Ouvrir le menu principal

L'Auberge de l'Ange gardien

livre de comtesse de Ségur

L'Auberge de l'Ange gardien
Image illustrative de l’article L'Auberge de l'Ange gardien

Auteur Comtesse de Ségur
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman pour enfants et adolescents
Éditeur Hachette
Collection Bibliothèque rose illustrée
Date de parution 1863
Type de média Livre papier
Illustrateur Foulquier
Chronologie

L'Auberge de l'Ange gardien est un roman pour enfants écrit par la comtesse de Ségur en 1863, et dédicacé à ses petits fils, Louis et Gaston de Malaret. Sa suite est Le Général Dourakine.

Sommaire

RésuméModifier

Deux enfants perdus, Jacques et Paul, sont recueillis par un brave militaire, Moutier. Ils s'arrêtent à l'auberge de l'Ange Gardien, tenue par l'excellente Mme Blidot et sa sœur Elfy qui les adoptent tandis que Moutier part pour la guerre de Crimée. À son retour, grâce à la générosité du général Dourakine auquel il a sauvé la vie... qu'il a fait prisonnier et qui veut lui témoigner sa reconnaissance, il est en mesure de demander la main d'Elfy. Et plus tard, encouragé par le général Dourakine, Dérigny attaché à ses enfants, demande la main de Mme Blidot.

Contexte historiqueModifier

 
Le Zouave du pont de l'Alma, inspiré par le même stéréotype héroïque que le héros de la comtesse de Ségur

Peut-être parce qu'il s'adresse à des garçons, le roman se déroule avec en toile de fond la Guerre de Crimée, bien connue du public européen grâce au développement récent de la photographie. Ceci permet à la comtesse de Ségur d'évoquer en passant l'épidémie de choléra de Gallipoli, qui fit des milliers de morts[1], la bataille de l'Alma, le siège de Sébastopol, les batailles de Balaklava, d'Inkerman et de Malakoff, « un de ces combats flambants, où chaque soldat est un héros » selon le modeste sergent Moutier, héroïque figure de zouave si chère aux Parisiens.

Le roman ne fait nullement l'apologie de la chose militaire. La bataille de Balaklava était restée dans les mémoires comme une boucherie inutile (voir la Charge de la brigade légère). Le père des petits Jacques et Paul, qui reparaît miraculeusement à la fin du roman, fait au contraire figure de victime de la conscription malgré un tirage au sort qui lui semblait favorable. Déserteur, il est arrêté par les gendarmes devant ses enfants terrifiés. Moutier revient de Crimée couvert de médailles mais toujours trop pauvre pour se marier.

Avec le personnage de Moutier, la comtesse de Ségur tente de concilier les figures populaires héroïques comme celles des soldats de l'an II (une soixantaine d'années avant)[réf. nécessaire] avec l'idéal chrétien dont elle s'est inspirée dans une autre des ses œuvres Actes des apôtres[2].

Contexte littéraireModifier

 
Couverture de L'Auberge de l'Ange gardien, Bibliothèque rose.

L'Auberge de l'Ange gardien paraît en 1863, un an après Les Misérables. On y trouve des personnages et des situations qui ne sont pas sans rappeler le roman de Victor Hugo, notamment ces figures d'enfants abandonnés. L'orphelin Torchonnet, que sa mère a confié à un aubergiste peu scrupuleux qui le traite en esclave, évoque le personnage de Cosette aux mains des Thénardier. Comme Cosette délivrée par Jean Valjean, il est arraché à son martyre et confié au bon curé du village. Mais il récidivera néanmoins (atavisme?) une dernière fois (?) en volant une timbale de vermeil dans le nécessaire du général Dourakine.

Le personnage falstaffien du général Dourakine apporte un contrepoint comique à ces figures pathétiques, mais il représente aussi, malgré son côté bonhomme et par ses homériques colères, une société russe attardée qui sera largement mise en lumière dans le roman suivant, Le Général Dourakine.

CitationsModifier

  • La bibliothèque idéale de la bonne ménagère :

« [..] Il regarda les livres : Imitation de Jésus-Christ, Nouveau Testament, Parfait Cuisinier, Manuel des ménagères, Mémoires d’un troupier[3]. Moutier sourit : “À la bonne heure ! Voilà des livres que j’aime à voir chez une bonne femme de ménage !” »

  • L'amitié :

« [..] Moi, quand j’aime les gens, je les fais travailler. Il n’y a rien que je déteste comme les gens qui ne font rien, qui vous laissent vous échiner sans seulement vous offrir le bout du doigt pour vous aider. »

  • Les droits des femmes en Russie au XIXe siècle :

« LE GÉNÉRAL : Je suis votre mari, vous êtes ma femme, j’ai le droit de vous battre, de vous faire crever de faim, de froid, de misère.
MADAME BLIDOT, riant : Et moi, quels sont mes droits ?
LE GÉNÉRAL : De pleurer, de crier, de m’injurier, de battre les gens, de déchirer vos effets, de mettre le feu à la maison même dans les cas désespérés. »

IllustrateursModifier

Ce roman a été illustré notamment par Valentin Foulquier (1863), Jobbé-Duval, Matéja, André Pécoud, Étienne Le Rallic, Pierre Le Guén (1960), etc.

 
Porte cela dans le creux de l'arbre, vignette de Foulquier (1863).

AdaptationModifier

Liens internesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

  1. Ville de Gallipoli sur istanbulguide.net.
  2. Actes des apôtres est une œuvre de la comtesse de Ségur, son titre fait référence au texte Les Actes des Apôtres de la Bible
  3. L'auteur est Anatole de Ségur, le second fils de la comtesse.
  4. DVD