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Les Hommes de bonne volonté est une suite romanesque écrite par Jules Romains, constituée de 27 volumes, publiés régulièrement entre 1932 et 1946. L'expression provient d'une citation biblique (Évangile de Luc, chap. 2, verset 14)[1] .

Caractéristiques de l'œuvreModifier

La fresque romanesque débute le 6 octobre 1908 par une présentation de Paris et des protagonistes, et se termine le 7 octobre 1933. Cette œuvre se fonde sur quelques principes de construction :

  • les personnages sont nombreux, et censés être représentatifs des différentes classes de la société. On y trouve par exemple des hommes politiques, des actrices, un enfant qui habite à Montmartre, une famille du 16e arrondissement, un chien, des étudiants, un prêtre…
  • même si certains romans se focalisent plutôt sur un des personnages, le but de l'auteur est plutôt de rendre compte, à une date donnée, de la vie de chacun. Au fil de ces vingt-quatre années, on voit donc des personnages évoluer dans la société, se marier, faire faillite ou mourir. On a donc la grande histoire (la première guerre mondiale, la construction de l'Europe) et la petite (les criminels, les hommes d'affaires, les mondaines et les demi-mondaines…) ;
  • une grande part des œuvres est dévolue aux pensées de chacun. Jules Romains se met dans la peau de chacun, avec ses interrogations, ses pensées quotidiennes, ses sentiments personnels ;
  • enfin, servant de fil rouge, deux personnages se retrouvent régulièrement au fil des romans : Pierre Jallez et Jean Jerphanion se rencontrent à l'École normale, rue d'Ulm, dans le premier roman, où ils entrent comme étudiants. Malgré leurs différences d'origines (Jerphanion est provincial, fils de paysans, Jallez est parisien), ils deviennent amis, et n'ont de cesse de comprendre et commenter leur époque, tous deux soucieux d'apporter leur pierre, fût-elle petite, à l'édifice humain. Le dernier roman se finit sur une phrase lancée par l'un des deux.

Analyse et critiqueModifier

Dans une introduction détaillée, Jules Romains décrit ce qu'il souhaitait faire :

  • décrire la société par couches, de manière simultanée, aux mêmes périodes ;
  • se fonder sur une multiplicité de points de vue, et rendre compte des sentiments personnels autant que des pensées générales ;
  • établir une correspondance entre ses personnages, dont la somme des âmes personnelles aboutit à une âme collective (c'est le principe de l'Unanimisme), celle des hommes de bonne volonté.

Cette étude, naturaliste et romanesque, fait penser au travail d'Émile Zola avec Les Rougon-Macquart. Jules Romains s'en est démarqué dans son introduction aux Hommes de Bonne Volonté, en expliquant les différences majeures.

Chronologie et dates de parutionModifier

Vol. Titre Parution[2] Période
1
Paris, 1932 1908
2
Paris, 1932 1908
3
Paris, 1932 1908
4
Paris, 1932 1908
5
Paris, 1933 1908-1909
6
Paris, 1933 1909-1910
7
Paris, 1934 1910
8
Paris, 1934 1910
9
Paris, 1935 1910-1911
10
Paris, 1935 1911
11
Paris, 1936 1911-1912
12
Paris, 1936 1912
13
Paris, 1937 1913
14
Paris, 1937 1913-1914
15
Paris, 1938 1914-1916
16
Paris, 1938 1916
17
Paris, 1939 1919
18
Paris, 1939 1919-1920
19
New York, 1941 (Paris, 1945) 1922
20
New York, 1941 (Paris, 1945) 1922
21
New York, 1942 (Paris, 1946) 1923
22
New York, 1943 (Paris, 1946) 1923-1924
23
New York, 1944 (Paris, 1946) 1926
24
New York, 1944 (Paris, 1946) 1928
25
Paris, 1946 1933
26
Paris, 1946 1933
27
Paris, 1946 1933

ÉditionsModifier

  • Jules Romains, Les Hommes de bonne volonté, Paris, Laffont, collection Bouquins, 4 volumes, 1988. (Le volume IV comprend une fichier des personnages et un index des personnages établis par Lise Jules-Romains)
  • Les dossiers préparatoires ont été publiés par les Cahiers Jules Romains, n° 5 à 7, Flammarion, 1982-1987 (ISSN 0150-228X)

BibliographieModifier

  • André Cuisenier, Jules Romains et Les Hommes de bonne volonté, Paris, Flammarion, 1954
  • André Cuisenier, Jules Romains, l'Unanimisme et Les Hommes de bonne volonté, Paris, Flammarion, 1969
  • Noël Martin-Deslias, Jules Romains ou quand Les Hommes de bonne volonté se cherchent, Paris, Nagel, 1951.

Notes et référencesModifier