Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf

aristocrate française

Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, est une aristocrate française née à Paris en et morte à Courbépine le .

Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf
Image dans Infobox.
Anonyme, Jeune femme au perroquet (France, XVIIIe siècle), d'après Jean-Baptiste Van Loo, localisation inconnue. Portrait présumé de Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf.
Fonction
Dame du Palais
Marie Leszczyńska
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Domicile
Activité
Père
Jean Étienne Berthelot de Pléneuf (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Louis de Prie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Séraphin Rioult d'Ouilly de Cursay (d) (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de

Maîtresse du duc de Bourbon, elle a été, pendant quelques années, la femme la plus influente à la cour du jeune Louis XV.

BiographieModifier

Fille d'un financier riche mais sans scrupule, Étienne Berthelot de Pléneuf, fermier général des poudres et salpêtres, et d'Agnès Rioult d'Ouilly de Curzay, Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf fut mariée en 1713 avec un aristocrate normand désargenté, Louis de Prie (pl) (1673-1751), marquis de Plasnes (avec Courbépine), dit le marquis de Prie, ambassadeur près la cour de Savoie à Turin et cousin issu de germains de la duchesse de Ventadour qui avait été gouvernante du futur Louis XV (le grand-père paternel de Louis était François de Prie de Montpoupon, frère d'autre Louis de Prie, le grand-père maternel de la duchesse par sa fille Louise de Prie[1]). Elle était jolie, intelligente, spirituelle, ambitieuse et pourvue d'un réel talent pour jouer du clavecin.

Elle revint en France en 1719, avec ses parents, et tint un salon plutôt joyeux au château de Bellesbat, près de Fontainebleau, appartenant à son oncle, Jean-Baptiste Berthelot de Duchy, intendant des Invalides. Voltaire lui consacra une pièce : La Fête de Bélesbat (1720). S'y réunissaient également Montesquieu, le duc de Richelieu, Mlle de Clermont[2] et Denis Dodart.

Elle devint la maîtresse de Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740), duc de Bourbon (« Monsieur le Duc »), qui fut principal ministre au début du règne de Louis XV (1723-1726). Veuf depuis trois ans, le duc de Bourbon se laissa complètement dominer par sa maîtresse. On lui prête un rôle dans les manœuvres qui ont conduit au mariage du jeune roi avec Marie Leszczyńska, avec qui elle noua une amitié de deux années qui en fit, pendant un temps, la femme la plus puissante de la cour. Elle protégea les artistes et les écrivains.

En 1725, elle tenta, sans succès, de faire exiler le rival de Monsieur le Duc, Mgr de Fleury, qui sera créé cardinal l'année suivante. Un gazetin de la police secrète daté du relate :  « Un jeune hom(me) disait hier au caffé (sic) qu'il avait la veille Madame de Prie vue à la commédie (sic) Italienne brillante co(mm)e le jour par les pierreries. Il dit en poursuivant qu'il lui paraissait que cette Dame venait à Paris bien plus souvent qu'à l'ordinaire. Il parlait à plusieurs personnes qui ne lui répondirent rien et la conversation finit toute à ce sujet »[3].

Lorsque le cardinal de Fleury devint à son tour principal ministre et que le duc de Bourbon fut exilé dans son château de Chantilly, la marquise de Prie fut exilée dans son château normand de Courbépine, où elle se suicida en 1727[4].

En 1725, la marquise de Prie acquit un vaste terrain situé rue Saint-Dominique à Paris et mandata François Duret pour y faire construire un hôtel pour son compte. Mais la construction n'était pas achevée lors de la disgrâce de la marquise. L'hôtel fut alors vendu à la marquise de La Vrillière, devenant plus tard l'hôtel de Brienne, qu'occupent certains services du ministre chargé des Armées.

Postérité littéraireModifier

  • Au début du drame d'Alexandre Dumas Mademoiselle de Belle-Isle (1839), le duc de Richelieu rompt une liaison avec la marquise de Prie alors que celle-ci est maîtresse en titre du duc de Bourbon.
  • Stefan Zweig lui a consacré une nouvelle, Geschichte eines Unterganges (« Récit d'une disgrâce », 1910).

Notes et référencesModifier

  1. « Maison de Prie, p. 14, par Etienne Pattou, 2020 », sur Racines & Histoire
  2. Princesse du sang, sœur du duc de Bourbon.
  3. « Gazetins de la police secrète rédigés pour le Lieutenant général - 1726 », sur Gallica.
  4. Daniel de La Motte-Rouge et J. P. Le Gal La Salle, Vieilles demeures et vieilles gens : châtellenie de Lamballe, d'après des illustrations anciennes et des documents inédits, , 636 p. (lire en ligne), p. 23.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Sylvie Binet, Mémoires apocryphes de Madame de Prie, L'Harmattan, Rue des Ecoles, Récits, 2020
  • Michel de Gouberville, « Les Berthelot, munitionnaires du roi soleil (1-2) », Histoire et Sociétés, n°53, septembre-, p.5-29.
  • Gilbert Mercier, Madame de Prie, la marquise qui mit Versailles à ses pieds, Éditions du Félin, 2005 (ISBN 2-86645-607-6).
  • M. H. Thirion, Madame de Prie, Paris, 1905.
  • Stefan Zweig, Histoire d'une déchéance (« Geschichte eines Untergangs »), Vienne, Neue Freie Presse, 1910 ; rééd. française Belfond, Paris, 1992.
    Nouvelle basée sur la vie de la marquise de Prie.

FilmographieModifier

Liens externesModifier