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Carte montrant la répartition de la population lezguine au Daguestan (Russie) et en Azerbaïdjan en 2003 et les zones approximatives revendiquées par les groupes nationalistes lezguines.

Lezghistan[1] lezghien: Леӄи (lek'i)) peut faire référence à :

  • un terme parfois appliqué pour décrire l'actuel Daghestan, avant la Révolution russe[2].
  • un concept irrédentiste de l'organisation séparatiste Sadval dont l'objectif est la création d'une entité ethno-politique unifiée des régions lezguines habitées au-delà la frontière du Daghestan russe[3] et d'Azerbaïdjan.

Concept historiqueModifier

 
Lezgistan from map of the Caucasus by Johann Gustav Gaerber (1728)

Alors que les historiens grecs antiques, dont Hérodote, Strabon et Pline l'ancien, dénommaient le peuple Legoi, Lekoi ou Geloi les personnes qui peuplaient l'Aghbanie, les historiens arabes du IXe siècle et du Xe siècle mentionnent le Royaume de Lakz dans l'actuel sud Daguestan[4]. Al Masoudi dénommait les habitants de cette région Lakzams (Lezguines)[5], qui défendaient le Chirvanchah contre les envahisseurs du nord[6].

Avant la Révolution russe, Lezguine était un terme appliqué à tous les groupes ethniques vivant dans l'actuelle république russe du Daghestan[7].

Concept politiqueModifier

À la suite de la Perestroïka, des revendications d'autonomie se firent jour avec notamment la création en juillet de 1990 du mouvement lezguine, « Sadval » (Unité) à Derbent, au Daghestan[8] qui vise à l'unification du peuple lezguine et à partir de 1991 à la création d'un état. Or, ce qui n'était que limite administrative entre l’Azerbaïdjan et le Daghestan devint frontière entre deux États, la Russie et l'Azerbaïdjan. En 1991, en Azerbaïdjan, est créée l'organisation nationale lezguine Samur qui s'oppose à toute révision des frontières et donc prône une intégration avec l’Azerbaïdjan et en 1992, la création du Parti démocratique lezguine d'Azerbaïdjan. Au Daghestan, Alpan,un parti politique se crée avec l'objectif d'une union du peuple lezguine. À la suite d'une radicalisation de Savdal, avec notamment des camps d’entraînement[9], en juillet 1999 des membres de Savdal sont accusés d'avoir fait évader un lezguine, Kassoum Makhmoudov, d'Azerbaïdjan. Celui-ci est cité pour avoir fomenter en 1994 les attentats à la bombe dans le métro de Bakou, où 27 personnes furent tuées[10]. Les Russes l'arrêtèrent et voulurent le transférer en Azerbaïdjan, via le Daguestan, mais lors du transfert, il fut libéré par un commando lezguine armé. Le commanditaire fut arrêté et il y eut de nombreuses manifestations et actes de sabotage de la part de la population lezguine.

RéférencesModifier

  1. www.panorama.am
  2. « Лезгистан », Энциклопедический Словарь Ф.А.Брокгауза и И.А.Ефрона, Библиотека «Вѣхи»,‎ 1890-1907 (consulté le 21 avril 2011)
  3. (en) Sergey Markedonov, Radical Islam in the North Caucasus, Center for Strategic and International Studies, (ISBN 0892066148, lire en ligne), p. 2
  4. (en) Martin Haspelmath, A grammar of Lezgian, Walter de Gruyter, (ISBN 3110137356, lire en ligne), p. 17
  5. Yakut, IV, 364. According to al-Masoudi (Murudzh, II, 5)
  6. VFMinorsky. History of Shirvan. M. 1963
  7. (en) James Stuart Olson, Pappas, Nicholas Charles, An Ethnohistorical dictionary of the Russian and Soviet empires, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0313274975, lire en ligne), p. 438
  8. Minorities at Risk Project, Chronology for Lezgins in Russia, 2004 (accessed 21 September 2011)
  9. (en) Frederik Coene, The Caucasus: an introduction, Taylor & Francis, (ISBN 0415486602, lire en ligne), p. 161
  10. « Acts of terrorism in Metro in other countries », Pravda (consulté le 29 mars 2010)