Le Balai citoyen

Le Balai citoyen[1] est un mouvement issu de la société civile du Burkina Faso, qui a notamment pris part à l'opposition au président Blaise Compaoré. Le balai est un regroupement d'association de jeunes engagées dans la lutte contre la mal gouvernance. Parmi ces associations, on peut citer le Réseau Baké, Génération cheikh Anta Diop, le REPERE, le mouvement des sans voix, l'organisation des Journalistes représentés les journaux le Repère et Mutation, le Cadre de Réflexion et d'Action Démocratique (CADRe) et le Balai Citoyen qui étaient initialement l'organisation des artistes engagées. C'est dans le processus de création que la commission de dénomination a fait la concession de prendre le nom Balai Citoyen pour ce regroupement d'organisation qui c'était fixé pour objectif principal d'empêcher la modification de l'article 37 de la constitution qui devrait permettre à Blaise de Compaoré de se représenter.

Le lancement du mouvement a eu le 23 août 2013 avec pour premier porte parole Hipolythe Domboué qui était en même le Secrétaire Exécutif National du CADRe et Smokey le deuxième porte parole.

Le logo du Balai a été proposé par Serges DAO, un des leaders des mouvements de jeunesse de la ville de Bobo Dioulasso

Le Balai a organisé différentes actions de protestation durant l'année 2014, dont la tenue d'un meeting conjoint avec une trentaine de partis d'opposition, qui rassemble le plus de 35 000 personnes au stade du 4-Août de Ouagadougou[2],[3].

ContexteModifier

Le mouvement s'inscrit dans la mouvance sankariste, et se réclame de l'héritage et des idéaux du capitaine Thomas Sankara, révolutionnaire marxiste-léniniste, anti-colonialiste et figure du Mouvement des non-alignés, qui a dirigé le pays entre 1983 et son assassinat, le , à la suite d'un putsch orchestré par son successeur et ancien frère d'arme Blaise Compaoré. Sams’K Le Jah, co-fondateur du Balai citoyen, a été membre des Pionniers de la Révolution, le mouvement de jeunesse de la « Révolution démocratique et populaire » de Sankara[4].

Le mouvement a été nommé Balai citoyen pour faire écho à la volonté de nettoyer le pays de la corruption politique, et en mémoire des activités collectives régulières de balayage des rues — initiées par Thomas Sankara — durant lesquelles les citoyen(ne)s étaient appelé(e)s à se munir de leurs balais et à nettoyer leur voisinage, dans un acte ayant une dimension civique mais également symbolique, comme métaphore de la prise en main par la population de son propre destin. Les militant(e)s du mouvement brandissent des balais durant leurs actions de protestation en hommage à ces références[5],[4],[6].

HistoriqueModifier

En , lors de la deuxième révolution burkinabé, le Balai citoyen est en première ligne des mouvements de protestation et se fait remarquer par la présence de ses militant(e)s dans les rues[7]. Le président Compaoré est contraint par la pression populaire d'abandonner le pouvoir et fuit le pays le , après 27 ans de règne. La présidence est alors occupée par les militaires, qui nomment l'officier pro-opposition Yacouba Isaac Zida chef de l'État par transition du pays. Le Balai citoyen lance une opération symbolique de balayage des rues de Ouagadougou après le départ de Compaoré[8] et accorde son soutien à la transition menée par Zida[9]. Cependant, ses leaders appellent à rester « vigilant et en alerte maximale, pour ne laisser personne voler la victoire du peuple souverain »[10].

Les locaux d’enregistrement de Serge Bambara « Smockey » ont été détruits une première fois en , par des partisans de l’ex-président. Puis ils brûlent à nouveau en 2016. Répondant aux questions d’un journaliste en été 2016, Serge Bambara affirme que le mouvement est actif dans les quartiers (« Club Cibal »), mène des actions de nettoyage ou de reboisement, et a même organisé une action de don de sang au niveau national. Il affirme que le mouvement ne peut pas devenir un parti politique, mais qu’il contribue à la formation de la jeunesse[11].

RécompenseModifier

Le mouvement burkinabé a reçu, le , le prix Ambassadeur de la conscience, décerné par Amnesty International à des personnalités (civile ou morale) ayant défendu et amélioré la cause des droits humains et fondamentaux — la récompense est partagée avec les Sénégalais d’Y en a marre, le mouvement congolais Lutte pour le changement (Lucha) et la chanteuse béninoise Angélique Kidjo[12].

RéférencesModifier

  1. Maggie Trowe, « Burkina Faso: Protests depose hated president », The Militant, États-Unis,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  2. « Burkina Faso : meeting de l'opposition dans le plus grand stade de Ouagadougou - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com, https://plus.google.com/u/0/+jeuneafrique/posts (consulté le 9 janvier 2016)
  3. Ryan Cummings, « Burkina Faso and the Harnessing of a Revolution », sur www.theglobalobservatory.org, International Peace Institute, (consulté le 8 novembre 2014)
  4. a et b Alex Duval Smith, « 'Africa's Che Guevara': Thomas Sankara's legacy », British Broadcasting Corporation, Londres,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  5. « With Brooms and Spatulas, a President for Life is Ousted », Inter Press Service, Rome,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  6. Daniel K. Kalinaki, « Burkina Faso: End of the ‘error’ of Africa’s strongman rule? », The EastAfrican, Kenya,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  7. David Lewis, « 'One game too far': the downfall of Burkina Faso's president », Reuters, Londres,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  8. « Après avoir chassé le Président, le « balai citoyen » du Burkina nettoie les rues de Ouagadougou », Rue89, Paris,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  9. « Lt. Colonel Isaac Yacouba Zida Declares Himself As New Leader of Burkina Faso », The Accra Report, Accra,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  10. Robert Mackey, « Street-Level Views of the Protests in Burkina Faso », The New York Times, New York,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2014)
  11. Christophe Koessler, « « Rien n'a été fait au Burkina » », Le Courrier,‎ 2016 issn= (lire en ligne).
  12. « «A la Lucha, nous n’avons pas peur d’aller en prison », sur www.lemonde.fr, (consulté le 27 juillet 2019).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier