Jesse Ramsden

Jesse Ramsden, né à Salterhebble le - mort à Brighton le , est un opticien anglais, et un constructeur d'instruments de précision.

BiographieModifier

Il était le gendre de John Dollond. Il perfectionna ou inventa nombre d'instruments, notamment le sextant ; créa une machine fort ingénieuse pour la division des instruments de mathématiques et d'astronomie, et ses quadrants muraux furent fort estimés. Il perfectionna la monture équatoriale.

Malgré son talent, Ramsden, par ses retards de livraison répétés, mécontentait souvent ses clients, surtout pour les commandes en quantité. Les trois années qu'il mit pour fabriquer le théodolite de William Roy utilisé pour le raccordement des méridiens de Paris et de Greenwich, trouva des échos jusque dans les salons de la Royal Society et, bien des années plus tard, dans les Philosophical Transactions[1]. Le perfectionnisme de Ramsden[2] n'empêcha toutefois pas son élection à la Royal Society (1786) ni à la Royal Society of Edinburgh[3] (probablement 1798). Il reçut même la Médaille Copley (1795) en reconnaissance de « ses diverses inventions et améliorations d'instruments philosophiques. »

Sa santé déclinant, il fréquenta les stations balnéaires de la côte sud, et mourut à Brighton le 5 novembre 1800. On l'enterra dans l'église Saint-Jacques de Piccadilly le 13 novembre. Son atelier de Londres fut repris par son contremaître, Matthew Berge (mort en 1819). Sa propriété échut à son fils[4]. Plusieurs apprentis de Ramsden, tels William Cary, se mirent à leur compte, et Edward Troughton recycla des idées de Ramsden pour ses propres instruments[5].

PostéritéModifier

Jesse Ramsden figure parmi les pionniers du machinisme industriel, car si, en 1751, Jacques de Vaucanson avait construit le premier tour métallique à charioter, la plus ancienne machine automatique d'usage industriel serait la machine à diviser les cercles de Jesse Ramsden (1773) : « Il suffisait d'un coup de pédale pour que le plateau diviseur tourne de l'angle nécessaire et que le tracelet grave la division sur le limbe[6]. ». En 1775, John Wilkinson achèva le premier tour à aléser dont l’importance fut capitale pour l’usinage des cylindres de machines à vapeur, et en 1795, le Français François Senot réalisa le premier tour à fileter[7], avant les tours de Henry Maudslay (1797) et de John Wilkinson (1798)[6].

C'est grâce à un quadrant mural Ramsden qu'en 1801, l'astronome italien Giuseppe Piazzi découvrit la planète naine Cérès à l’Observatoire de Palerme.

Notes et référencesModifier

  1. William Roy, « An Account of the Mode Proposed to be Followed in Determining the Relative Situation of the Royal Observatories of Greenwich and Paris », Philosophical Transactions of the Royal Society of London, vol. 77,‎ , p. 188–226 (DOI 10.1098/rstl.1787.0019, S2CID 186214773, lire en ligne) fait le récit de la dispute entre Roy et Ramsden.
  2. « Ramsden the optician », The Mirror of Literature, Amusement and Instruction, vol. 10, no 266,‎ , p. 80 (lire en ligne).
  3. « Former RSE Fellows 1783-2002 (page 144) », sur The Royal Society of Edinburgh (consulté le )
  4. Sidney Lee, Dictionary of National Biography, vol. 47, Londres, Smith, Elder & Co, , « Ramsden, Jesse ».
  5. Edward Troughton, « An Account of a Method of Dividing Astronomical and Other Instruments, by Ocular Inspection; In Which the Usual Tools for Graduating Are Not Employed; The Whole Operation Being So Contrived, That No Error Can Occur but What is Chargeable to Vision, When Assisted by the Best Optical Means of Viewing and Measuring Minute Quantities », Philosophical Transactions of the Royal Society of London, vol. 99,‎ , p. 105–145 (DOI 10.1098/rstl.1809.0006, JSTOR 107252, Bibcode 1809RSPT...99..105T)
  6. a et b Bertrand Gille, Histoire des techniques.
  7. « Tour à tailler les vis : François Senot 1795 », sur Musée des arts et métiers. Paris, France (consulté le ).

SourcesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier