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Mise en scène de La Mort de Danton au Deutsches Theater de Berlin en 1981.

La Mort de Danton (Dantons Tod) est un drame en quatre actes du dramaturge allemand Georg Büchner, composé de janvier à février 1835 et publié la même année avec le sous-titre Images dramatiques de la Terreur en France. Sa première représentation n'a eu lieu que le 5 janvier 1902 au théâtre Belle-Alliance (de) de Berlin, par la Vereins Neue Freie Volksbühne (de) ; la pièce a en effet longtemps été considérée comme injouable. Comme les deux autres pièces de l'auteur (Léonce et Léna et Woyzeck), elle ne fut reconnue à sa juste valeur qu'à l'époque du naturalisme.

Elle a été adaptée à l'opéra par Gottfried von Einem : pour son premier opéra, il met en musique une adaptation de la pièce par Boris Blacher, et l’œuvre est créée au Festival de Salzbourg en 1947, avec grand succès.

RésuméModifier

Premier acteModifier

Dans le premier acte de ce drame historique sont présentés trois groupes de révolutionnaires : les partisans de Danton, les Robespierristes et le peuple, qui ont en commun de ne pas être d'accord avec l'évolution de la Révolution. Les deux révolutionnaires Danton et Robespierre ont des vues différentes sur la poursuite du soulèvement. Les partisans de Danton souhaitent la fin des mesures de Robespierre, qui ont déjà fait beaucoup souffrir le peuple. Ils ne trouvent pas dans la Révolution la réponse aux questions matérielles et morales que posent les hommes. Un citoyen déplore le fait que sa fille doive se prostituer pour subvenir aux besoins de sa famille. Danton accepte la proposition de ses amis de rencontrer Robespierre mais cette rencontre reste infructueuse. Robespierre se résout alors à la mort de Danton mais doute encore de la justesse de cette décision.

Deuxième acteModifier

Les amis de Danton le pressent d'agir ou au moins de fuir les partisans de Robespierre. Mais Danton n'en voit pas la nécessité et ne croit pas que la Convention osera prendre des mesures contre lui (Ils n'oseront pas). Danton confie à sa femme Julie ses remords sur sa responsabilité dans les massacres de Septembre. Il est emprisonné et conduit devant l'Assemblée Nationale. L'assemblée est partagée : elle devait lui être acquise mais les discours enthousiastes de Robespierre et Saint-Just renversent l'opinion.

Troisième acteModifier

Les prisonniers dialoguent sur l'existence de Dieu. Les Dantonistes sont transférés à la Conciergerie. Pendant ce temps le tribunal s'arrange pour composer le jury avec des hommes fidèles. Danton se présente avec assurance devant le tribunal. Cette assurance et sa volonté de justice impressionnent le public. Vu ces signes de sympathie de la part des auditeurs, l'audience est suspendue. Les membres du tribunal inventent un complot pour faire basculer le public. Lors de la seconde séance du tribunal révolutionnaire, Danton perd la faveur de peuple au regard de son mode de vie, assassiné par des amalgames puritains.

Le programme libéral de Danton se révèle inacceptable par les masses.

Quatrième acteModifier

Danton et ses partisans sont condamnés à mort. Danton et son ami Camille Desmoulins échangent des pensées sur la vie et la mort. Julie, la femme de Danton, à qui elle avait promis fidélité au-delà de la mort, s'empoisonne chez elle. Le peuple se montre curieux et ironique sur le chemin de l'échafaud. Lorsque Lucile Desmoulins voit son mari Camille monter à l'échafaud, elle devient folle et se résout elle aussi à mourir. Elle crie : « Vive le roi ! », déterminant ainsi son propre arrêt de mort.

BibliographieModifier

  • Sverker Ek (trad. Monique d'Argentré-Rask), « Avatars d'un mythe : La mort de Danton, drame de Georg Büchner et son histoire », Annales historiques de la Révolution française, no 277,‎ , p. 274-292 (lire en ligne).
  • Camille Jenn, « La mise en scène de la Révolution dans le théâtre de Christian Dietrich Grabbe et Georg Büchner : critique fondamentale et déconstruction du mythe révolutionnaire dans Napoléon ou les Cent-Jours et La Mort de Danton », dans Francine Maier-Schaeffer, Christiane Page et Cécile Vaissié (dir.), La révolution mise en scène, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Le Spectaculaire Arts de la scène », , 348 p. (ISBN 978-2-7535-1981-7, présentation en ligne), p. 69-82.
  • Marielle Silhouette, « La Révolution à l’épreuve de l’histoire : La Mort de Danton de Georg Büchner et Danton de Romain Rolland sur les scènes de Max Reinhardt », dans Francine Maier-Schaeffer, Christiane Page et Cécile Vaissié (dir.), La révolution mise en scène, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Le Spectaculaire Arts de la scène », , 348 p. (ISBN 978-2-7535-1981-7, présentation en ligne), p. 83-96.
  • Richard Thieberger, La Mort de Danton de Georges Büchner et ses sources, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Travaux et mémoires des instituts français en Allemagne », 1953, 226 p.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier