Type Lindauer

Les monnaies du type Lindauer sont un ensemble d'émissions de divisionnaires du franc français frappées entre 1914 et 1946, caractérisées par la diversité des métaux employés et le trou central, lequel n'a jamais été reproduit depuis en France. Le sujet commun à toutes ces monnaies est dû au graveur Edmond-Émile Lindauer.

Pièce de 10 centimes française (maillechort, 1939, revers et avers).

L'idée d'un trou central se trouve depuis longtemps dans les monnaies chinoises de type sapèque. En France, cette idée est soumise au parlement dès 1888 par Théodore Michelin, sans succès[1] et elle est finalement adoptée par décret le . En Belgique, dès 1901, Alphonse Michaux créée un type de pièces divisionnaires trouées.

Deux monnaies française avaient utilisé le nickel pour la première fois de 1903 à 1905, les 25 centimes Patey, mais ces pièces étaient lourdes, 7 grammes. Un concours est lancé en par la Monnaie de Paris. Dix projets sont retenus par le jury, et c'est celui de Lindauer qui l'emporte en , assorti d'une prime de 20 000 francs ; rarement un prix monétaire aurait été aussi médiatisé[2].

Lindauer proposa une pièce plus mince et évidée au centre, afin à la fois d'économiser le métal et de les distinguer des monnaies en argent. C'était le début d’une très longue série, les fameuses « pièces à trou » qui perdurèrent jusqu’en 1946, utilisant des métaux de moins en moins nobles.

Il est à noter que les pièces de 5 et de 10 centimes en cupronickel coexistèrent de 1914 à 1921 avec celles en bronze, de même valeur, de type Daniel Dupuis.

Le gouvernement de Vichy émit de 1941 à 1943 des pièces de 10 centimes et 20 centimes en zinc d’un type différent et également trouées, mais conçu par un autre médailleur. Ces pièces, avec le type Lindauer, constituent les seules pièces évidées au centre du monnayage français.

Lindauer a aussi gravé la pièce d’une piastre pour l’Indochine française en argent 900/1000 d’un poids de 20 grammes, frappée à Paris et émises à 16 millions d'exemplaires en 1931.

Ces pièces trouées ont servi à confectionner des volants utilisés pour le pilou, jeu de jonglage propre à Nice et à son arrière-pays, mais également de rondelles pour maintenir les joints de plomberie.

Chronologie des émissions pour la FranceModifier

Années Valeur Diamètre poids Métal Tirage total Commentaires
1914 10 centimes 21 mm g nickel pur 3 972 Petit trait sous « Cmes »
1914 à 1917 25 centimes 24 mm g nickel pur 1 641 016 Petit trait sous « Cmes »
1917 à 1920 5 centimes 19 mm g cupro-nickel 141 213 857 module trop grand
1920 à 1938 5 centimes 15 mm g cupro-nickel 619 442 788 réduction du module
1917 à 1938 10 centimes 21 mm g cupro-nickel 701 482 534
1917 à 1938 25 centimes 24 mm g cupro-nickel 314 372 733
1938 à 1939 5 centimes 17 mm 1,5 g maillechort 79 002 747 date encadrée par 2 points
1938 à 1939 10 centimes 21 mm g maillechort 314 372 733 idem
1938 à 1940 25 centimes 24 mm g maillechort 51 581 241 idem
1941 10 centimes 21 mm 2,5 g zinc 238 875 200 type de la IIIe République pour l'État français
1945 à 1946 10 centimes 17 mm 1,5 g zinc 64 365 360 gouvernement provisoire
1945 à 1946 20 centimes 24 mm g zinc 14 589 297 idem

NotesModifier

  1. Cf. Document en ligne cité par E. Dewamin, Cent ans de numismatique française.
  2. « La Monnaie de nickel », par Ch. Dauzats, in: Le Figaro, Paris, 19 février 1914, p. 1 — sur Gallica.

Voir aussiModifier