligatures pour clarinettes et saxophones, gamme de produits », sur www.herouard-benard.com (consulté le ).
  5. (en) Arnold Wendl, « The German String Ligature », sur woodwind.org, (consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Quelques fournisseurs de ligature