Khmers (ou Cambodgiens)

groupe ethnique dominant du Cambodge
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Khmers / Cambodgiens
Description de cette image, également commentée ci-après
Paysan khmer avec sa récolte de jus de palme.

Populations significatives par région
Drapeau du Cambodge Cambodge 17 millions
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam plus de 2,9 million
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande plus de 1,7 million
Drapeau des États-Unis États-Unis 276 667
Drapeau de la France France 80 000
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 45 610
Drapeau de l'Australie Australie 36 920
Drapeau de la Malaisie Malaisie 30 113
Drapeau du Canada Canada 25 245
Population totale entre 18 et 19 millions
Autres
Régions d’origine Cambodge, Thaïlande, Viêt Nam
Langues Khmer
Religions Bouddhisme theravāda, animisme, culte des ancêtres

Les Khmers ou Cambodgiens sont les habitants du Cambodge.

Visage présumé du grand roi Jayavarman VII.
Serveuse dans un restaurant à Siem Reap.
Tatouage (yantra de protection).
Nonne cambodgienne.
Enfant khmère au pied d'un temple angkorien.

Ce sont les descendants de l'empire khmer (ou « empire d'Angkor » ou « Cambodge impérial ») qui a dominé la péninsule indochinoise du IXe au XIIIe siècle[1],[2]

Ils ont bâti, au fil des siècles, une civilisation riche et fascinante dont l'originalité ne se limite pas aux temples d’Angkor mais s’exprime également à travers la gestuelle (le sâmpeah, le salut cambodgien), les cérémonies, les rituels, les techniques magiques (les tatouages de protection) et thérapeutiques (le grattage avec une pièce de monnaie), l’artisanat (laque, argenterie, soie, céramique), le dressage des éléphants[3], la gastronomie, les jeux (les échecs khmers), les sports (la boxe khmère, les courses de pirogues), la musique, les arts de la scène (le grand théâtre d’ombres, le Ballet royal), la littérature (classique et populaire).[4]

Beaucoup de ces éléments culturels sont connus en Occident sous leur forme dérivée thaïe ou siamoise (le salut, le massage, les tatouages, la boxe, les échecs, la musique, la danse, etc.).

On utilise souvent le mot « khmer » (ខ្មែរ /kʰmae/) pour désigner le groupe ethnique majoritaire (90%), réservant le mot « cambodgien » (កម្ពុជា /kampuʔcie/) pour désigner les citoyens du Cambodge pris dans leur ensemble (en incluant les minorités). Mais les Khmers se définissent eux-mêmes ethniquement et culturellement par les deux termes. Le mot « cambodgien » (កម្ពុជា /kampuʔcie/), s'il est plus souvent utilisé dans un cadre étatique ou administratif, n'en signifie pas moins « issu de la race (/cie/) de Kambu /kampuʔ/ » et renvoie à l'origine mythique des Khmers, nés de l'union de Kambu, prince ou ermite indien avec une nymphe ou une princesse nâgî indigène du nom de Merâ (l'épigraphiste George Cœdès a d'ailleurs émis l'hypothèse que le mot « khmer » vienne de l'association des deux noms : K[ambu]+Mer[â]).[4],[5]

Cette double dénomination khmer/cambodgien peut parfois induire en erreur et laisser penser qu’il s’agit de deux peuples distincts.

Certains Français utilisent à tort le mot Khmer pour dire Khmer rouge. D’autres vont même jusqu'à se servir du mot Khmer, dans le débat politique hexagonal, pour désigner un individu despotique et cruel ou un groupe extrémiste sans pitié (Éric Woerth : « Macron a un comportement indigne, un comportement de Khmer »)[6]. On voit fleurir ici et là des « Khmers verts » (certains écologistes radicaux)[7], des « Khmers blancs », (chantres de la « dictature sanitaire »)[8], des Khmers noirs (le FPR rwandais, pour certains militaires français de l'opération Turquoise)[9], etc. Cette utilisation fautive (cela équivaut à dire Allemand pour Nazi) blessent profondément les Khmers francophones et suscitent à chaque fois les protestations les plus vives de la part de membres éminents de la diaspora cambodgienne en France, comme le cinéaste Rithy Panh, par exemple[10].

D'importantes minorités khmères vivent également dans les pays voisins du Cambodge dont elles sont la population autochtone, notamment les « Khmers Surin » en Thaïlande dans la région de l'Isan et les Khmers Krom (« les Khmers d'En-bas ») au Viêt Nam, dans le delta du Mékong, territoire que les Cambodgiens continuent d'appeler le « Cambodge d'En-bas » (កម្ពុជាក្រោម /kampuʔcie kraom/).

Leur langue, le khmer ou le cambodgien, fait partie de la branche môn-khmer des langues austroasiatiques. Son lexique a profondément subi l'influence des langues indiennes (sanskrit et pali). Elle s'écrit au moyen de l'alphabet khmer, un alphasyllabaire monocaméral d'origine indienne.

La première inscription connue en langue khmère date de 611 (piédestal d'Angkor Borei, K600), plus de deux siècles avant la première attestation écrite du français (les Serments de Strasbourg, 14 février 842).

La majorité des Khmers observent une forme particulière du bouddhisme theravāda, à laquelle sont mêlés des éléments de l'hindouisme brahmaniste, de l'animisme et du culte des ancêtres[11].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Ian Mabbett et David Chandler, The Khmers, Chiang Mai, Silkworm Books, , 289 p. (ISBN 974-7100-27-4)
  • Guy Porée et Evelyne Maspero, Mœurs et coutumes des Khmèrs : origines, histoire, religions, croyances, rites, évolution, Paris, Payot, , 270 p.
  • Toan Thach, Histoire des Khmers ou l'odyssée du peuple cambodgien, Paris, l'Harmattan, , 154 p. (ISBN 978-2-296-07365-4)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. (en) Australian Centre of the Asian Spatial Information and Analysis Network et Center for southeast Asian Studies, University of Kyoto, Japan, « Animated TimeMap of the Khmer Empire 100 CE - 1550 CE », TimeMap Project, University of Sydney, Australia, (consulté le ).
  2. Chaque Khmer (du simple paysan au plus haut dignitaire) se sent l'héritier de cette grande civilisation déchue. Auguste Pavie : « J'aime les Cambodgiens, parce que je les ai trouvés tels que vous-même êtes, simples, bons avec le cœur droit ; je les aime aussi pour le mystère de leur passé, dont une instinctive souvenance de la gloire, jointe à la pensée des malheurs qui ont fait l'oubli, leur donne en même temps une nuance d'orgueil et les rend timides. » (Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895).
  3. Jean Ellul, Le Coutumier rituel des capteurs d'éléphants de l'ouest du Cambodge, Ecole des hautes études en sciences sociales, Centre de Documentation et de Recherches sur l'Asie du Sud-Est et le Monde Insulindien, Paris, 1983.
  4. a et b Solange Thierry, Les Khmers, Éditions du Seuil, (lire en ligne).
  5. Pour d'autres hypothèses, cf. Michel Antelme, revue Péninsule 37, 1998 : Quelques hypothèses sur l'étymologie du terme « khmer »
  6. https://www.europe1.fr/politique/eric-woerth-lr-emmanuel-macron-a-un-comportement-de-khmer-envers-manuel-valls-3326291
  7. https://fr.wiktionary.org/wiki/Khmer_vert
  8. Covid et conspirationnisme : l’inquiétante montée en puissance des antivaccins, Le Parisien, 22 décembre 2020.
  9. Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, Mille et une nuits (Arthème Fayard), 2005, page 288.
  10. https://blogs.mediapart.fr/wsdomingo/blog/150517/eric-woerth-insulte-les-cambodgiens Éric Woerth insulte les Cambodgiens, 15 mai 2017.
  11. Faith Traditions in Cambodia, Harvard ; pg. 8 ; consulté le 21 août 2006