Jean Toutin

orfèvre et graveur français
Jean Toutin
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Henri Toutin (d)
Jean Toutin II (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Toutin est un orfèvre et émailleur français né à Châteaudun en 1578, et mort à Paris le .

BiographieModifier

Jean Toutin est le fils d'Estienne Toutin, orfèvre à Châteaudun[1], et de Marie Vallée. Il est établi à Blois avec son frère Josias en 1604. Il est revenu s'établir à Châteaudun après la mort de son père et s'y est marié avec Élisabeth Mérault[2]. Il est de nouveau à Blois en 1618. En 1622, il reçoit une donation de sa tante, Catherine Rousselet, sœur utérine de sa mère, veuve d'Honoré Mestayer, marchand orfèvre tailleur d'antiques et bourgeois de Paris. Il s'installe à Paris en 1622. En 1623, une sentence du bailliage du Palais lui interdit d'exercer la profession d'horloger à Paris et lui confisque les montres et horloges saisies chez lui[3].

Jean Toutin orfèvre à Châteaudun, célèbre émailleur sur émaux ordinaires et transparents. Il a cherché le moyen d'employer des émaux qui permettent d'obtenir des couleurs mates de nature à donner diverses teintes et capables de se parfondre[Note 1] au feu sans perdre ni leur éclat ni leur lustre. Il a trouvé en 1632 le secret de ses émaux qu'il s'est empressé de communiquer. Le premier qui s'est distingué est l'orfèvre Dubié qui logeait aux galeries du Louvre. Peu de temps après, l'orfèvre Morlière de Blois qui s'est borné à émailler des chatons de bagues et des boîtes de montres. Ce dernier a formé l'orfèvre Robert Vauquer de Blois qui a surpassé ses prédécesseurs par la beauté des couleurs qu'il a employé et la connaissance du dessin, mort en 1670. Pierre Chartier de Blois lui a succédé et a surtout peint des fleurs[4].

Jean Toutin a été un des premiers artistes à réaliser des portraits en miniatures en émail. Sa technique a été utilisée par Jean Petitot et son fils Jean-Louis Petitot, ainsi que par Jacques Bordier, Pierre Signac et Charles Boit. Cela a donné l'idée aux miniaturistes Louis I Du Guernier et Louis Hanse d'en faire. Très rapidement ces deux derniers ont dépassé leurs modèles et ont découvert de nouvelles teintes, notamment pour les carnations, qui ont donné à leurs portraits émaillés une si grande perfection qu'ils n'ont pas été dépassés.

Son fils, Henri Toutin, a aussi fait des merveilles dans ce genre de peinture. On cite un boîtier de montre d'or émaillé avec des figures blanches sur fond noir pour Anne d'Autriche après la mort de Louis XIII[5]. Son autre fils, Jean II Toutin, a aussi été orfèvre et peintre sur émail[6].

FamilleModifier

D'après les Frères Haag, Jean Toutin aurait été marié trois fois, mais il y a eu une confusion entre Jean Toutin et Jean II Toutin pour le troisième mariage, et pour le deuxième mariage, il est donné à un frère, Jean Toutin le Jeune, sieur de Montbrun.

  • Estienne Toutin (†1609), marié à Marie Vallée,
    • Jean Toutin marié le à Élisabeth Mérault :
      • Élisabeth Toutin (Châteaudun, -Paris, [7]), mariée vers 1637 à Jacques Rou (†1647), procureur au parlement de Paris,
        • Jean Rou (1638-1711), avocat au parlement de Paris en 1659, puis secrétaire interprète des États généraux de Hollande à partir de 1689, marié le à Louise Elle Ferdinand, fille de Pierre Elle Ferdinand (1617-1665), peintre du roi, petite-fille de Ferdinand Elle, et d'Anne Catier [8]. Il a rédigé des mémoires restés inédits jusqu'à leur publication par Francis Waddington pour la Société de l'histoire du protestantisme français : 1857, t. 1, 1857, t. 2,
        • Élisabeth Rou (1641- )[9]
        • Salomon Rou (1646- )[10]
      • Henri Toutin (-après 1683), il a publié un d'ornements d'orfèvrerie. On lui attribue le tableau peint en émail, d'après Charles Le Brun Musée de Genève : La Tente de Darius, 1671. En 1683, il le plus ancien orfèvre de Paris. Il n'est plus cité après[11].
      • Anne Toutin (1616-1632)
      • Philippe Toutin (1617- )
      • Jean II Toutin (-après 1660), marié vers 1637 avec Sara Graviller. Après la mort de son père, il a essayé de s'établir comme peintre d'émail à la cour de la reine Christine, à Stockholm. Mais dès 1646, l'emploi est vacant et le grand chancelier du royaume de Suède, Magnus Gabriel De la Gardie, a embauché Pierre Signac au cours d'une ambassade en France[12].
        • N, fille née le
        • Henri Toutin, marié en à Marie Feret.
      • David Toutin (Châteaudun, 1622-Châteaudun, 1630).
    • Josias Toutin (†1623) marié à Marie de Septans, d'où six enfants entre 1601 et 1610,
    • Marguerite Toutin (1593-après1617)
    • Ester Toutin (1597- )
    • Jean Toutin le Jeune, présent au baptême d'Anne Toutin, en 1616, probablement celui qui est marié à Isabelle d'Allemagne et qui a un fils, Valentin, en 1631.
    • Magdeleine Toutin, marraine de son neveu Philippe, en 1617.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Parfondre » : incorporer les couleurs à la plaque de verre ou d’émail et les faire fondre également.

RéférencesModifier

  1. Remarque : Il existe une famille d'orfèvres parisiens au XVIe siècle, les Toutain. Cependant, aucun document ne permet de relier les Toutain de Paris avec les Toutin de Châteaudun (Michèle Bimbenet-Privat, « Une famille d'orfèvres parisiens au XVIe siècle, les Toutain », Bibliothèque de l'École des chartes, 1983, tome 141, no 1, p. 91-115).
  2. Clouzot 1908, p. 459-460.
  3. Geneanet - Potpourri : Jean Toutin].
  4. André Félibien, Des principes de l'architecture, de la sculpture, de la peinture et des autres arts qui en dépendent : avec un dictionnaire des termes propres à chacun de ces arts, Paris, Chez le veuve de Jean-Baptiste Coignard, , 2e éd. (lire en ligne), p. 429-430
  5. Félibien 1690, p. 437
  6. Musée du Louvre : Jean II Toutin, Boîtier de montre
  7. Rou 1857, tome 1, p. 16, note 1
  8. Rou 1857, tome 1, p. 39, note 2
  9. Rou 1857, tome 1, p. 38, note 1
  10. Rou 1857, tome 1, p. 218, note 1
  11. Clouzot 1908, p. 466
  12. Clouzot 1909, p. 47

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert, « Émail », dans Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. 7, Paris, Chez Briasson, David, Le Breton, Durand, (lire en ligne), p. 535
  • Jean Rou et Francis Waddington, Mémoires inédits et opuscules de Jean Rou, t. 2, Paris, Société de l'histoire du protestantisme français, (lire en ligne), p. 30, 88-91, 377, 382-383, 385-386
  • Émile et Eugène Haag, « Toutin (Jean) », dans La France protestante, ou Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l'histoire depuis les premiers temps de la réformation jusqu'à la reconnaissance du principe de la liberté des cultes par l'Assemblée nationale ; ouvrage précédé d'une Notice historique sur le protestantisme en France ; suivi des Pièces justificatives et rédigé sur des documents en grande partie inédits, t. IX Rossel - Zorn, Paris, Joël Cherbuliez libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 410-411
  • Pierre Larousse, « Émail », dans Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, t. 7, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, (lire en ligne), p. 405
  • Émile Molinier, « Toutin (Jean) », dans Dictionnaire des émailleurs, Paris, Jules Rouam éditeur, (lire en ligne), p. 87-88
  • (en) « Toutin, Jean », dans Encyclopaedia Britannica (lire en ligne)
  • Henri Clouzot, « Les maîtres de Petitot. Les Toutin, orfèvres, graveurs, peintres sur émail », La Revue de l'art ancien et moderne, t. 24,‎ , p. 456-466 (lire en ligne)
  • Henri Clouzot, « Les maîtres de Petitot. Les Toutin, orfèvres, graveurs, peintres sur émail (fin) », La Revue de l'art ancien et moderne, t. 25, no 142,‎ , p. 39-48 (lire en ligne)
  • Henri Clouzot, « Les émaillistes français sous Louis XIV », La Revue de l'art ancien et moderne, t. 30,‎ , p. 119-128, 179-193 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier