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Jour du dépassement

jour à partir duquel l'humanité a épuisé les ressources renouvelable en un an par la Terre
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dépassement (homonymie) et EOD.
Progression des dates de dépassement selon le calcul de l’ONG Global Footprint Network.

Le jour du dépassement, ou jour du dépassement de la Terre (en anglais : Earth Overshoot Day ou EOD) correspond à la date de l’année, calculée par l'ONG américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Passée cette date, l’humanité puiserait donc de manière irréversible dans les réserves « non renouvelables » (à échelle de temps humaine) de la Terre.

En 2019, l'ONG a estimé cette date au 29 juillet.

Le calcul du jour de dépassement est l'objet de diverses critiques. Sa capacité à représenter la consommation des ressources de la planète est mise en cause, ainsi que la fiabilité et l'honnêteté des calculs.

CalculModifier

Le calcul est dérivé de celui de l’empreinte écologique globale, concept développé par Mathis Wackernagel[1], président de Global Footprint Network.

Global Footprint Network présente le jour du dépassement comme le résultat de la formule :

 

où :

  •   est le jour de dépassement (compté à partir du 1er janvier) ;
  •   est la biocapacité ou capacité de production biologique de la planète ;
  •   est l’empreinte écologique de l'humanité.

Il s’agit donc du rapport de la biocapacité sur l’empreinte écologique globale, ramené à une date de l’année[2], une date étant perçue comme plus marquante qu’un pourcentage.

De manière similaire peut être calculé le nombre de planètes Terre qui serait nécessaire pour subvenir à la consommation en ressources renouvelables de l'humanité en une année. En 2019 ce nombre est de 1,7 et l'extrapolation des données montre que le seuil de 2 planètes Terre sera dépassé bien avant la fin de la première moitié du XXIe siècle.

HistoriqueModifier

Dates annoncées dans les médiasModifier

Chaque année, Global Footprint Network annonce la date du jour du dépassement selon la méthodologie et les données disponibles pour son étude. Cette méthodologie change régulièrement afin de prendre en compte de nouveaux éléments, rendant inadéquate la comparaison entre les années sur la seule base des archives médias.

 
Éditable sur jsfiddle: https://jsfiddle.net/a1duvxcn/5/
Année Date du dépassement
1986
1990
1993
1995
2000
2003
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014 [3] ou [4]
2015 [5],[6]
2016 [7]
2017 [8],[2]
2018 1 août
2019 29 juillet[9],[10]


Selon la méthode de 2017Modifier

Chaque année, la méthodologie est affinée et les données sont mises à jour. Cela conduit Global Footprint Network à faire une actualisation annuelle des dates pour les années précédentes[11], ce qui lui permet d'établir une comparaison entre les années.

Année Date du dépassement
1970
1971
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019

Source : overshootday.org

Pour la FranceModifier

Le jour du dépassement calculé par pays est le jour où le dépassement mondial se produirait si toute la population mondiale consommait comme la population du pays en question. Selon l'ONG Global Fooprint Network, il s’agissait en 2017 du 3 mai pour la France (données de 2013)[12].

La branche française de l'ONG WWF annonce le 4 mai 2018 que le jour du dépassement français calculé par Global Fooprint Network tombe en 2018 le 5 mai. Autrement dit, il faudrait 2,9 Terre si toute l'humanité vivait comme les Français[13].

CritiquesModifier

Le concept de jour de dépassement a suscité diverses contestations : le Breakthrough Institute estime que l'analyse de l'empreinte écologique sous-estime notre surutilisation des ressources de la planète[14]. Leo Hickman, du Guardian, reconnait que « c’est une manière assez intelligente et succincte d’exprimer les problèmes combinés auxquels nous sommes confrontés », mais lui trouve plusieurs inconvénients, en particulier parce qu'il semble comparer des choux avec des carottes[15].

Le jour du dépassement est vivement critiqué[16],[17] avec des reproches de manque de cohérence, de nomenclature trompeuse et de manque de rigueur.

Le calcul du jour du dépassement additionne divers éléments qui seraient sans rapport avec une surface ou une consommation de ressources, utiliserait des facteurs multiplicatifs arbitraires[16],[15],[14].

Il lui est reproché de mêler les émissions de CO2, la production de viande sans distinction d'efficience, les surfaces agricoles sans distinction de rendement, de consommation en ressource ou autre, la production d'électricité, etc ; de sur-évaluer l’énergie nucléaire dans le calcul de l'empreinte écologique ; de ne pas correspondre au concept qu'il prétend présenter ; de mal calculer les ressources consommées par l'homme et les ressources que la planète est capable de régénérer ; de manquer de transparence sur ses méthodes et sur les données choisies[16],[18],[19]. Pour Michael Shellenberger, elle n'a aucun fondement scientifique[20].

BibliographieModifier

  • Catton, William R. Jr. (1980). "Overshoot: The Ecological Basis of Revolutionary Change". Urbana: University of Illinois Press. (ISBN 0-252-00818-9).
  • Wackernagel, Mathis; Niels B. Schulz, Diana Deumling, Alejandro C. Linares, Martin Jenkins, Valerie Kapos, Chad Monfreda, Jonathan Loh, Norman Myers, Richard Norgaard, and Jorgen Randers (2002). "Tracking the ecological overshoot of the human economy". Proceedings of the National Academy of Sciences 99 (14): 9266–9271. DOI:10.1073/pnas.142033699. PMC 123129. PMID 12089326.
  • Wackernagel, M., A. Galli, L. Hanscom, D. Lin, L. Mailhes, T. Drummond (2018), CHAPTER 16: Ecological Footprint Accounts: Principles” p244-264, in Simon Bell and Stephen Morse (Editors) 2018. Routledge Handbook of Sustainability Indictors, Routledge International Handbooks. Routledge, https://www.routledgehandbooks.com/doi/10.4324/9781315561103-16
  • (en) Linus Blomqvist, Barry W. Brook, Erle C. Ellis, Peter M. Kareiva, Ted Nordhaus et Michael Shellenberger, « Does the Shoe Fit? Real versus Imagined Ecological Footprints », PLOS Biology, vol. 11, no e1001700,‎ (DOI journal.pbio.1001700, lire en ligne, consulté le 27 septembre 2018).

Notes et référencesModifier

  1. (en) Mathis Wackernagel, Ecological Footprint and Appropriated Carrying Capacity: A Tool for Planning Toward Sustainability, Vancouver, Canada, School of Community and Regional Planning. The University of British Columbia, (lire en ligne)
  2. a et b « Le « jour du dépassement de la Terre » en infographies », sur Le Monde.fr (consulté le 18 août 2016).
  3. Hugo Jalinière, « "Jour du dépassement" : l'humanité vit à crédit depuis lundi 18 août », sur Sciences et Avenir, .
  4. Christophe Carmarans, « Jour du dépassement: l'humanité vit de plus en plus à crédit », sur le site de RFI, .
  5. Jean-Luc Goudet, « Après ce 13 août 2015, « Jour du dépassement », la Terre vit à crédit », sur futura-sciences.com, (consulté le 14 août 2015).
  6. (en) « Earth Overshoot Day », sur le site de Global Footprint Network.
  7. Marianne Boyer et Eugénie Dums, « Le « jour du dépassement de la Terre » en infographies », sur lemonde.fr, (consulté le 8 août 2016).
  8. « L'humanité vivra à crédit à partir de mercredi », sur rtbf.be, (consulté le 2 août 2017).
  9. Le Jour du Dépassement Mondial 2019 sera le 29 juillet, overshootday.org, 26 juin 2019.
  10. Anne-Aël Durand, « Depuis le 29 juillet, l'humanité vit à crédit sur la Terre : à quoi correspond cette date ? », sur Le Monde,
  11. (en) « Media Backgrounder - Past Earth Overshoot Days ».
  12. « Country Overshoot Days »
  13. Le Jour du dépassement, WWF France, 4 mai 2018.
  14. a et b (en) Fred Pearce, « Admit it: we can’t measure our ecological footprint », sur New Scientist, (consulté le 2 août 2017)
  15. a et b (en) Leo Hickman, « Earth Overshoot Day: a day to forget or a day to remember? », sur The Guardian, (consulté le 2 août 2017).
  16. a b et c (en) « Measuring sustainability: Why the ecological footprint is bad economics and bad environmental science »
  17. « Le jour du dépassement sous-estime l’ingéniosité humaine »
  18. (en) « calculation methodology for the national footprintaccounts, 2010editIon »
  19. (en) « Eurostat - Ecological Footprint and Biocapacity »
  20. Le Point magazine, « Michael Shellenberger : « le jour du dépassement n'a aucune valeur scientifique » », sur Le Point, (consulté le 7 août 2019)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier