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La Méthode (Edgar Morin)

œuvre majeure d'Edgar Morin
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Méthode.

La Méthode est l'œuvre majeure d'Edgar Morin. Cette somme est constituée de six volumes, que l'on pourrait qualifier d'encyclopédique : la méthode y est déroulée de façon cyclique, pour ne pas dire répétitive, s'appliquant à de nombreuses notions dont certaines sont reprises ci-après. Il convient de noter que les quatre premiers volumes n'ont pas été écrits à la suite les uns des autres. Il n'est pas nécessaire de s'attacher à les lire dans l'ordre.

Sommaire

LivresModifier

La nature de la natureModifier

Article détaillé : La Nature de la nature.

Le premier volume, intitulé La Nature de la nature, présente la méthode en adoptant un point de vue physique où sont traités les concepts d'ordre et de désordre, de système, d'information etc.

La vie de la vieModifier

Le second, intitulé La vie de la vie, aborde le vivant, la biologie.

La connaissance de la connaissanceModifier

Le troisième volume de La Méthode est intitulé La connaissance de la connaissance et s'intéresse à la genèse au fil du temps de celle-ci en abordant cette connaissance du point-de-vue anthropologique plutôt que purement épistémologique. Ce tome s'organise à partir d'une interrogation via différents outils de la connaissance humaine, logique, raison, principe d'universalité, principe de vérité, philosophie, science, etc. pour y développer les bases d'une épistémologie complexe. Cette approche de la complexité du phénomène de connaissance se veut « multidimensionnelle », rappelant que la connaissance possède à la fois des aspects de compétence (aptitude à produire de la connaissance), de cognition), et qu'un savoir résulte des activités précédentes. L'ensemble des connaissances que nous produisons sont liées à nos « processus énergétiques, électriques, chimiques, physiologiques, cérébraux, existentiels, psychologiques, culturels, linguistiques, logiques, idéels, individuels, collectifs, personnels, trans-personnels et impersonnels, qui s'engrènent les uns dans les autres. » La connaissance se voit pour cette raison qualifiée de phénomène « multidimensionnel », c'est-à-dire comportant des aspects physique, biologique, psychologique et social.

Edgar Morin prend acte que l'organisation de notre connaissance est pour l'instant disjointe, et pour des raisons pratiques morcelée en disciplines séparées. La brisure entre philosophie et science en est vue comme une cause primordiale (évoquant le dualisme esprit/cerveau), disjonction qui s'est poursuivie dans la séparation et le cloisonnement disciplinaire des sciences naturelles (physique/biologique) et des sciences humaines (linguistique, psychologie, sociologie, anthropologie). Ce morcellement nécessaire à l'analyse détaillée a fortement stérilisé la relation des savoirs liés à la possibilité d'une connaissance de la connaissance, et nous conduit vers ce que l'épistémologue Georges Gusdorf nommait une « pathologie du savoir ». Il résume ainsi dans son avant-propos que le but de ce livre est « de considérer, à partir de ces acquis et des problèmes qu'ils posent, les possibilités et les limites de la connaissance humaine. »[1]

C'est dans ce volume qu'Edgar Morin mettra notamment à jour certaines de ses notions comme la computation, le principe hologrammatique, la dialogique ou l'Arkhe-Esprit. On n'a pas observé par la suite de conséquence opérationnelle de ces travaux dans quelque domaine que ce soit.

Les idéesModifier

Les troisième et quatrième volume pourraient être regroupés en un seul puisqu'ils abordent le thème de la connaissance. Néanmoins le quatrième tome de La Méthode : Les idées, leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation, d'après les mots d'Edgar Morin, « pourrait aussi en être le premier ». En effet, « il constitue l'introduction la plus aisée à « la connaissance de la connaissance » et de façon inséparable au problème et à la nécessité d'une pensée complexe ». Il complète l'œuvre épistémologique du troisième tome en abordant la connaissance du point de vue collectif ou sociétal (« l'organisation des idées »), puis au niveau de la « vie des idées », qu'il appelle la noologie. Il traite en particulier dans un dernier chapitre des notions philosophiques de langage, de logique et de paradigme, auxquelles il applique superbement sa méthode.

Dans une note de lecture[2], Jean-Louis Le Moigne souligne l'importance du dernier chapitre de ce tome 4 qu'Edgar Morin consacre à « La Paradigmatologie » : « Encore un néologisme nouveau dira-t-on ? Sans doute, mais il me semble si fécond pour nous permettre d'entendre la richesse de l'univers pensable sans commencer par l'appauvrir en la simplifiant ». Jean-Louis Le Moigne cite pour conclure Edgar Morin : « Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d'un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d'une paradigmatologie. Il s'agit non de la tâche individuelle d'un penseur mais de l'œuvre historique d'une convergence de pensées. »

L'humanité de l'humanité, L'Identité humaineModifier

Le cinquième volume L'humanité de l'humanité, L'Identité humaine est consacré à la question de l'identité.

L'ÉthiqueModifier

La Méthode se termine par un sixième tome intitulé L'Éthique qui se consacre à cette notion philosophique et prône une éthique de la compréhension.

ÉditionsModifier

  • 1977, La Nature de la nature (t. 1), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1981
  • 1980, La Vie de la vie (t. 2), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1985
  • 1986, La Connaissance de la connaissance (t. 3), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1992
  • 1991, Les Idées, leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation (t. 4), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1995
  • 2001, L’Humanité de l’humanité - L’identité humaine (t. 5), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 2003
  • 2004, Éthique (t. 6), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 2006

En 2008, sort un coffret en deux volumes regroupant les six tomes, à la collection Opus, aux éditions du Seuil (ISBN 978-2-02-096872-0), 2500 pages.

Notes et référencesModifier

  1. Dans les années 2010, le deep learning constituera un premier essai de synthèse de connaissances éparses donnant des résultats pratiques, mais n'utilisera guère les travaux de Morin.
  2. voir le site du Mouvement pour la Pensée Complexe

Voir aussiModifier

Bibliographie autour de La MéthodeModifier

  • Daniel Bougnoux, Jean-Louis Le Moigne, Serge Proulx (dir), Colloque de Cerisy. Arguments pour une méthode, autour d’Edgar Morin, 1990, Éditions du Seuil.
  • Robin Fortin, Comprendre la complexité, Introduction à La Méthode d'Edgar Morin, 2004, L'Harmattan.
  • Marius Mukungu Kakangu, Vocabulaire de la complexité, Post-scriptum à La Méthode d'Edgar Morin, 2007, L'Harmattan.
  • Robin Fortin, Penser avec Edgar Morin, Lire La Méthode, 2008, Les Presses de l'Université Laval.
  • Ali Aït Abdelmalek, (Préface d'E. Morin), Edgar Morin, sociologue de la complexité, 2010, Ed. Apogée (Rennes)

Liens externesModifier